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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301262

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301262

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301262
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français, puis d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour.

M. A soutient que l'arrêté n'est pas " en cohérence avec sa situation ", que sa fille et sa sœur résident en France, puis qu'il justifie de la durée de son séjour à compter du

16 avril 2016.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2023, le préfet de la Guyane représenté par Me Tomasi et Me Dumoulin, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Le préfet de la Guyane a présenté des pièces le 9 août 2024.

Par un courrier du 12 août 2024, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de ce que, compte tenu de l'abrogation implicite de la mesure d'éloignement par l'édiction d'une nouvelle mesure le 24 juin 2024, les conclusions de la requête dirigées contre cette décision sont privées d'objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien, conteste l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Sur l'étendue du litige :

2. L'édiction d'une mesure d'éloignement a nécessairement pour effet d'emporter l'abrogation des mesures antérieurement prononcées à l'égard de la même personne. En l'espèce, l'arrêté du 13 décembre 2023 a implicitement mais nécessairement abrogé la mesure d'éloignement prononcée le 8 décembre 2022. Les conclusions dirigées contre cette décision sont, dès lors, privées d'objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur la légalité du refus d'admission au séjour :

3. En premier lieu, si le préfet a mentionné que M. A est le père de deux enfants mineurs, alors que ce dernier n'a qu'une fille, il résulte de l'instruction que compte tenu de la possibilité pour l'intéressé de repartir avec cette enfant, il aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ce motif erroné.

4. En second lieu, en vertu des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit à l'étranger dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus.

5. Né le 18 février 1992, M. A est entré irrégulièrement en France en avril 2016 à l'âge de vingt-quatre ans. S'il invoque la présence en Guyane de sa sœur en situation régulière et celle de sa fille de nationalité haïtienne née le 16 mars 2020 de sa relation avec une compatriote, compte tenu de la situation irrégulière de cette dernière, il peut poursuivre sa vie privée et familiale hors de France, notamment dans son pays d'origine, où il a vécu l'essentiel de sa vie et où il n'allègue pas être dépourvu de toute attache. Dans les circonstances de l'affaire, compte tenu, en outre, des conditions de séjour de l'intéressé, qui s'est maintenu en France en dépit du rejet de sa demande d'asile présentée en 2016 et n'a pas déféré aux précédentes mesures d'éloignement prononcées les 20 juillet 2017 et 4 février 2018, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 1 de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à les supposer invoquées.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5 que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation du refus de l'admettre au séjour. Il y a lieu de rejeter par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A dirigées contre la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 10 mai 2023 par le préfet de la Guyane.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Schor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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