mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301832 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | JOUAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2023, M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 septembre 2023 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation en lui accordant un rendez-vous en préfecture ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ;
- l'arrêté litigieux porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie privée et familiale normale dès lors qu'il vit en Guyane depuis l'âge de 11 ans, qu'il dispose de proches sur le territoire, qu'il est en couple avec une ressortissante française et qu'il est parent d'un enfant français ;
- il porte une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de son enfant dès lors qu'il contribue à son entretien et à son éducation ;
- la gravité et l'illégalité manifeste des atteintes sont, en outre, caractérisées par la méconnaissance des dispositions des 2° et 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté litigieux porterait une atteinte grave et manifestement illégale au droit à un recours effectif s'il était mis en exécution en méconnaissance de l'instance introduite devant le tribunal administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens développés par le requérant ne sont pas fondés.
Le président du tribunal a désigné M. Hégésippe, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 2 octobre 2023 à 14 heures 00, en présence de Mme Delmestre Galpe, greffière, le juge des référés a donné lecture de son rapport et entendu les observations de M. B.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, le juge des référés a différé la clôture de l'instruction au 3 octobre 2023 à 12 heures 00.
M. B a produit des pièces complémentaires enregistrées le 2 octobre 2023 à 16 heures 28.
Le préfet de la Guyane a produit un nouveau mémoire enregistré le 2 octobre 2023 à 19 heures 18. Il conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense en sollicitant une substitution de base légale et de motifs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ".
2. M. B, ressortissant surinamais né en 1999, est entré sur le territoire français en 2011 d'après ses déclarations. Il a fait l'objet, le 29 septembre 2023, d'une interpellation suivie d'un placement en garde à vue pour des faits d'offre, cession et détention de stupéfiants. Par un arrêté du 30 septembre 2023, le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente instance, M. B sollicite du juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il ordonne la suspension de l'exécution de cet arrêté.
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
4. Le préfet de la Guyane a présenté, au cours de l'instruction, une demande de substitution de base légale et de motifs de l'arrêté initialement fondé sur le 1° de l'article L. 611-1 du code précité. Pour obtenir que la situation soit appréciée en vertu du 5° du même article et que la requête soit rejetée, il fait valoir que le dernier de titre séjour de M. B a expiré depuis plus de trois mois, qu'il est défavorablement connu des services de police et de gendarmerie et qu'il a, selon ses propres déclarations, déjà fait l'objet de condamnations. Aussi, le préfet de la Guyane produit des extraits du fichier de traitement des antécédents judiciaires de M. B d'où il ressort qu'il est connu des services de l'Etat pour de multiples infractions. Cependant, il résulte de l'instruction que M. B est père d'une enfant, âgée de quatre mois, née, sur le territoire national, de sa relation avec une ressortissante française. Le requérant produit plusieurs photographies qui révèlent sa présence aux côtés de l'enfant depuis sa naissance. Par ailleurs, il justifie de deux attestations dont une très circonstanciée par laquelle la mère de l'enfant se déclare sans emploi et témoigne de la participation de M. B à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. Enfin, l'intéressé, qui démontre avoir été scolarisé à Kourou en faisant état de proches en situation régulière dans cette commune, justifie des raisons pour lesquelles il a conservé son adresse administrative au domicile de sa mère alors qu'il a emménagé avec sa compagne. Il en résulte, dans les circonstances de l'espèce tenant enfin au fait que le parcours pénal de l'intéressé est sans incidence sur l'attention qui doit être accordée à l'intérêt supérieur de son enfant, que l'arrêté litigieux porte une atteinte grave et manifestement illégale à cet intérêt.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'exécution de l'arrêté du 30 septembre 2023 pris à l'encontre de M. B doit être suspendue.
6. M. B n'a point bénéficié du concours d'un avocat au titre de l'aide juridictionnelle et ne justifie pas des frais occasionnés par l'instance. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 30 septembre 2023 pris à l'encontre de M. B est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2023.
Le juge des référés,
Signé
D. HEGESIPPE
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026