lundi 11 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MASCLAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 29 août et 8 septembre 2023, Mme D E, représentée par Me Masclaux, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient, d'une part, que la mesure d'éloignement peut être mise en œuvre à tout moment, ce qui caractérise l'urgence, d'autre part, que plusieurs moyens sont susceptibles de faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées, l'incompétence de la signataire, l'insuffisante motivation, l'erreur de fait, la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que des dispositions des articles L.423-23, L.435-1 et L.611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'exception d'illégalité du refus de séjour, puis l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences du refus de séjour, de la mesure d'éloignement et de la décision fixant un délai de départ de trente jours sur sa situation personnelle.
Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 29 août et 6 septembre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête, en opposant le défaut d'urgence, la tardiveté de la requête au principal, puis l'absence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de ses décisions.
Par une décision du 1er septembre 2023, le président du tribunal a désigné Mme Lacau, premier conseiller, pour statuer notamment sur les requêtes en référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2301447 ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Lacau, les observations de Me Masclaux pour Mme E, puis celles de Mme E, le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été fixée au 8 septembre 2023 à 11 heures 30 à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte du premier alinéa de l'article L.521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sur le fondement de ces dispositions, Mme E, ressortissante haïtienne, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. Née le 22 mai 1987, Mme E est entrée irrégulièrement en France le 10 mai 2016 à l'âge de vingt-huit ans. Si elle invoque la présence de sa sœur, célibataire, sans enfants, elle peut poursuivre sa vie familiale hors de France, notamment en Haïti, où résident à tout le moins ses parents. Elle a obtenu le certificat d'aide archiviste en octobre 2016, suivi une formation de " français remise à niveau et perfectionnement " en 2019, puis exercé l'activité d'employée familiale d'août 2021 à juillet 2022. Le 1er septembre suivant, elle a conclu avec la Sarl Manitoba un contrat à durée indéterminée pour un emploi de vendeuse. Toutefois, dans les circonstances de l'affaire, compte tenu, en outre, des conditions de séjour en France de l'intéressée, qui n'a pas déféré à la précédente mesure d'éloignement du 17 mai 2019, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions sur sa situation personnelle ne sont pas susceptibles de faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté. Compte tenu, en outre, de la délégation et de la subdélégation de signature accordées respectivement à M. B et à Mme C les 16 septembre et 21 novembre 2022, de la motivation suffisante de l'arrêté, du caractère non déterminant de l'erreur de fait commise par le préfet, qui n'était pas saisi d'une demande de titre de séjour en qualité de salarié, du caractère inopérant de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis de l'absence de justification de la réalité des risques auxquels l'intéressée serait personnellement exposée en Haïti, aucun des autres moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 13 janvier 2023. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête au principal et sur l'urgence, la requête de Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D E et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2023.
Le juge des référés,
signé
M. A LACAU
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef
Ou par délégation le greffier,
signé
J. LEBOURG
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026