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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2302093

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2302093

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2302093
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023, Mme B A C, représentée par Me Polycarpe, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 24 septembre 2023 du silence gardé par le préfet de la Guyane sur sa demande d'admission au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, sur le fondement des dispositions des articles L.435-1 et L.423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Mme A C invoque la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un courrier du 18 novembre 2024, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le refus implicite de séjour, décision inexistante.

La requête a été communiquée le 24 novembre 2023 au préfet de la Guyane, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau et les observations de Me Polycarpe ont été entendus au cours de l'audience publique, le préfet de la Guyane n'étant pas représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante brésilienne, conteste la décision implicite de rejet qui serait née le 24 septembre 2023 du silence gardé par le préfet de la Guyane sur sa demande d'admission au séjour.

2. En vertu des dispositions combinées des articles R.432-1 et R.431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " vaut décision implicite de rejet.

3. Aucun refus d'admission au séjour ne peut intervenir en l'absence d'enregistrement et d'instruction de la demande de titre de séjour ou de naissance d'une décision implicite de rejet dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, si Mme A C produit un courrier reçu par les services préfectoraux le 24 juillet 2023, il ressort des mentions de cette correspondance, dépourvues de toute ambiguïté, qu'elle se bornait à solliciter un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande d'admission au séjour. En l'absence de réponse, il lui appartenait seulement de saisir le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'une demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui fixer le rendez-vous sollicité. Ainsi, Mme A C ne justifie de l'existence d'aucune décision de refus de séjour. Il en résulte que ses conclusions dirigées contre une décision inexistante ne sont pas recevables. La requête ne peut, dès lors, qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Lebel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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