LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2302132

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2302132

mardi 5 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2302132
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPIALOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2023, Mme D C B, représentée par Me PIALOU Aurélie, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 novembre 2023 par lequel le préfet de la Guyane a émis à son encontre une interdiction d'embarquer à bord d'un aéronef au départ de l'aéroport de Cayenne Félix Eboué ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-2 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, du fait de l'atteinte immédiate à sa liberté d'aller et venir car elle est privée de retourner en France hexagonale où elle vit avec sa fille ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'exercice d'une liberté fondamentale,

D'une part, la liberté d'aller et venir ;

- les mesures de police doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées au regard des seules nécessités de l'ordre public ;

- ce qui est nécessaire au maintien de l'ordre public doit être établi par des éléments tangibles propres à la personne concernée par la mesure et produits devant le juge ;

- au cas présent, le préfet ne produit aucun élément relatif aux contrôles engagés le 26 novembre dernier, au choix des personnes contrôlées, au mode opératoire utilisé pour déterminer les personnes à risque, à la procédure suivie la concernant et au procès-verbal éventuellement établi ;

- en l'espèce, elle avait des raisons de paraître agitée au regard des multiples interdictions dont elle a fait l'objet, aucun test urinaire n'a été effectué et aucun interprète n'a été réquisitionné pour son contrôle ;

D'autre part, il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'exercice d'une autre liberté fondamentale, le droit au respect d'une vie familiale normale et à l'intérêt supérieur de sa fille mineure ;

- La séparation d'avec sa fille de six ans qui est à sa charge devait être de six jours est maintenant de 42 jours ;

- Ainsi, la mesure prise, à son encontre ne peut être regardée comme adaptée, nécessaire et proportionnée au but poursuivi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu ;

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue à 14h55 en présence de Mme Pauillac, greffière,

- le rapport de M. Guiserix, juge des référés,

- les observations de Mme C B ;

- les observations de Mme A, pour le préfet de la Guyane

La clôture de l'instruction a été prononcée à 15h08 à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Par la présente instance, Mme C B sollicite du juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il ordonne la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 novembre 2023 portant interdiction d'embarquer à bord d'un aéronef au départ de l'aéroport de Cayenne pour une durée de dix jours, en invoquant l'atteinte grave et manifestement illégale à l'exercice de libertés fondamentales, à savoir la liberté d'aller et venir puis le droit au respect d'une vie familiale normale et à l'intérêt supérieur de sa fille mineure.

En ce qui concerne le cadre juridique :

3. En premier lieu, la liberté d'aller et venir, composante de la liberté personnelle, est protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et constitue, par ailleurs, une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

5. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

6. En deuxième lieu, les autorités en charge de la police administrative générale ont l'obligation de mettre en œuvre les mesures rendues nécessaires par les atteintes à l'ordre public.

7. Dans tous les cas, il appartient au représentant de l'Etat, sous le contrôle du juge, de concilier l'accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois. Ainsi, les mesures de police administrative que peut édicter le préfet de la Guyane, dans le cadre de la lutte menée contre le trafic de stupéfiants au départ de l'aéroport de Cayenne Félix Eboué, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées au regard des seules nécessités de l'ordre public, telles qu'elles découlent des circonstances de temps et de lieu, et compte tenu des exigences qu'impliquent la sûreté, la sécurité de l'aviation civile, le bon ordre et la salubrité.

Sur les conclusions à fin de suspension :

8. En premier lieu, Mme C B, qui a précédemment fait l'objet de plusieurs arrêtés portant interdiction d'embarquer, a été déclarée " positif " à des produits stupéfiants à l'issue d'un test urinaire lors du contrôle litigieux. Par ailleurs, l'intéressée n'a produit à l'instance, ainsi que le relève la représentante du préfet, aucun document nouveau permettant de lever les doutes sur sa situation personnelle, notamment ses revenus et les liens familiaux qu'elle évoque, ainsi que sur le financement de son voyage. Dans ces conditions, la requérante ne démontre pas qu'elle n'aurait pas été une personne risquant de se livrer à un trafic de stupéfiants lors des contrôles opérés avant l'embarquement du vol pour Paris le 26 novembre dernier.

9. En deuxième lieu, Mme C B fait état de ce que le préfet ne produit aucun élément relatif aux contrôles engagés le 26 novembre dernier, au choix des personnes contrôlées, au mode opératoire utilisé pour déterminer les personnes à risque, à la procédure suivie la concernant et au procès-verbal éventuellement établi. Toutefois, l'intéressée ne démontre pas qu'elle aurait fait l'objet d'une procédure discriminatoire s'écartant des contrôles annoncés et réalisés sur l'ensemble des passagers au départ de l'aéroport Félix Eboué.

10. En troisième lieu, si la requérante soutient également qu'elle avait des raisons de paraître agitée au regard des multiples interdictions dont elle a fait l'objet, qu'aucun test urinaire n'a été effectué et qu'aucun interprète n'a été réquisitionné pour son contrôle, elle ne peut être regardée comme établissant la réalité de ces circonstances par ses seules affirmations qui ne sont corroborées par aucun élément du dossier.

11. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, la requête de Mme C B, qui ne démontre pas que la mesure dont elle fait l'objet ne serait pas adaptée, nécessaire et proportionnée au regard des seules nécessités de l'ordre public, ne peut, en l'état de l'instruction, qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C B et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 5 décembre 2023.

Le juge des référés,

Signé

O. Guiserix

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions