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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301746

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301746

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301746
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane a été saisi par M. A, ressortissant haïtien, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 18 août 2023 refusant son admission au séjour en tant que parent d’enfant français. En cours d’instance, le préfet a délivré à l’intéressé une carte de séjour temporaire valable jusqu’en janvier 2025, ce qui a abrogé la décision contestée. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet et n’a pas statué sur le fond. Il a toutefois condamné l’État à verser 1 200 euros à M. A au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Charlot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté pris à son encontre le 18 août 2023 par le préfet de la Guyane en tant que, par son article 1er, il a refusé de l'admettre au séjour en qualité de parent d'un enfant français ;

2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui remettre dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un récépissé l'autorisant à travailler, puis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article

L.761-1 du code de justice administrative.

M. A invoque le défaut de motivation, l'erreur de droit, l'erreur d'appréciation, la méconnaissance des stipulations des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ainsi que des dispositions des articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée le 15 septembre 2023 au préfet de la Guyane, qui n'a pas produit d'observations. Il a produit une pièce le 12 septembre 2024.

Par un courrier du 13 septembre 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions à fins d'annulation et d'injonction sont privées d'objet compte tenu de la délivrance d'une carte de séjour temporaire valable du 24 janvier 2024 au 23 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet a délivré à M. A, ressortissant haïtien, une carte de séjour temporaire valable du 24 janvier 2024 au 23 janvier 2025. Cette décision a eu pour effet d'abroger celle du

18 août 2023 par laquelle il a refusé de l'admettre au séjour. Par suite, les conclusions de

M. A tendant à l'annulation de cette décision et ses conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

2. Il y a lieu, en l'espèce, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros à payer à M. A.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 18 août 2023 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour et ses conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1.200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rolin, présidente,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Schor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULa présidente,

Signé

E. ROLIN

La greffière,

Signé

R. DELMESTRE-GALPE

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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