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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301311

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301311

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301311
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, trois mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 3, 10, 12 et 14 juillet 2023, M. C B demande au juge des référés du tribunal administratif de la Guyane, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution des trois arrêtés du 24 mars 2023 par lesquels le préfet de la Guyane l'a placé en disponibilité d'office pour raisons de santé du 20 février 2021 au 19 août 2023 ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 14 juin 2023 par laquelle le chef du Secrétariat général pour l'administration de la police lui a notifié un trop perçu de traitement à la suite de la régularisation de sa situation administrative par les arrêtés du 24 mars 2023 le plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de le décharger provisoirement des sommes issues du trop-perçu engendré par sa mise en disponibilité d'office pour raison de santé ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui verser le montant de son plein traitement jusqu'à l'intervention d'une décision de reclassement ou jusqu'à ce qui soit statué au fond sur sa requête ;

5°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de le placer dans une position administrative régulière au regard des statuts auxquels il est soumis, avec toutes les conséquences que cela emporte sur sa rémunération.

M. B soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que sa mise en disponibilité d'office pour raison de santé, prise à titre rétroactif, préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et financière dès lors qu'elle va entraîner une perte de revenus insusceptible de lui permettre de rembourser les crédits qu'il a contractés et les dépenses relatives à la prise en charge de ses trois enfants ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses ;

- les arrêtés du 24 mars 2023 ne lui sont pas opposables dès lors qu'ils ne lui ont pas été régulièrement notifiés selon les dispositions de l'article L. 221- 8 du code des relations entre le public et l'administration ;

- ces arrêtés, en tant qu'ils prévoient sa mise en disponibilité d'office pour la période courant du 20 février 2021 au 24 mars 2023, méconnaissent le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;

- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors qu'ils ont été pris en l'absence de saisine d'un conseil médical pour avis, en vertu des dispositions de l'article 47 du décret du 14 mars 1986 ;

- ils sont insuffisamment motivés ;

- la procédure de reclassement dont il fait l'objet ne permet pas à l'administration de le placer en disponibilité d'office pour raison de santé ;

- le préfet de la Guyane n'a pas mis en œuvre la procédure de reclassement prévue par le décret du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions ;

- il n'a pas été informé de la saisine du comité médical, en méconnaissance des dispositions de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le procès-verbal du conseil médical ne lui a pas été notifié ;

- n'ayant pas expiré l'ensemble de ses droits à congé, il ne pouvait faire l'objet d'une mise en disponibilité d'office pour raison de santé.

Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 5, 10, 12 et 13 juillet 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées ;

- l'article 48 du décret 14 mars 1986, dans sa version applicable au litige, ne prévoit pas la consultation du comité médical en cas de renouvellement de la mise en disponibilité d'office pour raison de santé ;

- il a informé l'intéressé, par un courrier du 1er décembre 2022, du passage en comité médical le 13 décembre 2022 de son dossier ;

- le procès-verbal de l'avis du comité médical du 13 décembre 2022 relatif à sa mise en disponibilité d'office pour raison de santé lui a été transmis par un courrier du 15 décembre 2022 ;

- il n'avait pas d'autre choix que de placer l'intéressé en disponibilité d'office pour raison de santé dès lors que M. B avait épuisé ses droits à congé de maladie depuis le 19 février 2021 ;

- le requérant fait obstacle à la poursuite de la procédure de reclassement initiée par l'intéressé dès lors qu'il n'a pas produit les éléments sollicités dans le courrier du 13 décembre 2022 ;

- M. B n'est pas placé en période de préparation au reclassement dès lors qu'il n'a pas trouvé de service d'accueil.

Vu les autres pièces du dossier, et notamment la requête n° 2301279, enregistrée le 29 juin 2023.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bernabeu, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juillet 2023 à 15 heures, en présence de Mme Delmestre Galpé, greffière d'audience :

- le rapport de M. Bernabeu ;

- les observations de Mme D, représentant le préfet de la de Guyane et celles de Mme A, représentant le secrétariat général pour l'administration de la police nationale ;

- M. B n'étant ni présent, ni représenté ;

et à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction à 15 heures 21.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision [] ".

2. M. B, gardien de la paix exerçant ses fonctions à la police aux frontières de Saint-Laurent du Maroni, a été, par trois arrêtés du 24 mars 2023, placé rétroactivement en disponibilité d'office pour raison de santé du 20 février 2021 au 19 août 2023, à la suite de l'avis du conseil médical départemental du 13 décembre 2022. Par un courrier du 14 juin 2023, le préfet de la Guyane a informé M. B d'un trop-perçu de rémunération à la suite de la régularisation de sa situation administrative. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution des arrêtés du 24 mars 2023 ainsi que de la décision du 14 juin 2023 par laquelle le chef du secrétariat général pour l'administration de la police lui a notifié un trop perçu de traitement à la suite de la régularisation de sa situation administrative par les arrêtés du 24 mars 2023.

3. En l'espèce, les moyens susanalysés et invoqués par M. B à l'appui de sa demande en référé, ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des arrêtés du 24 mars 2023 et de la décision du 14 juin 2023 ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent aussi qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2023.

Le juge des référés,

Signé

S. BERNABEU

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

R. DELMESTRE-GALPE

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