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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301120

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301120

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301120
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 juin et 4 août 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 avril 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi.

M. A invoque, d'une part, les risques encourus en Haïti, d'autre part, sa qualification de comptable et ses capacités d'insertion professionnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2023, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi et Me Dumoulin, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien, conteste l'arrêté du 10 avril 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi.

2. En premier lieu, les dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obstacle à l'éloignement d'un étranger à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". M. A a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision rendue le 4 avril 2023 par le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il fait valoir que sa qualité de membre du parti Fusion des Sociaux-Démocrates haïtiens lui a valu de subir des persécutions et produit la copie de la plainte contre X formée auprès du tribunal de première instance de Port-au-Prince le 14 janvier 2020, en raison de la tentative d'assassinat et d'enlèvement de ses élèves mineures. En admettant qu'il ait entendu invoquer les dispositions précitées, qui ne sont opérantes qu'à l'encontre de la décision distincte fixant le pays de renvoi, les éléments qu'il produit ne suffisent pas à justifier qu'à la date à laquelle le préfet a pris son arrêté, il était personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Haïti. Toutefois, s'il est vrai que la légalité d'un acte s'apprécie à la date de son édiction, il appartiendrait à l'administration de s'abstenir d'exécuter la mesure d'éloignement à destination d'Haïti si un changement dans les circonstances de fait aurait pour conséquence de faire obstacle à cette mesure.

3. En second lieu, né le 17 juin 1985, M. A est entré en France en janvier 2020 à l'âge de trente-quatre ans. Si, ayant obtenu en 2014 une licence de sciences comptables en Haïti, il invoque ses capacités d'insertion professionnelle, au demeurant non contestées, cet élément ne suffit pas à lui conférer un droit au séjour.

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de sa requête au regard des prescriptions de l'article R.411-1 du code de justice administrative, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 avril 2023.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. NICANOR

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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