jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300891 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BONFILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) Impact Guyane et M. A B, représentés par Me Bonfils, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 7 octobre 2022 par lequel le maire de Rémire-Montjoly a mis en demeure son représentant légal de supprimer quatre dispositifs publicitaires et de remettre les lieux dans leur état initial dans un délai de 5 jours et du 22 mars 2023 portant mise en recouvrement d'une astreinte de 20 800 euros en raison de l'expiration de ce délai de 5 jours et pour un retard d'exécution de 26 jours ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rémire-Montjoly la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les arrêtés en litige auraient dû être notifiés à la seule société Impact Guyane et non à son représentant légal, M. B ;
- le courrier d'accompagnement de l'arrêté du 22 mars 2023 précise à tort que l'arrêté du 7 octobre 2022 aurait été notifié le 14 novembre 2022 ;
- sa demande du 28 novembre 2022 ne constituait pas un recours gracieux mais une demande d'annulation ;
- l'arrêté du 7 octobre 2022 est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre entre le procès-verbal du 6 octobre 2022 et cet arrêté ;
- les visas de certains articles contenus dans l'arrêté du 22 mars 2023 sont erronés et se rapportent à la procédure pénale ;
- l'arrêté du 7 octobre 2022 est fondé, à tort, sur l'article L. 581-24 du code de l'environnement relatif aux sanctions pénales qui ne concerne pas la publicité hors agglomération ;
- le maire, qui n'était pas en situation de compétence liée, a retenu à tort que les dispositifs publicitaires étaient situés sur des parcelles hors agglomération.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2024, la commune de
Rémire-Montjoly, représenté par Me Bouchet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Impact Guyane le versement de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 7 octobre 2022 ont été formées tardivement et sont, par suite irrecevables ;
- les moyens dirigés contre l'arrêté du 22 mars 2023 ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 janvier 2025.
La commune de Rémire-Montjoly a été invitée, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.
La commune de Rémire-Montjoly a produit la pièce demandée le 18 décembre 2024, qui a été communiquée.
Par un courrier du 16 octobre 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté de mise en demeure du 7 octobre 2022 pris par le maire de Rémire-Montjoly.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public produites par la société Impact Guyane et M. B le 17 octobre 2024, ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lebel, conseillère ;
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public ;
- les observations de Me Bouchet, représentant la commune de Rémire-Montjoly.
Une note en délibéré présentée pour la société Impact Guyane et M. B a été enregistrée le 23 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. La société Impact Guyane exerce une activité de vente d'espace publicitaire, de publicité et d'affichage publicitaire. Par un arrêté du 7 octobre 2022, le maire de Rémire-Montjoly a mis son représentant légal, M. B, en demeure de procéder à la suppression de quatre dispositifs publicitaires situés sur les parcelles cadastrées AN 471 et AN 754, avenue Léon-Gontran Damas à Rémire-Montjoly et de procéder à la remise en état des lieux, dans un délai de cinq jours. Par un courrier du 2 décembre 2022, la société Impact Guyane a demandé le retrait de cet arrêté, resté sans réponse. Par un nouvel arrêté du 22 mars 2023, le maire de Rémire-Montjoly a mis en recouvrement auprès de M. B, l'astreinte prévue par l'article L. 581-30 du code de l'environnement pour un montant de 20 800 euros en raison de l'expiration du délai de cinq jours imparti pour la suppression des dispositifs et la remise en état des lieux. Par leur requête, la société Impact Guyane et M. B, représentant légal de cette société, demandent d'annuler ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 581-14-2 du code de l'environnement, alors en vigueur :
" Les compétences en matière de police de la publicité sont exercées par le préfet. Toutefois, s'il existe un règlement local de publicité, ces compétences sont exercées par le maire au nom de la commune () ". Aux termes de l'article L. 581-27 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Dès la constatation d'une publicité, d'une enseigne ou d'une préenseigne irrégulière au regard des dispositions du présent chapitre ou des textes réglementaires pris pour son application, et nonobstant la prescription de l'infraction ou son amnistie, l'autorité compétente en matière de police prend un arrêté ordonnant, dans les cinq jours, soit la suppression, soit la mise en conformité avec ces dispositions, des publicités, enseignes ou préenseignes en cause, ainsi que, le cas échéant, la remise en état des lieux. / Cet arrêté est notifié à la personne qui a apposé, fait apposer ou maintenu après mise en demeure la publicité, l'enseigne ou la préenseigne irrégulière ". Et aux termes de l'article L. 581-30 de ce code, dans sa rédaction applicable : " A l'expiration du délai de cinq jours, dont le point de départ se situe au jour de la notification de l'arrêté, la personne à qui il a été notifié est redevable d'une astreinte de 200 euros par jour et par publicité, enseigne ou préenseigne maintenue. Ce montant est réévalué chaque année, en fonction de l'évolution du coût de la vie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / () / L'astreinte est recouvrée, dans les conditions prévues par les dispositions relatives aux produits communaux, au bénéfice de la commune sur le territoire de laquelle ont été commis les faits constatés ; à défaut par le maire de liquider le produit de l'astreinte, de dresser l'état nécessaire à son recouvrement et de le faire parvenir au préfet dans le mois qui suit l'invitation qui lui en est faite par celui-ci, la créance est liquidée et recouvrée au profit de l'Etat. () ".
