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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301191

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301191

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301191
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Marciguey, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de faire procéder à la suppression de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Mme B soutient que :

- l'arrêté dans son ensemble est entaché d'incompétence ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sont insuffisamment motivées ;

- l'obligation de quitter le territoire est fondée sur des faits matériellement inexacts ; elle porte atteinte à son droit d'être entendue ; elle est prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire est fondée sur une mesure d'éloignement illégale, privée de base légale, prise en méconnaissance des dispositions des articles L.612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour est fondée sur une décision illégale ; elle est prise en méconnaissance des dispositions des articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense et une pièce enregistrés les 24 et 25 juillet 2023, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi et Me Dumoulin, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Le préfet de la Guyane a présenté une pièce le 2 août 2024.

Par un courrier du 5 août 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions de la requête sont privées d'objet compte tenu de la délivrance d'une attestation de dépôt de demande de carte de séjour valable du 18 juin au 17 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Guyane a délivré à Mme B, ressortissante haïtienne, une attestation de dépôt de demande de carte de séjour valable du 18 juin au 17 décembre 2024. Cette décision a eu pour effet d'abroger l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel il lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de cet arrêté et ses conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

2. Il n'y a pas lieu en l'espèce de faire droit aux conclusions présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B dirigées contre l'arrêté pris à son encontre le 7 mars 2023 par le préfet de la Guyane et ses conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Schor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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