mercredi 10 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2100631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre Bis |
| Avocat requérant | DUGOUJON |
Vu la procédure suivante :
Par une demande enregistrée le 15 mai 2020, M. C B, représenté par Me Dugoujon, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au Département de Mayotte, de régulariser sa situation indemnitaire, de procéder au règlement des sommes dues pour les périodes du 1er janvier 2017 au 30 juin 2017 et du 1er novembre 2018 jusqu'à la date de la décision à intervenir, de procéder au versement de la somme de 500 euros allouée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans un délai de dix jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du Département de Mayotte la somme de 5 000 euros au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le Département de Mayotte n'a pas exécuté le jugement n° 1701162 du tribunal du 18 juin 2019.
Par une ordonnance en date du 12 mars 2021, le président du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 mars 2021 et 2 septembre 2021, le Département de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Vu :
- le jugement n° 1701162 du 18 juin 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 ;
- le décret n° 2002-1105 du 30 août 2002 ;
- le décret n° 2014-513 du 16 décembre 2014 ;
- la délibération n° 94/2009/CG du conseil général de Mayotte du 15 juillet 2009 ;
- la délibération n° 2018.00214 du conseil départemental de Mayotte du 17 octobre 2018.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caille, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public ;
- et les observations de M. A, représentant le Département de Mayotte.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, rédacteur territorial principal, chef du bureau de la programmation et des budgets à la direction des finances du Département de Mayotte, a bénéficié, à compter du 1er janvier 2008, de l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires (IFTS) au coefficient 7 et de l'indemnité d'exercice des missions de préfecture (IEMP) au coefficient 3 en application d'un arrêté du 21 novembre 2008. M. B a ensuite été promu dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux à compter du 1er janvier 2017 par un arrêté du 5 avril 2017 qui l'a également mis à disposition de la section syndicale de la confédération générale du travail (CGT) de Mayotte. Un arrêté du 14 avril 2017 a fixé son régime indemnitaire en prévoyant le versement de l'IFTS au coefficient 5 et de l'IEMP au coefficient 1. M. B a demandé au tribunal d'annuler cet arrêté du 14 avril 2017 et la décision implicite rejetant son recours gracieux formé le 31 août 2017. Par un jugement n° 1701162 du 18 juin 2019, devenu définitif, le tribunal a fait droit à sa demande et mis à la charge du Département de Mayotte le versement d'une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. B soutient que le jugement n'a pas été complètement exécuté et demande au tribunal d'enjoindre au Département d'exécuter ce jugement.
Sur la demande d'exécution :
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'après l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2017 par le tribunal, le Département a régularisé la situation de M. B pour la période du 1er juillet 2017 au 30 octobre 2018. M. B demande au tribunal d'enjoindre au Département de régulariser également sa situation pour la période courant du 1er janvier au 30 juin 2017. Si le Département " s'estime être en droit de ne pas payer les sommes réclamées par le requérant " au motif qu'il s'agit " d'une somme d'argent indue ", il lui appartenait d'interjeter appel contre ce jugement, s'il entendait en contester le bien-fondé. Toutefois, ainsi qu'il a déjà été dit, l'arrêté du 21 novembre 2008 dont M. B demande qu'il soit fait application pour régulariser sa situation fixait son régime indemnitaire en tant que rédacteur territorial principal, chef du bureau de la programmation et des budgets à la direction des finances. Il n'était donc pas applicable à M. B après le 1er janvier 2017, dès lors que celui-ci était devenu attaché territorial et avait été mis à disposition de la CGT Mayotte à compter de cette date. Il appartenait dès lors au Département de prendre un nouvel arrêté fixant le régime indemnitaire de M. B en fonction de son nouveau cadre d'emploi et, ainsi que l'avait indiqué le jugement du 18 juin 2019, en fonction de sa manière de servir et du niveau des responsabilités assumées. Par suite, les conclusions tendant à ce que la situation indemnitaire de M. B soit régularisée par le versement des mêmes sommes que celles déjà versées pour la période du 1er juillet 2017 au 30 octobre 2018 doivent être rejetées.
4. En deuxième lieu, M. B demande au tribunal d'enjoindre au Département de lui verser l'IFTS et l'IEMP aux coefficients prévus par l'arrêté du 21 novembre 2008 depuis le 1er novembre 2018. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par une délibération du 17 octobre 2018, le Département a mis en place le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) à compter du 1er novembre 2018. Applicable aux attachés territoriaux, cette délibération prévoit que le RIFSEEP ne peut se cumuler avec l'IFTS et l'IEMP. Par suite, M. B, qui ne conteste pas bénéficier de ce régime, n'est pas fondé à demander qu'il soit enjoint au Département de lui verser l'IFTS et l'IEMP depuis le 1er novembre 2018.
5. En troisième lieu, le Département de Mayotte ne conteste pas ne pas avoir versé la somme de 500 euros mise à sa charge en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de lui enjoindre de procéder au versement de cette somme dans un délai de dix jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à nouveau à la charge du Département de Mayotte le versement d'une somme de 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il est enjoint au Département de Mayotte de procéder au versement de la somme de 500 euros mise à sa charge par le jugement n° 1701132 dans un délai de dix jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 2 : Le Département de Mayotte versera à nouveau à M. B la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au Département de Mayotte.
Copie en sera transmise au préfet de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président ;
- Mme Legrand, première conseillère ;
- M. Caille, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.
Le rapporteur,
P.-O. CAILLE
Le président,
Ch. BAUZERAND
La greffière,
A. MADHOINE
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026