jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2302212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SEMONIN CLEO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2023, M. B A, représenté par
Me Sémonin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 octobre 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge le montant de 15.000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L.8253-1 du code du travail ;
2°) de lui accorder la décharge de ce montant ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 2.500 euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée au regard des prescriptions des articles
L.211-2 et L.211-15 du code des relations entre le public et l'administration et des énonciations de la circulaire interministérielle NOR : EFIZ1239322C ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- l'OFII n'a pas examiné la possibilité de le dispenser de la sanction à titre exceptionnel.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau
- les conclusions de M. Gillmann,
- et les observations de Me Sémonin pour M. A, l'OFII n'étant pas représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L.8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". L'article L.8253-1 du même code prévoit que l'employeur qui a méconnu ces dispositions acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre, une contribution spéciale, dont le montant est fixé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pour le compte de l'Etat.
2. M. A, qui exploite à Cayenne un commerce sous l'enseigne " Xin Da Bazar ", conteste la décision du 18 octobre 2023 par laquelle le directeur général de l'OFII a mis à sa charge le montant de 15.000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article
L.8253-1 du code du travail.
3. En premier lieu, en vertu de l'article L.211-2 2° du code des relations entre le public et l'administration, les sanctions doivent être motivées et l'article L.211-5 du même code prévoit que la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui met à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue par l'article L.8253-1 du code du travail doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent.
4. La décision en cause mentionne les articles L.8251-1, L.8253-1 et R.8253-4 du code du travail, dont les dispositions sont intégralement reproduites au verso. Elle se réfère, en outre, au procès-verbal d'infraction établi le 7 juillet 2021, puis au courrier du 29 août 2023 adressé sous pli recommandé à M. A, l'informant de la sanction envisagée. Elle précise, enfin, les modalités de calcul du montant, plafonné à 15.000 euros, et mentionne en annexe le nom du travailleur concerné. Cette motivation est conforme aux prescriptions des articles L.211-2 2° et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Les orientations générales de la circulaire interministérielle NOR : EFIZ1239322C du 28 novembre 2012 relative aux sanctions administratives suite à procès-verbal relevant une infraction de travail illégal, dépourvues de caractère réglementaire et visant les sanctions prononcées par le préfet, notamment la fermeture administrative, l'exclusion des contrats administratifs et le sanctions prononcées par les autorités gestionnaires d'aides publique, ne peuvent en tout état de cause être utilement invoquées.
6. En deuxième lieu, il ressort des mentions du procès-verbal d'infraction dressé le
7 juillet 2021 que le même jour, lors des opérations de contrôle de l'établissement exploité par M. A, les officiers de police judiciaire ont constaté la présence en situation de travail d'une ressortissante chinoise sans contrat de travail, qui pliait les vêtements se trouvant sur les étagères. Si celle-ci a déclaré lors de son audition être venue " voir un ami ", en précisant " je lui rend service de temps en temps il ne me paye pas, mais je donne un coup de main de temps en temps ", l'OFII fait valoir sans être contredit sur ce point que M. A a adressé une déclaration d'embauche postérieurement au contrôle, le 8 juin 2021. Alors que les mentions du procès-verbal d'infraction font foi jusqu'à preuve du contraire, M. A n'apporte aucun commencement de preuve de nature à démontrer l'inexactitude des faits reprochés. Dans les circonstances de l'affaire, ces faits, justifiant l'application de la sanction, doivent être tenus pour établis.
7. En dernier lieu, il ne ressort ni des mentions de la décision contestée, ni d'aucun élément de l'instruction que l'OFII se serait abstenu, suite aux observations présentées le
26 septembre 2023 par M. A, d'examiner la possibilité de le dispenser de toute sanction à titre exceptionnel. S'il a entendu contester la proportionnalité de l'amende prononcée à son encontre, le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant qu'il soit, à titre exceptionnel, dispensé de la contribution spéciale.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est fondé à demander ni l'annulation de la décision du 18 octobre 2023, ni la décharge du montant de 15.000 euros. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L.761-I du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Schor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULa présidente,
Signé
E. ROLIN
La greffière,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026