LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2100055

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2100055

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2100055
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre ter
Avocat requérantSAIDAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 8 janvier 2021 et le 5 février 2021, M. B A, représenté par Me Ekeu, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 août 2020 par lequel le maire de la commune de Bandraboua l'a admis à la retraite pour limite d'âge à compter du 1er décembre 2020 ;

2°) de condamner la commune de Bandraboua à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis ;

3°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Bandraboua à lui verser les sommes de 71 052 euros au titre de la perte de salaires et de 15 000 euros au titre des préjudices subis ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Bandraboua une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les délais de convocation à l'entretien relatif à la retraite n'ont pas été respectés ;

- il n'est pas justifié de la compétence du directeur des ressources humaines pour conduire cet entretien ;

- il a expressément opté pour un départ à la retraite à l'âge de soixante-deux ans ;

- sa situation familiale lui permet, en tant que père de vingt enfants dont onze à charge, de poursuivre sa carrière jusqu'à l'âge de soixante-deux ans ;

- à titre subsidiaire, le préjudice financier subi est réparable à hauteur de 71 052 euros, correspondant aux sommes qu'il aurait perçues s'il n'avait pas fait l'objet d'une éviction irrégulière ;

- son préjudice moral, résultant de l'impact de l'arrêté litigieux sur le calcul de sa pension de retraite eu égard à son espérance de vie moyenne, ainsi que des mensonges et de la désinvolture qui en sont à l'origine, doit être indemnisé à hauteur de 15 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2021, la commune de Bandraboua, représentée par Me Saïdal, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête de M. A, tardive, est irrecevable ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 2001-616 du 11 juillet 2001 relative à Mayotte ;

- le décret n° 2012-1256 du 13 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ramin, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, agent de la commune de Bandraboua depuis le 16 août 1999, a été intégré et titularisé dans le cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux et affilié à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL). Après un entretien préalable qui s'est tenu le 11 août 2020, l'intéressé a, par arrêté du 20 août 2020, été admis à la retraite à compter du 1er décembre 2020, dès lors qu'il avait atteint la limite d'âge de soixante ans. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté et, en l'absence de réponse à sa réclamation préalable du 7 janvier 2021, de l'indemniser des préjudices financier et moral subis.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux a été notifié à M. A par courrier recommandé avec avis de réception reçu le 1er septembre 2020. L'intéressé a expressément contesté cet arrêté par un courrier du 7 janvier 2021 réceptionné par la commune de Bandraboua le 11 janvier 2021, soit postérieurement au délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Dès lors, son recours gracieux étant tardif, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 août 2020 sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Aux termes de l'article 21 de l'arrêté préfectoral du 16 mars 1977 portant création de la caisse de retraite des fonctionnaires et agents des collectivités publiques de Mayotte : " Les bénéficiaires du présent arrêté ne peuvent prétendre à pension qu'après avoir été préalablement admis à faire valoir leurs droits à la retraite soit d'office soit sur leur demande () ". Aux termes de l'article 22 du même arrêté : " I.- Le droit à pension pour ancienneté de service est acquis lorsque se trouve remplie, à la cessation de l'activité, la double condition de cinquante cinq ans d'âge et de trente ans de services effectifs () ". Enfin, le 3 de l'article 32 du même arrêté dispose que : " Les agents peuvent bénéficier à leur demande d'une prolongation d'activité de deux ans renouvelable dans la limite de cinq ans ayant pour effet de reculer de 55 à 60 ans la limite d'âge. La demande doit être formulée au moins 3 mois avant la limite d'âge normal de 55 ans () ".

5. Aux termes de l'article 64-1 de la loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte : " I. - Sont applicables aux agents de la collectivité départementale, des communes et des établissements publics administratifs de Mayotte, selon les modalités définies ci-après, les dispositions de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que celles : / () de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale pour les agents exerçant des fonctions ressortissant à la compétence des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de ladite loi. Pour son application, la collectivité départementale de Mayotte est considérée comme étant mentionnée audit article ; () ".

6. Aux termes du VII du même article dans sa rédaction issue de l'ordonnance du 31 mai 2012 le modifiant, les agents de la collectivité de Mayotte intégrés dans la fonction publique territoriale " () conservent, à titre personnel, le bénéfice de l'âge auquel ils peuvent liquider leur pension et de la limite d'âge applicables antérieurement à leur affiliation au régime spécial précité sauf s'ils optent pour l'âge d'ouverture des droits et la limite d'âge de leur corps d'intégration ".

7. Aux termes de l'article 14 du décret du 13 novembre 2012 relatif au règlement des droits à pension de retraite des agents publics de Mayotte intégrés ou titularisés dans des corps ou cadres d'emplois des fonctions publiques : " Les agents () qui choisissent de ne pas conserver, à titre personnel, le bénéfice de l'âge d'ouverture de leurs droits à pension et la limite d'âge prévus au septième alinéa du VII de l'article 64-1 de la loi du 11 juillet 2001 susvisé doivent faire connaître leur choix au ministre ou à la collectivité dont ils relèvent au moins six mois avant la date à laquelle ils auraient atteint l'âge d'ouverture du droit. / L'option ainsi exercée est irrévocable. Elle doit être formulée par lettre ou par courriel dont il est accusé réception et qui devra figurer au dossier de la proposition de pension ".

8. Il résulte de ces dispositions que la limite d'âge maximale de soixante ans fixée par l'arrêté du 16 mars 1977 demeure applicable aux agents de la collectivité de Mayotte intégrés dans la fonction publique territoriale, sauf s'ils ont opté, dans les conditions fixées par le décret du 13 novembre 2012, pour l'âge d'ouverture des droits et la limite d'âge de leur corps d'intégration.

9. En l'espèce, la commune ne conteste pas qu'après son intégration dans le cadre d'emploi des agents techniques territoriaux, M. A a demandé une prolongation d'activité ayant eu pour effet de reculer à soixante ans la limite d'âge. Toutefois, le requérant n'établit pas qu'il aurait renoncé au régime spécial applicable, en optant dans les formes requises pour la limite d'âge de son corps d'intégration. Il ne précise pas le fondement légal du régime dérogatoire auquel il estime pouvoir prétendre, en particulier au regard de sa situation familiale. Par suite et dans la mesure où l'intéressé avait atteint la limite d'âge de soixante ans au 18 octobre 2020, c'est à bon droit que le maire de la commune de Bandraboua, en situation de compétence liée, l'a admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er décembre 2020.

10. Il résulte de ce qui précède que M. A, qui au demeurant n'établit pas le préjudice financier allégué et ne justifie pas du préjudice moral invoqué, n'est pas fondé à demander réparation à ce titre. Ses conclusions aux fins indemnitaires doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bandraboua, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Bandraboua au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Bandraboua présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la commune de Bandraboua.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cornevaux, président,

M. Ramin, premier conseiller,

M. Seroc, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.

Le rapporteur,

V. RAMIN

Le président,

G. CORNEVAUX

La greffière,

F. DAROUSSI DJANFAR

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions