vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2104399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TESOKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 novembre 2021, Mme D A C, représenté par Me Tesoka, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 12 septembre 2021 par laquelle le conseil municipal de Chirongui a annulé les délibérations n° 55/2019 du 19 avril 2019 et n° 26/2020 du 27 février 2020 ayant approuvé la vente d'un terrain à son profit.
2°) de mettre à la charge de la commune de Chirongui une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération attaquée mentionne une date erronée ;
- elle est tardivement intervenue au regard des règles de retrait des décisions créatrices de droits ;
- aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure.
La requête a été communiquée à la commune de Chirongui qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de M. B, représentant le département de Mayotte.
Considérant ce qui suit :
1. Par la délibération attaquée du 12 septembre 2021, le conseil municipal de Chrirongui a annulé les délibérations antérieures, en date des 10 juillet 2018, 19 avril 2019 et 27 février 2020, par lesquelles avait été approuvée, dans son principe puis dans ses modalités, la vente de plusieurs terrains communaux, l'un des terrains concernés étant attribué à Mme A C.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée, la commune de Chirongui n'a produit aucun mémoire en défense. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête, sous réserve que ces faits ne soient pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.
Sur la légalité de la délibération litigieuse :
4. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
5. La délibération du conseil municipal de Chirongui du 12 septembre 2021 a eu pour objet et pour effet de retirer les délibérations des 19 avril 2019 et 27 février 2020 par lesquelles Mme A C avait été explicitement désigné comme bénéficiaire de la vente d'un terrain communal. Les faits ainsi exposés par la requérante ont donné lieu, comme il a été dit ci-dessus, à un acquiescement par la partie défenderesse, qui n'a pas réagi à la mise en demeure dont elle a fait l'objet, et ne sont aucunement contredits par les pièces du dossier. Dès lors que le retrait des décisions créatrices de droits des 19 avril 2019 et 27 février 2020 est intervenu au-delà du délai de quatre mois dont disposait l'administration, en vertu de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, pour retirer une telle décision en cas d'illégalité, Mme A C est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la délibération du 12 septembre 2021 en tant qu'elle annule les délibérations des 19 avril 2019 et 27 février 2020 ayant approuvé la vente d'un terrain à son profit.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Chirongui, une somme de 700 euros à verser à Mme A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de Chirongui du 12 septembre 2021 est annulée en tant qu'elle annule les délibérations n° 55/2019 du 19 avril 2019 et n° 26/2020 du 27 février 2020 ayant approuvé la vente d'un terrain au profit de Mme A C.
Article 2 : La commune de Chirongui versera à Mme A C la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A C et à la commune de Chirongui.
Copie en sera adressée au préfet de Mayotte et au département de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe, le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026