vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2024, M. C A, représenté par
Me PIALOU Aurélie, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 janvier 2024 portant suspension de traitement du 13 octobre au 15 novembre 2023, prise à son encontre, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- La condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est privé d'un mois de traitement et que la décision a des conséquences sur son état de santé psychologique étant précisé qu'il s'agit d'un énième acte de harcèlement moral dont il est victime ;
- Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- Il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte ;
- La décision est entachée d'un vice de procédure ;
- Il s'agit d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- La décision a été prise en dehors des prescriptions des articles L.530-1 et suivants du code général de la fonction publique ;
- La décision est insuffisamment motivée ;
- Elle est entachée d'erreurs de fait ;
- Enfin, elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle méconnait les articles L822-1 et suivants du code général de la fonction publique.
Par un mémoire enregistré le 4 mars 2024, le Ministère de l'intérieur et des outre-mer, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- La requête est irrecevable dès lors que les conclusions sont dirigées contre une décision ne faisant pas grief ;
- La condition d'urgence n'est pas remplie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2400250 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu Me Pialou pour M. A et Mme B pour le SGAP.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, major de police en fonction au service territorial de la sécurité publique au sein de la direction territoriale de la police nationale de Guyane a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 13 juin 2023. L'intéressé a été contrôlé par le médecin statutaire le 3 octobre 2023 qui l'a déclaré apte à reprendre le service à compter du 13 octobre 2023, avec interdiction de voie publique pour une durée de deux mois. M. A a produit un nouvel arrêt de travail couvrant la période du 13 octobre au 13 novembre 2023, puis a de nouveau été contrôlé par le médecin statutaire le 12 novembre 2023. Par un courrier du 4 janvier 2024, le directeur territorial de la police nationale de Guyane informait M. A qu'il avait sollicité auprès du secrétariat général pour l'administration de la police (SGAP) de Guyane, la " suspension de son traitement " pour la période du 13 octobre au 15 novembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
" Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée du
4 janvier 2024, le requérant fait valoir qu'il est privé d'un mois de traitement et que la décision a des conséquences sur son état de santé psychologique s'agissant d'un nouvel acte de harcèlement moral dont il est victime. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait fait l'objet d'un remboursement d'un indû de rémunération. Par ailleurs, à supposer qu'il aurait fait l'objet d'une suspension effective de versement de son traitement, ou d'une partie de celui-ci, postérieurement à la décision attaquée, celle-ci devrait être regardée comme ayant épuisé tous ses effets à la date de la présente ordonnance. Enfin, les conséquences financières de la décision, portant sur un mois et deux jours de traitement, et alors que l'intéressé ne produit aucun élément sur les charges personnelles et familiales auxquelles il doit faire face, ne sont pas de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête susvisée doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au Secrétariat général pour l'administration de la police nationale de Guyane et au Ministère de l'interieur et des outre-mer.
Fait à Cayenne, le 22 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026