jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | R. WEYL - F. WEYL - F. WEYL - S. PORCHERON - E. TAULET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 12 juin 2023, 18 janvier 2025, 21 janvier 2025 et 29 janvier 2025, M. B C, représenté par Me Weyl, demande au tribunal dans ses dernières écritures ;
1°) d'enjoindre au recteur de la Guyane, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'établir un nouvel avenant prévoyant son reclassement à l'indice majoré 436 à compter du 1er janvier 2024 dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, d'établir et de communiquer le décompte des rappels et des intérêts légaux, puis de payer les montants dus dans un nouveau délai de huit jours ;
2°) de condamner l'Etat à lui payer, d'une part, les rappels correspondant aux reclassements opérés, assortis des intérêts légaux à compter de la réception de la demande préalable, d'autre part, une indemnité de 2.400 euros en réparation du préjudice résultant du paiement tardif des rappels en cause ;
3°) de dire que le versement intervenu le 31 décembre 2024 s'impute en premier lieu sur les intérêts légaux dus à cette date ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient, dans ses dernières écritures, que si les rappels opérés correspondent aux rappels qui lui sont dus, ces règlements partiels intervenus postérieurement à l'introduction de la demande s'imputent d'abord sur les intérêts acquis.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2025, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il oppose la fin de non-recevoir tirée du défaut de liaison du contentieux, puis fait valoir que les demandes de revalorisation et de versement des rappels de salaire sont devenues sans objet.
Par un courrier du 29 janvier 2025, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré du défaut de liaison du contentieux pour la demande de reclassement à l'indice majoré 436 à compter du 1er janvier 2024.
M. C a présenté un mémoire en réponse au moyen d'ordre public, enregistré le 5 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 ;
- l'arrêté du 29 août 2016 portant application du 1er alinéa de l'article 8 du décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 relatif aux agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement, d'éducation et d'orientation dans les écoles, les établissements publics d'enseignement du second degré ou les services relevant du ministre chargé de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- les observations de Me Weyl pour M. C et celles de M. A pour le recteur de la Guyane.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 6 février 2025, présentée pour M. C.
Considérant ce qui suit
1. M. C a été recruté par le recteur de la Guyane en qualité d'enseignant de première catégorie en anglais avec une rémunération à l'indice majoré 367 (indice brut 408) par un contrat à durée déterminée conclu le 24 juillet 2017, puis a bénéficié d'un contrat à durée indéterminée le 11 mai 2018 avec la même rémunération. Par un avenant du 6 novembre 2024, il a été reclassé à l'indice majoré 388 (indice brut 441) à compter du 1er septembre 2017. Par un second avenant du même jour, il a été reclassé à l'indice majoré 410 (indice brut 469) à compter du 1er septembre 2020. Dans ses dernières écritures, il demande au tribunal d'enjoindre au recteur d'établir un nouvel avenant prévoyant son reclassement à l'indice majoré 436 à compter du 1er janvier 2024, de condamner l'Etat à lui payer, d'une part, les rappels correspondant aux reclassements opérés, assortis des intérêts légaux à compter de la réception de la demande préalable, d'autre part, une indemnité de 2.400 euros en réparation du préjudice résultant du paiement tardif des rappels en cause, puis " de dire que le versement intervenu le 31 décembre 2024 s'impute en premier lieu sur les intérêts légaux dus à cette date ".
Sur la recevabilité :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle.". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R.421-2 du même code : " la date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ". M. C justifie du dépôt de sa demande sous pli recommandé dans un bureau de poste parisien le 2 mars 2023. Dans les circonstances particulières de l'affaire, compte tenu notamment de l'expiration du délai imparti pour réclamer un justificatif de la réception du pli auprès des services postaux, la fin de non-recevoir opposée par le recteur de la Guyane, tirée du défaut de liaison du contentieux, doit être écartée. Toutefois, dans sa demande, le requérant se bornait à solliciter la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020. Ainsi, le contentieux n'est pas lié pour la demande de reclassement à l'indice majoré 436 à compter du 1er janvier 2024. Cette demande n'est, dès lors, pas recevable.
Sur la demande de condamnation au paiement de la totalité des rappels résultant des reclassements intervenus le 6 novembre 2024 :
3. Il résulte de l'instruction que M. C a perçu la totalité de ces rappels en mars et en décembre 2024, ce qu'il ne conteste pas sérieusement en se bornant à faire valoir que " Les rappels opérés correspondent effectivement aux rappels qui lui sont dus, n'eût été le fait que ces règlements partiels intervenus postérieurement à l'introduction de la demande s'imputent d'abord sur les intérêts qui étaient acquis à leur date ".
Sur la demande d'allocation des intérêts eux-mêmes capitalisés sur les rappels correspondant au reclassement à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020 :
4. Ainsi qu'il a été dit, par un avenant du 6 novembre 2024, M. C, qui a été reclassé à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2017, n'a lié le contentieux qu'en ce qui concerne son reclassement à cet indice à compter du 1er septembre 2020.
5. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. Compte tenu des délais normaux d'acheminement du courrier vers la Guyane, cette demande doit être regardée comme ayant été présentée au recteur au plus tard le 10 mars 2023. M. C a droit aux intérêts légaux à compter de cette date sur les rappels opérés en conséquence de la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020.
6. Pour l'application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière, sans qu'il soit toutefois besoin d'une nouvelle demande à l'expiration de ce délai. En l'espèce, la capitalisation des intérêts a été demandée par M. C le 2 mars 2023. À cette date, il n'était pas dû plus d'une année d'intérêts. Dès lors, il y a seulement lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 mars 2024.
Sur la demande indemnitaire :
7. Aux termes du dernier alinéa de l'article 1231-6 du code civil : " Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire. ". Il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que le retard apporté au règlement des rappels opérés en conséquence de la revalorisation de la rémunération de M. C lui aurait causé un préjudice distinct de celui qui doit être réparé par le versement des intérêts légaux accordés par le présent jugement. Dès lors, les conclusions tendant à l'allocation d'une indemnité de 2.400 euros en réparation du préjudice résultant du paiement tardif des sommes dues ne peuvent en tout état de cause être accueillies.
Sur les frais de procès :
8. Il y a lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les rappels de salaire accordés à M. C en conséquence de la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020 porteront intérêts au taux légal à compter du 10 mars 2023 avec capitalisation des intérêts échus le 10 mars 2024.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 600 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Une copie en sera adressée au recteur de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Marcisieux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULa présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
M.Y. METELLUS
La République mande et ordonne à la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026