mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2104769 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DOMITILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 décembre 2021 et 24 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Domitile doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Mayotte a procédé à une retenue pour absence de service fait sur son traitement du mois d'octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Mayotte de procéder au versement de l'intégralité de son traitement pour le mois d'octobre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'illégalité. En effet, faute, d'avoir été informé avant le 5 octobre 2021 de son établissement d'affectation, l'absence de service fait résulte d'une carence des services du rectorat qui l'ont placé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions ;
- en outre, il ne pouvait pas davantage faire l'objet d'une retenue sur traitement pour la période du 25 au 31 octobre 2021 durant laquelle il se trouvait en congé maladie
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le recteur de l'académie de Mayotte conclut :
1°) à ce qu'il n'y ait plus lieu de statuer sur les conclusions en tant qu'elles portent sur le versement du traitement de M. B pour les périodes du 1er au 5 octobre 2021 et du 25 au 31 octobre 2021 ;
2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Banvillet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les observations de Mme A représentant le recteur de l'académie de Mayotte,
- M. B n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, professeur de lycée professionnel, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Mayotte a procédé à une retenue pour absence de service fait sur son traitement du mois d'octobre 2021.
Sur l'objet du litige :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; 2°) Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements () ".
3. Il ressort des bulletins de paye des mois de novembre 2021 et juin 2022 que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le recteur de l'académie de Mayotte a procédé au versement des sommes de 461,10 euros et 384,25 euros à titre de rappel de traitements bruts. Compte tenu du montant du traitement brut mensuel de 2 305,52 euros perçu par M. B, ces sommes représentent respectivement à 6 jours et 5 jours de traitement. Leur reversement, qui s'est accompagné du versement des sommes de 20,23 euros et 16,86 euros à titre de rappel de la part fixe de l'indemnité de service et d'orientation des élèves et de 153,70 euros au titre de la majoration de traitement correspond donc, comme le soutient le recteur en défense, au montant des retenues opérées sur le traitement du requérant pour les périodes du 1er au 5 octobre et du 25 au 31 octobre 2021. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de l'intéressé ont, en tant qu'elles portent cette période, perdu leur objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retenue sur traitement pour absence de service fait du 6 au 24 octobre 2021 :
4. M. B soutient qu'en décidant de suspendre sa rémunération pour le mois d'octobre 2021, le recteur de l'académie de Mayotte a entaché sa décision d'illégalité dans la mesure où l'absence d'accomplissement de son service résulte des carences de son employeur qui, en l'informant tardivement de son affectation pour la rentrée scolaire 2021/2022, l'a placé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Toutefois, le recteur soutient sans être contesté que M. B, affecté à titre provisoire au collège de M'Gombani, n'a pas, comme il y était pourtant tenu et sans aucune justification, participé au mouvement intra-académique 2021-2022 et n'a pas, pour ce motif, pu recevoir d'affectation à la rentrée scolaire. Si l'intéressé a, par courriel du 2 septembre 2021, interrogé les services du rectorat de Mayotte sur sa situation administrative, c'est dans l'unique but de connaître l'établissement scolaire auquel il devait transmettre la prolongation de son congé maladie. Enfin, alors même qu'il n'a été informé que le 5 octobre 2021 de son affectation au collège de Majicavo, le requérant, qui a librement choisi de résider à La Réunion sans même en avoir informé son employeur, ne démontre pas qu'il aurait été dans l'impossibilité matérielle de rejoindre cette nouvelle affectation dès le lendemain. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir, en se prévalant notamment d'une situation de force majeure et d'un défaut d'information ou d'aide de la part de l'administration qu'il n'a d'ailleurs lui-même tenue informée tardivement de sa situation, qu'en suspendant son traitement du 6 au 24 octobre 2021 pour absence de service fait, le recteur de l'académie de Mayotte aurait entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation ou d'une erreur dans la qualification juridique des faits.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au recteur de l'académie de Mayotte de procéder au versement de l'intégralité de son traitement ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retenue sur traitement de M. B prise par le recteur de l'académie de Mayotte en tant qu'elles portent sur les périodes du 1er au 5 octobre et du 25 au 31 octobre 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée pour information au recteur de l'académie de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Cornevaux, président,
- M. Banvillet, premier conseiller,
- M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 25 octobre 2023
Le rapporteur,
M. BANVILLET
Le président,
G. CORNEVAUX
La greffière,
A. THORAL
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026