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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301799

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301799

lundi 25 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301799
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2023, M. A E C, représenté par Me Balima, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter sans délai le territoire français prononcée à son encontre le 21 septembre 2023 par le préfet de la Guyane et " des décisions afférentes " ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui accorder un rendez-vous, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, puis de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient, d'une part, que l'urgence est caractérisée par son placement en rétention et l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement, d'autre part, que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux droits garantis par les stipulations des articles 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, s'agissant de son fils né en décembre 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique le rapport de M. B, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle, notamment, une personne morale de droit public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. De nationalité haïtienne, M. C demande au juge des référés, sur le fondement de ces dispositions, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par le préfet de la Guyane le 21 septembre 2023.

2. Il y a lieu, en l'espèce, d'admettre provisoirement M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Né le 21 février 1987, entré en France selon ses dires en 2017, M. C, débouté du droit d'asile, hébergé chez sa cousine, fait valoir qu'il vit en Guyane avec sa compagne, Mme D, en situation irrégulière, et leur enfant né en 2020 et scolarisé depuis septembre 2023. Dans ces conditions, rien ne s'oppose à ce que M. C reparte avec son enfant et à ce que la cellule familiale se reconstitue hors de France. Compte tenu également de la durée de séjour en France de M. C, l'exécution de la mesure d'éloignement ne porte donc aucune atteinte grave et manifestement illégale ni à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni à l'intérêt supérieur de son enfant protégé par les stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E C et au préfet de la Guyane.

Une copie en sera adressée au directeur de la police aux frontières de la Guyane et à l'association " La Cimade ".

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.

Le juge des référés

Signé

O. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier

Signé

L. MAYEN

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