jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301167 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | VALMY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2023, la société Minière Yaou-Dorlin, représentée par Me de La Ville-Baugé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 28 février 2023 du silence gardé par le ministre de l'économie, des finances et de la relance sur sa demande tendant à l'octroi d'une concession de mines d'or dite " Yaou " d'une durée de vingt-cinq ans, sur le territoire de la commune de Maripa-Soula ;
2°) d'enjoindre au ministre de réexaminer sa demande dans un délai de douze mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société Minière Yaou-Dorlin invoque l'absence de motivation, le défaut d'examen particulier et de consultation du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, puis l'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête, subsidiairement, en cas d'annulation de la décision attaquée, au rejet du surplus des conclusions.
Elle s'en remet à la sagesse du tribunal en ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation, puis fait valoir qu'une annulation n'impliquerait pas nécessairement, par application de l'article L.911-2 du code de justice administrative, que l'administration prenne une nouvelle décision après une nouvelle instruction, l'intervention d'une décision implicite de rejet n'ayant pour effet ni de mettre un terme à l'instruction des demandes, ni de préjuger du sens de la décision explicite qui interviendra au terme de cette instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code minier ;
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration :
- le décret n° 2006-648 du 2 juin 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Gillmann ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte des dispositions du 9° de l'article L.111-1 du code minier que relèvent du régime légal des mines les gîtes renfermés dans le sein de la terre ou existant à la surface connus pour contenir, notamment de l'or. En vertu de L.131-1 du même code, ces mines ne peuvent être exploitées qu'en vertu d'une concession, ou par l'Etat et l'article L.132-2 dudit code prévoit que la concession est accordée par décret en Conseil d'Etat.
2. Aux termes de l'article 24 du décret du 2 juin 2006 relatif aux titres miniers et aux titres de stockage souterrain : " La demande de concession est assortie d'un dossier comportant les pièces nécessaires à l'identification du demandeur, un mémoire technique, un descriptif des travaux d'exploitation, des documents cartographiques, une notice d'impact telle qu'elle est définie au premier alinéa de l'article 17, l'engagement, prévu à l'article 25 du code minier, de respecter les conditions générales de la concession (). Cette demande est adressée au ministre chargé des mines par lettre recommandée avec avis de réception () ". Aux termes de l'article 25 du même décret : " Si la concession demandée porte sur un seul département, le ministre transmet le dossier et ses annexes au préfet de ce département. Le préfet fait compléter les demandes incomplètes () ". Enfin, en vertu de l'article 31 de ce décret, le rejet des demandes de concession est prononcé par arrêté du ministre chargé des mines et le silence gardé pendant plus de trois ans sur la demande de concession vaut décision de rejet de cette demande.
3. Le 28 octobre 2019, la société Minière Yaou-Dorlin a présenté au ministre de l'économie et des finances une demande tendant à l'octroi d'une concession de mines d'or dite " Yaou " pour une durée de vingt-cinq ans sur le territoire de la commune de Maripa-Soula. Le 3 décembre 2020, le préfet de la Guyane a sollicité des éléments complémentaires. La société a répondu à cette demande le 29 mars 2021. Le délai d'instruction a ainsi été suspendu pendant trois mois et vingt-six jours. La société Minière Yaou-Dorlin conteste la décision implicite de rejet née le 28 février 2023 du silence gardé sur sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En vertu du 7° de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration, les personnes ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives refusant une autorisation. Aux termes de l'article L.232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. ".
5. Par un courrier présenté le 7 avril 2023 dans le délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R.421-2 du code de justice administrative, la société Minière Yaou-Dorlin a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet. En l'absence de réponse, cette décision est entachée d'illégalité. Il en résulte que la société Minière Yaou-Dorlin est fondée à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.
Sur les conclusions accessoires :
6. En vertu de l'article L.132-3 du code minier, la concession est accordée après une enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement. L'annulation prononcée implique nécessairement le réexamen de la demande de la société Minière Yaou-Dorlin. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique d'y procéder dans un délai, qui sera fixé, compte tenu notamment des prescriptions du code minier, à douze mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros à verser à la société Minière Yaou-Dorlin au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet née le 28 février 2023 du silence gardé par le ministre chargé des mines sur la demande de la société Minière Yaou-Dorlin tendant à l'octroi d'une concession de mines d'or dite " Yaou " pour une durée de vingt-cinq ans sur le territoire de la commune de Maripa-Soula est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder, dans le délai de douze mois à compter de la notification du présent jugement, au réexamen de la demande de la société Minière Yaou-Dorlin.
Article 3 : L'Etat versera à la société Minière Yaou-Dorlin la somme de 1.200 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Minière Yaou-Dorlin et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Une copie en sera adressée au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Schor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026