3. Pour mettre en demeure de supprimer les dispositifs publicitaires litigieux puis prononcer l'astreinte prévue à l'article L. 581-30 du code de l'environnement, le maire de Rémire-Montjoly, compétent en matière de police de publicité dès lors qu'il existe un règlement local de publicité, s'est fondé sur le motif tiré de ce que ces panneaux étaient implantés en dehors de l'agglomération.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 581-27 du code de l'environnement : " Dès la constatation d'une publicité, d'une enseigne ou d'une préenseigne irrégulière au regard des dispositions du présent chapitre ou des textes réglementaires pris pour son application, et nonobstant la prescription de l'infraction ou son amnistie, l'autorité compétente en matière de police prend un arrêté ordonnant, dans les cinq jours, soit la suppression, soit la mise en conformité avec ces dispositions, des publicités, enseignes ou préenseignes en cause, ainsi que, le cas échéant, la remise en état des lieux. / Cet arrêté est notifié à la personne qui a apposé, fait apposer ou maintenu après mise en demeure la publicité, l'enseigne ou la préenseigne irrégulière. () ".
5. En l'espèce, si les arrêtés en litige ont été adressés à M. B, " le représentant de la société Impact Guyane ", ils mentionnent également que le siège social de cette société se situe au 15 rue Victor Schoelcher à Cayenne. En outre, il demeure que M. B est le président et l'associé unique de cette société. Par suite, ces arrêtés doivent être regardés comme étant pris à l'encontre de la société Impact Guyane et le moyen soulevé par le requérant doit, dès lors, être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 581-7 du code de l'environnement : " En dehors des lieux qualifiés d'agglomération par les règlements relatifs à la circulation routière, toute publicité est interdite. Elle est toutefois autorisée à l'intérieur de l'emprise des aéroports ainsi que des gares ferroviaires et routières et des équipements sportifs ayant une capacité d'accueil d'au moins 15 000 places, selon des prescriptions fixées par décret en Conseil d'Etat. La publicité peut également être autorisée par le règlement local de publicité de l'autorité administrative compétente à proximité immédiate des établissements de centres commerciaux exclusifs de toute habitation et situés hors agglomération, dans le respect de la qualité de vie et du paysage et des critères, en particulier relatifs à la densité, fixés par décret ". Et selon l'article R. 110-2 du code de la route : " Pour l'application du présent code, les termes ci-après ont le sens qui leur est donné dans le présent article : - agglomération : espace sur lequel sont groupés des immeubles bâtis rapprochés et dont l'entrée et la sortie sont signalées par des panneaux placés à cet effet le long de la route qui le traverse ou qui le borde () ".
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les parcelles contiguës non construites, accueillant les 4 dispositifs publicitaires en litige AN 471 et AN 754, sont situées en bordure de la RN3. Une seule construction borde la parcelle AN 471 au Sud, elle-même bordée par six immeubles bâtis, sans former un front bâti continu entre elles, tandis que la parcelle AN 754, qui traverse une partie du giratoire Adelaïde Tablon n'est bordée par aucun immeuble bâti. En outre, les parcelles contiguës situées au Nord et à l'Ouest des parcelles accueillant les dispositifs en litige ne sont pas bâties. Enfin, la présence de l'autre côté de la route RN3 de quelques constructions dont la plupart sont implantées en retrait de la voie de circulation ne saurait suffire à caractériser un ensemble aggloméré, la proximité de l'hypermarché Carrefour à l'opposé du giratoire, composé de constructions et installations à vocation commerciale et industrielle, n'étant pas de nature à modifier cette configuration. En tout état de cause, il ressort du plan annexé à l'arrêté
n° 2008-210/URBA/RM du 30 mars 2009, produit en défense, que les panneaux publicitaires en litige étaient situés en dehors des limites de l'agglomération telles que définies par cet arrêté. Dans ces conditions, les dispositifs en litige sont implantés en dehors des limites de l'agglomération au sens des dispositions de l'article L. 581-7 du code de l'environnement.
8. Il résulte de ce qui précède que pour ordonner la suppression des dispositifs publicitaires en litige, le maire de Rémire-Montjoly s'est borné à constater la violation des dispositions légales et réglementaires en matière de publicité sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce. En application des dispositions précitées de l'article L. 581-27 du code de l'environnement et dès lors que la localisation en dehors d'une agglomération est établie, l'autorité de police qui était tenue, après avoir constaté cette violation, de mettre en demeure la société requérante de déposer ce dispositif se trouvait en situation de compétence liée. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la société Impact Guyane aurait déposé, en exécution de l'arrêté du 7 octobre 2022 du maire de Rémire-Montjoly, les dispositifs publicitaires dans le délai qui lui était imparti. Dès lors, le maire était tenu, en application des dispositions de l'article L. 581-30 du code de l'environnement, de prononcer la liquidation de l'astreinte prévue, qui est l'accessoire légal de la mise en demeure. En conséquence, l'ensemble des moyens invoqués à l'encontre de ces arrêtés par les requérants sont inopérants et doivent être écartés, pour ce motif.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 7 octobre 2022 et du 22 mars 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Impact Guyane une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Rémire-Montjoly au titre des frais exposés par elle dans la présente instance et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B et la société Impact Guyane soit mise à la charge de la commune de Rémire-Montjoly, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Impact Guyane et de M. B est rejetée.
Article 2 : La société Impact Guyane versera la somme de 1 200 euros à la commune de
Rémire-Montjoly en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société par actions simplifiée à associé unique Impact Guyane et à la commune de Rémire-Montjoly.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Topsi, conseillère,
Mme Lebel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
Signé
I. LEBEL
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026