jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARQUE MONNERET MARQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 février 2024, le 19 février 2024 et le 23 février 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du comité territorial de rugby de la Guyane refusant implicitement la transmission des pièces numériques listées ci-après sur support numérique des documents suivants :
à compter de l'exercice allant de 2018/2019 - 2019/2020 - 2020/2021 - 2021/2022 et de l'exercice pour la saison du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024 et les versions à venir après validation par les clubs en Assemblée Générale
• 1) les conventions règlementées ;
• 2) les comptes de résultats détaillés, grands livres de comptabilité générale, grands livres auxiliaires fournisseurs • et grands livres autres tiers (clubs, dirigeant) ;
• 3) les procès-verbaux des réunions de bureau du comité territorial de rugby de la Guyane ;
• 4) les procès-verbaux des réunions du comité directeur du comité territorial de rugby de la Guyane ;
• 5) les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires, financières, et extraordinaires du comité de rugby de la Guyane ;
• 6) les rapports du commissaire aux comptes ;
• 7) les bilans et annexes détaillés ;
• 8) les budgets prévisionnels.
2°) d'enjoindre au comité territorial de rugby de la Guyane de lui communiquer de manière immédiate, l'intégralité des pièces demandées au format PDF ou excel dans un format aisément consultable et permettant les recherches, sur clef USB ou par transfert informatique à l'adresse gonzosolan@hotmail.com et de laisser le plus grand accès aux documents papiers qui ne pourraient être numérisés et autoriser la plus large consultation sur place ainsi que la reproduction.
3°) en tout état de cause, d'assortir l'injonction en application des dispositions de l'article L. 911-3 du code de justice administrative d'une astreinte définitive dont il plaira à la juridiction de céans de fixer le montant ainsi que la date d'effet.
Le requérant soutient que :
- il a qualité et intérêt à agir ;
- la condition d'urgence est remplie s'agissant d'éléments qui ont précédemment été demandés et alors que le mandat du comité directeur et de son président arrive à échéance en juin 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que la CADA a rendu un avis favorable le 1er juin 2023 et que le refus de communication méconnait les dispositions des articles L.300-1à L.311-6 et l'article L.311-9 du code des relations entre le public et l'administration.
La requête a été communiquée au Comité territorial de rugby de la Guyane qui n'a produit aucun mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 février 2024 sous le numéro 2400139 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Guiserix pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Prosper, greffier d'audience, M. Guiserix a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience
1. M. A, licencié à la fédération française de rugby a demandé au président du comité territorial de rugby de la Guyane de lui communiquer par courrier postal, ou par courrier électrique ou encore sur support numérique (clé USB, drive, etc.), pour les quatre dernières années, les documents suivants concernant le fonctionnement du comité territorial de rugby de la Guyane : 1) les conventions règlementées ; 2) les comptes de résultats détaillés, grands livres de comptabilité générale, grands livres auxiliaires-fournisseurs et grands livres autres tiers (clubs, dirigeant) ; 3) les procès-verbaux des réunions de bureau du comité territorial de rugby de la Guyane ; 4) les procès-verbaux des réunions du comité directeur du comité territorial de rugby de la Guyane ; 5) les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires, financières, et extraordinaires du comité de rugby de la Guyane ; 6) les rapports du commissaire aux comptes ; 7) les bilans et annexes détaillés ; 8) les budgets prévisionnels. Le comité territorial de rugby de la Guyane ayant refusé de satisfaire à cette demande, la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a été saisie. Celle-ci a émis le 1er juin 2023 un avis favorable. Par courriel du 6 novembre 2023, une nouvelle demande de communication a été formulée. M. A demande au juge des référés la suspension de la décision implicite du 7 décembre 2023 par laquelle le comité territorial de rugby de la Guyane a refusé de transmettre les pièces demandées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 300-2 du code du code des relations entre le public et l'administration: " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ". Selon l'article L. 311-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Les modalités de communication des documents administratifs sont précisées aux articles L. 311-2 et suivants du même code. L'article L. 311-2 de ce code précise que : " Le droit à communication ne s'exerce plus lorsque les documents font l'objet d'une diffusion publique. ". L'article L. 311-6 dispose que : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret en matière commerciale et industrielle, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence ; / 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. () ". Selon l'article L. 311-7 de ce code : " Lorsque la demande porte sur un document comportant des mentions qui ne sont pas communicables en application des articles L. 311-5 et L. 311-6 mais qu'il est possible d'occulter ou de disjoindre, le document est communiqué au demandeur après occultation ou disjonction de ces mentions. ". Enfin, aux termes de l'article L. 311-9 du même code : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : 1° Par consultation gratuite sur place, sauf si la préservation du document ne le permet pas ; 2° Sous réserve que la reproduction ne nuise pas à la conservation du document, par la délivrance d'une copie sur un support identique à celui utilisé par l'administration ou compatible avec celui-ci et aux frais du demandeur, sans que ces frais puissent excéder le coût de cette reproduction, dans des conditions prévues par décret ; 3° Par courrier électronique et sans frais lorsque le document est disponible sous forme électronique ; 4° Par publication des informations en ligne, à moins que les documents ne soient communicables qu'à l'intéressé en application de l'article L. 311-6. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En l'espèce, d'une part, le requérant soutient que depuis 2012, les comptes annuels ne sont disponibles qu'en simple consultation pendant quelques minutes lors des assemblées générales ou après une demande écrite de consultation, au siège de l'association, à Cayenne, ce qui constitue un obstacle pour les clubs distants de plusieurs centaines de kilomètres de Cayenne. D'autre part, le requérant soutient que la nécessité de se voir communiquer les documents sollicités est justifiée par un exercice déficitaire du comité territorial de rugby de la Guyane lors de la saison 2021-2022. Par ailleurs, le requérant soutient que le refus de communication opposé par le comité territorial de rugby de la Guyane ne permet pas l'accès à des éléments indispensables pour apprécier l'activité de la gouvernance et rompt l'égalité entre les candidats dans la perspective des élections qui devraient intervenir entre le mois de juin et le mois de novembre 2024. Dans ces circonstances, la condition relative à l'urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. Les documents litigieux ont été reconnus communicables par la commission d'accès aux documents administratifs dans son avis rendu le 1er juin 2023. Dans ces conditions les moyens tirés par M. A de ce que le refus de communication qui continue de lui être opposé méconnaît les dispositions de la loi du 17 juillet 1978, aujourd'hui codifiées aux articles L. 300-1 à L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, et de l'article L. 311-9 du même code sont, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Il résulte de ce qui précède que les conditions permettant de prononcer la suspension de la décision attaquée sont satisfaites. Dès lors, compte tenu des circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer la suspension demandée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, prescrit des mesures devant présenter un caractère provisoire et ne peut, sans excéder sa compétence, ni prononcer l'annulation d'une décision administrative, ni ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant une telle décision. N'étant pas saisi du principal des litiges, il ne peut dès lors enjoindre la communication immédiate de documents, même reconnus transmissibles en principe par la CADA, sans vider de leur portée les prérogatives de contrôle imparties au juge du fond. Dès lors, les conclusions tendant au prononcé sous astreinte d'une telle injonction ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, toutefois, d'enjoindre au comité territorial de rugby de la Guyane de se prononcer à nouveau sur la demande de communication des requérants, au regard des motifs de la présente ordonnance, dans un délai qu'il convient de fixer, dans les circonstances de l'espèce, à quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance et sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
O R D O N N E :
Article 1er : La décision implicite de refus de communication de documents administratifs opposée par le comité territorial de rugby de la Guyane est suspendue jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint au comité territorial de rugby de la Guyane de se prononcer à nouveau, au regard des motifs de la présente ordonnance, sur la demande de communication de documents formulée par le requérant, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de cette ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Comité territorial de rugby de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 29 février 2023.
Le juge des référés,
Signé
O. Guiserix
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC
N°2400150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026