mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2100181 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre ter |
| Avocat requérant | RAYMOND MÉLANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier 2021 et le 9 avril 2021, M. C B, représenté par Me Raymond, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme totale de 32 240,32 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa radiation des effectifs pour abandon de poste ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, au regard des délais de recours ;
- en le radiant des effectifs à l'issue d'une procédure d'abandon de poste qui est irrégulière et infondée, dès lors que la mise en demeure de reprendre son poste ne lui a pas été notifiée et ne l'informe pas de l'absence de procédure contradictoire, qu'il était en arrêt de maladie et a manifesté son intention de reprendre son poste dès le 11 mars 2020, le rectorat de l'académie de Mayotte a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il doit être indemnisé à hauteur de 11 412 euros, au titre des traitements non perçus sur la période allant du 11 mars 2020 au 21 août 2020 ;
- le préjudice moral subi du fait de son éviction irrégulière, de l'atteinte à son image, de l'inaction de l'administration face au harcèlement moral dont il était victime, et du " burn out " auquel ont conduit les difficultés rencontrées à son arrivée au rectorat, en particulier les délais excessifs à lui verser son traitement, doit être réparé à hauteur de 10 000 euros ;
- le préjudice financier subi du fait de la privation des indemnités de chômage auxquelles il aurait pu prétendre à l'issue de son contrat à durée déterminée doit être réparé à hauteur de 9 828,32 euros ;
- la remise tardive des documents de fin de contrat lui a causé un préjudice qu'il y a lieu d'indemniser à hauteur de 1 000 euros.
Par un mémoire en défense et un mémoire en réplique, enregistrés le 7 avril 2021 et le 6 septembre 2021, le rectorat de l'académie de Mayotte conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la minoration du montant des préjudices retenus.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, pour forclusion ;
- aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé ;
- à titre subsidiaire, le préjudice allégué au titre des traitements non perçus ne saurait excéder le traitement net de l'intéressé, soit la somme totale de 11 413 euros ;
- aucun des autres chefs de préjudices n'est établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ramin, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, représentant le rectorat de l'académie de Mayotte.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat du 21 août 2019, M. B a été recruté par le rectorat de l'académie de Mayotte pour exercer les fonctions de professeur en SSI option informatique et numérique au lycée Gustave Eiffel à Kahani. L'intéressé étant en absence irrégulière depuis le 8 février 2020, le recteur l'a, par courrier du 20 février 2020, mis en demeure d'en justifier ou de reprendre son poste. Par une décision du 16 avril 2020, le recteur a informé ce professeur de sa radiation des effectifs à compter du 16 mars 2020. Sa demande préalable du 23 octobre 2020 ayant été implicitement rejetée, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à la réparation des préjudices subis du fait de son éviction irrégulière.
Sur la radiation :
2. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Cette mise en demeure doit ainsi comporter l'information selon laquelle la radiation peut être mise en œuvre sans que l'intéressé bénéficie des garanties de la procédure disciplinaire. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention de reprendre son service avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester une telle intention, l'administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
3. Tandis qu'il était précédemment en arrêt de travail, justifié par des certificats médicaux successifs établis par un médecin exerçant en Afrique du Sud, M. B n'a, le 8 février 2020, ni rejoint son poste, ni justifié son absence. La mise en demeure que le rectorat de l'académie de Mayotte lui a adressée le 20 février 2020, à son adresse mahoraise déclarée, l'informe qu'à défaut de reprise de ses fonctions et en l'absence de justificatif au plus tard le 16 mars 2020, il serait considéré comme ayant volontairement rompu le lien avec le service et radié des effectifs. Toutefois, cette lettre ne précise pas que la décision de radiation est susceptible d'être prise sans procédure disciplinaire préalable. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que le rectorat de l'académie de Mayotte a commis une faute en décidant, à l'issue d'une procédure irrégulière, de le radier des effectifs à compter du 16 mars 2020.
4. Toutefois, tandis qu'il était en absence injustifiée depuis le 8 février 2020, à défaut d'avoir produit dans les quarante-huit heures un certificat médical d'arrêt de travail, M. B n'a fourni aucun justificatif lorsqu'il a informé le rectorat, le 17 février 2020, de la prolongation de son arrêt de maladie " jusqu'à fin février ". Si par courriel du 25 mars 2020, il a transmis un certificat d'arrêt de travail établi le 7 février 2020, celui-ci prescrivait un arrêt de travail jusqu'au 16 mars 2020, date à laquelle l'intéressé n'a pas rejoint son poste. Or ni le blocage de l'une des deux adresses de messagerie qu'il utilisait pour ses échanges avec le rectorat, dont la date n'est d'ailleurs pas établie, ni l'état de santé dont le requérant se prévaut ne suffisent à justifier le retard de l'intéressé à satisfaire à l'obligation de transmettre dans les quarante-huit heures à son employeur un tel justificatif d'absence pour maladie. Si à l'occasion d'un message du 1er avril 2020, il a manifesté son intention de reprendre son poste, M. B ne justifie d'aucun motif qui s'y serait opposé, depuis l'expiration de son arrêt de travail. Dans ces conditions, M. B, qui n'a pas rejoint son poste à l'expiration des arrêts de travail déclarés, doit être regardé comme ayant manifesté une intention caractérisée de rompre volontairement le lien avec le service. En conséquence, le requérant n'est pas fondé à réclamer l'indemnisation des préjudices financier et moral qui auraient résulté de sa radiation irrégulière, lesquels ne sont pas établis.
Sur les autres chefs de préjudices :
5. En premier lieu, les certificats médicaux dressés par un médecin généraliste et la seule attestation que M. B verse au dossier ne suffisent pas à démontrer le harcèlement moral qui résulte, selon lui, du comportement de certains collègues à son égard et des retards de l'administration dans le traitement de son dossier administratif, en particulier le versement de ses traitements, ni le lien de causalité direct entre les difficultés rencontrées lors de sa prise de poste à Mayotte et la dégradation de son état psychologique. Ainsi, le préjudice moral qui résulterait de l'inaction du rectorat face au harcèlement moral allégué et de sa situation de " burn out " n'est pas établi. M. B n'est donc pas fondé à demander réparation, à ce titre.
6. En second lieu, si le rectorat de l'académie de Mayotte lui a remis les documents de fin de contrat le 3 juillet 2020, soit près de deux mois et demi après la notification de la décision de radiation, M. B n'établit pas la réalité du préjudice qui aurait résulté de ce délai. Il n'est donc pas fondé à demander réparation, à ce titre.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par le rectorat, la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au rectorat de l'académie de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 7 février 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cornevaux, président,
M. Ramin, premier conseiller,
M. Seroc, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
Le rapporteur,
V. RAMIN
Le président,
G. CORNEVAUX
La greffière,
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026