mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2102582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ENARD-BAZIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 juillet 2021 et 4 mai 2022, Mme B C, représentée par Me Enard Bazire, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Mayotte a prononcé son affectation au sein de la direction de la protection de l'enfance à Mayotte dans le délai d'un mois suivant sa notification ;
2°) d'enjoindre au président du département de Mayotte de régulariser sa situation administrative dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de Mayotte la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence de sa signataire,
- elle est entachée d'un défaut de motivation,
- elle n'a pas été précédée de la communication de son dossier,
- d'une part, si la décision fait suite à une suppression de poste, les dispositions de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 ont été méconnues : le comité technique n'a pas été consulté en violation de l'article 33 de cette loi, aucune délibération n'est intervenue en violation de l'article 34, la suppression d'emploi n'est pas justifiée au regard de l'intérêt du service, elle a été prononcée pour l'évincer de son poste, le département n'a pas respecté son obligation de reclassement en violation de l'article 97 ;
- d'autre part, si la décision constitue une sanction disciplinaire déguisée, les règles de la procédure disciplinaire n'ont pas été respectées : elle n'a pas été invitée à consulter son dossier, la commission administrative paritaire locale n'a pas été saisie, elle n'a pas été informée de la possibilité d'être assistée par un conseil de son choix ; en outre, le déplacement d'office ne fait pas partie des sanctions disciplinaires possibles ; la sanction n'est pas motivée ; elle est entachée d'erreur de fait, de droit et de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2022, le département de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public ;
- et les observations de M. A pour le département de Mayotte.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe administrative territoriale a été employée par le département de Mayotte depuis 2002 comme agent d'entretien au sein de la délégation de Mayotte à Paris (DMP) et a été affectée à un nouveau poste de secrétaire au sein de la direction de la protection de l'enfance à Mayotte par une décision du 30 juin 2021 du président du conseil départemental de Mayotte. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision du 30 juin 2021.
2. En premier lieu, Mme C soutient que la décision en litige est entachée d'incompétence, dès lors que son auteur ne disposait pas d'une délégation de signature en vigueur au moment de l'intervention de la décision du 30 juin 2021.Toutefois, il ressort des pièces produites pour la première fois à l'instance, que par une délégation de signature en date du 5 avril 2021, régulièrement publiée, Mme D, DGS par intérim était compétente pour signer la décision attaquée du 30 juin 2021. Par suite le moyen manque en fait.
3. En deuxième lieu, Mme C soutient que le poste qu'elle occupait a été supprimé dans le cadre de la réorganisation des services du département de Mayotte. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des délibérations du conseil départemental de Mayotte n° 2016.00039 du 7 mars 2016, n°2017.00065 du 24 avril 2017 et n° 2017.00145 du 21 août 2017, que, dans le cadre de la nouvelle mandature, l'organisation générale des services a été rectifiée en mars 2016, après avis du comité technique du 3 mars 2016, et que des postes budgétaires ont été supprimés et créés en août 2017, après avis du comité technique du 18 août 2017, en adéquation avec le nouvel organigramme général des services. Dans ces circonstances, le poste d'agent de la délégation de Mayotte à Paris (DMP) que la requérante occupait en 2016, ne peut dès lors être regardé comme ayant été supprimé.
4. En troisième lieu, il est constant que Mme C a dans le cadre de la réorganisation des services, présenté sa candidature au poste d'agent d'accueil au sein de la délégation du département de Mayotte situé fonctionnellement à Paris, qui n'a pas été retenue, le courrier du 20 octobre 2020 du département, indiquant à l'intéressée qu'elle n'était plus affectée à la DMP et qu'il lui appartenait de se rapprocher de la collectivité pour connaître son nouveau service d'affectation, à l'issue de la formation de CAP " esthétique - cosmétique - parfumerie " qu'elle a suivie du 28 janvier 2019 au 23 janvier 2021. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été victime d'une mutation d'office.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la nouvelle affectation de Mme C au sein de la direction de la protection de l'enfance à Mayotte soit incompatible avec sa situation statutaire ou comme comportant des conditions de travail anormales. En particulier l'intéressée, n'établit pas que l'effet de la mesure contestée se traduirait par une diminution de sa rémunération ou de ses responsabilités. Il s'ensuit que la requérante n'établit pas que la décision attaquée constituerait une sanction disciplinaire déguisée.
6. Ainsi, la décision du 30 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental affecte Mme C à la direction de la protection de l'enfance à Mayotte constitue ainsi que cela résulte d'ailleurs de la motivation de la décision attaquée, une mesure prise exclusivement dans l'intérêt du service. Par suite ses moyens de légalité externe et internes tirés d'une part, de l'absence de motivation de la décision de suppression de poste, de l'absence de consultation du comité technique, ou des délibérations de l'organe délibérant, de ce que la suppression de poste n'était pas justifiée par l'intérêt du service, de ce qu'elle serait irrégulière pour avoir été prononcée dans l'intention d'évincer le titulaire du poste, de l'absence de reclassement dans les conditions prévues à l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, de consultation du comité technique, ou de délibération de l'organe délibérant, relative à la suppression de poste qui ne serait pas justifiée par l'intérêt du service, de ce qu'une telle suppression serait irrégulière pour avoir été prononcée dans l'intention de l'évincer de son poste, et de l'absence de reclassement dans les conditions prévues à l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, d'autre part, de l'absence de motivation de la sanction, de l'absence de consultation de son dossier, du non-respect de la procédure disciplinaire, de l'absence de saisine de la commission administrative paritaire locale, de l'absence de possibilité d'être assistée par un conseil de son choix, et de ce que la sanction serait entachée d'erreur de fait, de droit et de détournement de pouvoir doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Cornevaux, président,
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
G. CORNEVAUX
La greffière,
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026