vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BALIMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Balima, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français avec délai à destination de son pays d'origine ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'un vice de compétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations des articles 3-1, 9-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il méconnaît les dispositions du préambule de la constitution de 1946 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens du requérant ne suscitent aucun doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond, enregistrée sous le numéro 2301909.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 3 novembre 2023 à 10 h, en présence de Mme Delmestre-Galpe, greffière, M. B a donné lecture de son rapport.
Le requérant n'étant ni présent ni représenté ;
Le préfet de la Guyane étant représenté par M. D qui a présenté ses observations
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. M. A, ressortissant haïtien né le 24 août 1975, est entré sur le territoire français en 2014, à l'âge de 39 ans, d'après ses déclarations. Il a fait l'objet, le 12 octobre 2017 d'une précédente obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée. Par un arrêté du 3 juillet 2023, le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français avec délai. Par la présente instance, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.
3. En l'espèce, et alors que M. A est célibataire, père de neuf enfants dont quatre sont présents sur le territoire français pour lesquels il ne démontre pas contribuer à leur entretien et à leur éducation, les moyens de l'intéressé, visés ci-dessus, ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué du 3 juillet 2023. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions aux fins de suspension de l'arrêté en cause ne peuvent qu'être rejetées.
4. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions aux fins de suspension, n'appelle aucune mesure d'exécution particulière de la part de l'autorité administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
5. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Cependant, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante, la somme réclamée par l'intéressé au titre des frais d'instance. Par suite, les conclusions présentées sur ce fondement doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 3 novembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
O. B
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026