jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | M'LANAO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 21 septembre 2023, 13 octobre 2023, 13 février 2024 et 29 juin 2024, Mme A B épouse D, représentée par Me M'Lanao, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le recteur de la Guyane l'a licenciée à compter du 1er septembre suivant ;
2°) d'annuler la décision du 27 juin 2023 par laquelle le jury académique n'a pas inscrit son nom sur la liste des stagiaires aptes à être titularisés ou faisant 1'objet d'une proposition de renouvellement de son stage ;
3°) d'enjoindre au recteur de réexaminer sa situation et de prolonger son stage ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative ;
Mme D invoque l'incompétence de la signataire, le défaut de motivation, l'incompétence négative, l'illégalité de la délibération du jury au regard des dispositions de l'article 8 de l'arrêté du 22 août 2014, l'inexactitude matérielle des faits, l'erreur de droit, puis l'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;
- l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation des professeurs des écoles stagiaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Gillmann,
- les observations de Me M'Lanao pour Mme D et celles de M. C pour le recteur de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Admise à la session 2022 du concours interne de professeur des écoles,
Mme D a été affectée du 1er septembre 2022 au 31 août 2023 à l'école Henri Agarande de Cayenne en qualité de stagiaire. Elle conteste, d'une part, la décision du 27 juin 2023 par laquelle le jury académique n'a pas inscrit son nom sur la liste des stagiaires aptes à être titularisés ou faisant 1'objet d'une proposition de renouvellement du stage, d'autre part, l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le recteur de la Guyane l'a licenciée à compter du
1er septembre suivant.
2. En vertu de l'article 8 du décret du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles, les candidats reçus au concours sont nommés professeurs des écoles stagiaires. Aux termes de l'article 10 du même décret : " Les professeurs des écoles stagiaires reçoivent une formation professionnelle d'une année, qui constitue la deuxième année de formation professionnelle et qui comprend des périodes de formation théorique et pratique, dont les stages en responsabilité, organisées par les instituts universitaires de formation des maîtres. () L'organisation générale de la deuxième année de formation professionnelle ainsi que les modalités de sa validation sont fixées par arrêté du ministre chargé de l'éducation. () ". Le premier alinéa de l'article 12 de ce décret prévoit qu'à l'issue du stage, l'aptitude des stagiaires au professorat est constatée par la délivrance du diplôme professionnel de professeur des écoles. Aux termes de l'article 13 : " Les stagiaires qui n'obtiennent pas le diplôme professionnel de professeur des écoles peuvent être autorisés à effectuer une nouvelle année de stage. Ceux qui ne sont pas autorisés à renouveler le stage () sont licenciés () ".
3. Aux termes de l'article 8 de l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation des professeurs des écoles stagiaires " Après délibération, le jury établit la liste des fonctionnaires stagiaires qu'il estime aptes à être titularisés. En outre, l'avis défavorable à la titularisation concernant un stagiaire qui effectue une première année de stage doit être complété par un avis sur l'intérêt, au regard de l'aptitude professionnelle, d'autoriser le stagiaire à effectuer une seconde et dernière année de stage. () ". L'article 9 du même arrêté dispose que : " Le recteur prononce la titularisation des stagiaires estimés aptes par le jury. (). Il arrête la liste des stagiaires autorisés à accomplir une seconde année de stage et la liste des professeurs stagiaires licenciés ou réintégrés dans leur corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine. ".
4. La délibération du jury académique, qui s'impose au recteur et forme avec la décision de licenciement une opération complexe, a le caractère d'une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué par le recteur de la Guyane, qui se borne à produire le procès-verbal établi le 27 juin 2023 sous la forme d'une liste de dix-sept noms avec la mention " stagiaires licenciés ", que le jury aurait établi l'avis complémentaire sur le refus d'autoriser une seconde année de stage prévu par les dispositions précitées de l'arrêté du 22 août 2014. L'absence de cet avis, qui a privé Mme D d'une garantie, entache d'illégalité la décision rendue le 27 juin 2023 par le jury académique. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme D est fondée à demander l'annulation de cet acte et, par voie de conséquence, l'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le recteur de la Guyane l'a licenciée à compter du
1er septembre suivant.
6. Eu égard à son motif, l'annulation prononcée implique seulement le réexamen de la situation de l'intéressée. Il y a lieu d'enjoindre au recteur de la Guyane d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, l'exécution de ce jugement n'implique pas nécessairement que Mme D soit autorisée à effectuer une seconde année de stage.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros à payer à Mme D au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision prise le 27 juin 2023 par le jury académique de la Guyane en tant qu'elle n'a pas inscrit le nom de Mme D sur la liste des stagiaires aptes à être titularisés ou faisant 1'objet d'une proposition de renouvellement du stage et l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le recteur de la Guyane l'a licenciée à compter du 1er septembre suivant sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de la Guyane de réexaminer la situation de Mme D dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme D la somme de 1.200 euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse D et au recteur de l'académie de la Guyane.
Une copie en sera adressée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Topsi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026