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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301529

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301529

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301529
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Guyane a été saisi par une ressortissante haïtienne d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 3 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour d’un an. En cours d’instance, le préfet a délivré à l’intéressée une attestation de demande d’asile valable jusqu’en mars 2025, ce qui a eu pour effet d’abroger l’arrêté contesté. Le tribunal a donc constaté que les conclusions en annulation et en injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer, rejetant le surplus des demandes. Cette solution repose sur l’application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 27 juillet 2023 et 17 septembre 2024, Mme C, représentée par Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2022 par lequel le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, subsidiairement de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Mme A soutient que :

- l'arrêté dans son ensemble est entaché d'incompétence ;

- l'obligation de quitter le territoire, la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de renvoi et l'interdiction de retour sont insuffisamment motivées ;

- la mesure d'éloignement est entachée d'erreurs de fait et d'incompétence négative ; elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que des dispositions des articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée le 27 juillet 2023 au préfet de la Guyane, qui n'a pas produit d'observations. Il a produit une pièce le 27 septembre 2024.

Par un courrier du 27 septembre 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions à fins d'annulation et d'injonction sont privées d'objet compte tenu de la délivrance d'une attestation de demande d'asile valable du 23 septembre 2024 au 22 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Guyane a délivré à Mme A, ressortissante haïtienne, une attestation de demande d'asile valable du 23 septembre 2024 au 22 mars 2025. Cette décision a eu pour effet d'abroger l'arrêté du 3 décembre 2022 par lequel il lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de ces décisions et ses conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

2. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A dirigées contre l'arrêté pris à son encontre le 3 décembre 2022 par le préfet de la Guyane et ses conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rolin, présidente,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Schor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULa présidente,

Signé

E. ROLINLa greffière,

Signé

R. DELMESTRE-GALPE

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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