mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2200465 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHAKRINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2022 M. B, représenté par Me Viguier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Chirongui a rejeté son recours gracieux en date du 28 octobre 2021 tendant au paiement des salaires dus à compter du mois de juillet 2020 jusqu'au terme de son contrat fixée au 2 février 2023 suspendu le 3 juin 2020 et de condamner la commune de Chirongui à lui verser ces salaires après liquidation ;
2°) de condamner la commune de Chirongui à lui verser une somme de 4 000 euros en réparation du préjudice moral résultant de la perte de salaires consécutive à la suspension de son contrat de travail ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chirongui une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucune mesure de licenciement ne lui a été notifiée à la suite de l'entretien préalable organisé le 15 septembre 2020 ;
- il doit être rétabli dans ses droits dès lors que la procédure disciplinaire engagée le 3 juin 2020, soit depuis plus de 4 mois n'a donné lieu à aucune sanction et il n'a fait l'objet d'aucune poursuite pénale ;
- la suspension de son contrat et du versement de ses salaires présente un caractère fautif de nature à engager la responsabilité de la commune et est à l'origine d'un préjudice matériel et moral ;
- le licenciement est fautif.
Vu :
- les pièces du dossier desquelles il ressort que la requête de M B a été communiquée à la commune de Chirongui qui n'a pas produit de mémoire en défense en dépit d'une mise en demeure en date du 13 juillet 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par la commune de Chirongui en qualité de d'agent contractuel chargé d'exercer les fonctions " d'adulte-relais " à la direction du développement pour une période de trois ans courant à compter du 3 février 2020. A la suite d'un accident survenu le 14 mars 2020, alors qu'il conduisait un véhicule mis à sa disposition par la mairie, il a été informé lors d'un entretien organisé le 3 juin 2020 qu'une procédure disciplinaire était engagée et qu'il était suspendu à titre conservatoire avec maintien du versement de ses salaires jusqu'à la décision du conseil de discipline. Par courrier en date du 9 septembre 2021 il a été convoqué le 15 septembre suivant à un entretien préalable au licenciement. A la suite du recours administratif formé par courrier adressé au maire de Chirongui dont il a été accusé réception le 29 octobre 2021, resté sans réponse, M B, par la présente requête, demande que la commune de Chirongui soit condamnée à lui payer les salaires dus pour la période courant de juillet 2020 au 2 février 2023, après liquidation.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 13 juillet 2022, la commune de Chirongui n'a produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Chirongui
4 Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifiée au sein du code général de la fonction publique : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai le conseil de discipline. Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement () sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. Si à l'expiration d'un délai de quatre mois aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites est rétabli dans ses fonctions () ". Il appartient à l'autorité compétente, lorsqu'elle estime que l'intérêt du service l'exige, d'écarter provisoirement de son emploi un agent contractuel qui se trouve sous le coup de poursuites pénales ou fait l'objet d'une procédure disciplinaire. La mesure de suspension est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
5 En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a fait l'objet d'une mesure de suspension de ses fonctions à compter du 3 juin 2020, au regard des griefs suivants : destruction de véhicule de service en état d'ébriété, mensonges concernant les circonstances de l'accident, présence du véhicule de service à un meeting politique, accumulation de faits (entretiens précédents consistant dans un manque d'investissement et de motivation, dans des comportements irrespectueux envers sa responsable hiérarchique à l'occasion d'une réunion de pôle le 2 mars 2020). Cependant, ces reproches ne sont pas suffisamment circonstanciés et caractérisés, en l'absence d'éléments de preuve objectifs, notamment s'agissant de l'imputabilité au requérant d'une infraction pénale à l'origine de la destruction d'un véhicule.
6 En second lieu, il n'est pas contesté que, s'il résulte du compte-rendu d'entretien du 3 juin 2020 que pendant la période de suspension, la rémunération de M. B devait être " maintenue jusqu'à apurement de ses congés puis, suspendue jusqu'à décision du conseil de discipline ", aucune procédure disciplinaire ni pénale n'a été mise en œuvre ni a fortiori aucune sanction prononcée.
7 Il résulte de ce qui précède que la décision de suspension litigieuse présente un caractère fautif de nature à engager la responsabilité de la commune de Chirongui.
En ce qui concerne les préjudices
8. M. B justifie avoir préalablement demandé à la commune de Chirongui la réparation du préjudice matériel qu'il invoque. Eu égard à ce qui vient d'être exposé, M. B avait droit au versement de son traitement pendant toute la période de suspension de son contrat et jusqu'au terme de celui-ci en l'absence de mesure de licenciement effective à l'issue d'une procédure disciplinaire régulière. La juridiction n'étant pas en mesure de calculer précisément le montant des rémunérations que M. B aurait dû percevoir, en l'absence de bulletins de paie et de toute défense, il y a lieu de condamner la commune de Chirongui à verser à M. B le montant des émoluments qu'il aurait dû percevoir au titre de la période au cours de laquelle il a été irrégulièrement évincé au-delà du 1er juillet 2020, s'il y a lieu. L'intéressé est renvoyé devant la commune de Chirongui pour la liquidation de sa créance.
9. M. B sollicite, par ailleurs, au titre du préjudice moral une somme de 4 000 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la commune à lui verser à ce titre une somme de 2 000 euros, à raison des conséquences préjudiciables de l'interruption fautive du versement de sa rémunération.
Sur les frais de l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Chirongui une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Chirongui est condamnée à verser à M. B la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral ainsi que le montant des émoluments qu'il aurait dû percevoir au titre de la période d'éviction irrégulière, au-delà du 1er juillet 2020, l'intéressé étant renvoyé devant la commune de Chirongui pour la liquidation de sa créance.
Article 2 : La commune de Chirongui versera à M. B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Chirongui.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 février 2024.
La rapporteure
N. TOMILe président,
T. SORIN
La greffière,
A. THORAL
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200465
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026