jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | R. WEYL - F. WEYL - F. WEYL - S. PORCHERON - E. TAULET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023, Mme E C, représentée par Me Weyl, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le recteur de la Guyane sur sa demande datée du 17 février 2023, tendant à la conclusion d'un nouvel avenant à son contrat de travail en vue de la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020, puis au règlement des montants dus à ce titre assortis des intérêts légaux à compter de la réception de la demande préalable, eux-mêmes capitalisés ;
2°) de condamner l'Etat, d'une part, au paiement de ces rappels provisoirement arrêtés sauf à parfaire au montant de 4.500 euros et assortis des intérêts légaux à compter de la réception de la demande préalable, eux-mêmes capitalisés, d'autre part, au paiement d'une indemnité de 700 euros en réparation du préjudice résultant du paiement tardif des rappels en cause ;
3°) d'enjoindre au recteur, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'établir un nouvel avenant dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, d'établir et de communiquer le décompte des rappels et des intérêts légaux, puis de payer les montants dus dans un nouveau délai de huit jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient qu'en application des dispositions de l'article 10 du décret n° 2016-1171 du 29 août 2016, elle aurait dû bénéficier d'une revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020 et à l'indice majoré 410 à compter du 1er septembre 2023, puis qu'elle fait l'objet d'un traitement discriminatoire dès lors que des collègues ont obtenu satisfaction.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 janvier 2025, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il oppose la fin de non-recevoir tirée du défaut de liaison du contentieux, puis fait valoir que les conclusions tendant à la revalorisation de la rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020 sont devenues sans objet.
Par un courrier du 27 janvier 2025, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de la tardiveté de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 ;
- l'arrêté du 29 août 2016 portant application du 1er alinéa de l'article 8 du décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 relatif aux agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement, d'éducation et d'orientation dans les écoles, les établissements publics d'enseignement du second degré ou les services relevant du ministre chargé de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- les observations de Me Weyl pour Mme C et celles de M. B pour le recteur de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée à compter du 16 septembre 2013 par le recteur de la Guyane en qualité d'enseignante du second degré en anglais par plusieurs contrats à durée déterminée, avec une rémunération à l'indice majoré 321 (indice brut 340). Par un nouveau contrat à durée déterminée du 24 juillet 2017, elle a été classée en première catégorie et sa rémunération a été portée à l'indice majoré 367 (indice brut 408). Elle a bénéficié d'un contrat à durée indéterminée à compter du 16 septembre 2019 avec la même rémunération. Elle conteste la décision implicite de rejet née du silence gardé par le recteur sur sa demande datée du 17 février 2023, tendant à la conclusion d'un avenant à son contrat de travail en vue de la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020, puis au règlement des montants correspondants assortis des intérêts légaux, eux-mêmes capitalisés. Elle demande, en outre, la condamnation de l'Etat à lui payer, d'une part, ces rappels provisoirement arrêtés au montant de 4.500 euros assortis des intérêts légaux et de la capitalisation des intérêts, d'autre part, une indemnité de 700 euros en réparation du préjudice résultant du paiement tardif de ce montant.
Sur les conclusions tendant à la revalorisation de la rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020, puis au règlement des montants correspondants :
2. Par un avenant du 12 novembre 2024 postérieur à l'introduction de la requête, Mme C a été reclassée à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2017. Elle a perçu les rappels correspondants en décembre 2024. Dans cette mesure, ses conclusions dirigées contre la décision implicite en cause, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser le montant de 4.500 euros sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les autres conclusions :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article R.421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Par ailleurs, les dispositions des articles L.112-3 et L.112-6 du code des relations entre le public et l'administration en vertu desquelles toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception, à défaut duquel les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur de la demande, ne sont pas applicables, ainsi que le précise l'article L.112-2 du même code, aux relations entre l'administration et ses agents.
4. La demande préalable de Mme C a été déposée sous pli recommandé dans un bureau de poste parisien le 19 février 2023. Si la requérante ne justifie pas de la date de réception du pli par les services du rectorat, compte tenu des délais normaux d'acheminement du courrier vers la Guyane, cette demande doit être regardée comme ayant été présentée au plus tard le 27 février suivant. Ainsi, une décision implicite de rejet est née le 27 avril 2023 sur cette demande. Le délai de recours de deux mois, qui a commencé à courir à compter de cette date en l'absence d'obligation de transmission d'un accusé de réception, était expiré à la date du 3 juillet 2023 à laquelle a été enregistrée la requête. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir tirée du défaut de liaison du contentieux, que le surplus des conclusions de Mme C tendant à l'allocation des intérêts légaux et ses conclusions indemnitaires ne sont pas recevables.
5. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à la revalorisation de sa rémunération à l'indice majoré 388 à compter du 1er septembre 2020, puis au règlement des montants correspondants.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et à la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Une copie en sera adressée au recteur de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Marcisieux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULa présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
M. A D
La République mande et ordonne à la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026