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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2200599

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2200599

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2200599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantIDRISS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2022, M. A B, représenté par Me Idriss, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Mayotte a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet de Mayotte qui n'a pas produit de mémoire.

Une note en délibéré enregistrée le 27 septembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, a été présentée par Me Idriss pour M. B et n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Merlus ;

- les observations de Me Idriss, représentant M. B ;

- le préfet de Mayotte n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant comorien né le 31 décembre 2002 à Sima - Anjouan (Comores), a présenté, le 12 juillet 2021, une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé par le préfet de Mayotte. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se substituant à compter du 1er mai 2021 au 7° de article L. 313-11 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qi n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait droit à son respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats de scolarité versés aux débats, que M. B réside à Mayotte depuis l'âge de quatorze ans et y a été scolarisé de manière continue de l'année scolaire 2016-2017 à l'année scolaire 2020-2021, à l'issue de laquelle il a été diplômé du baccalauréat général. Il a ensuite été admis en brevet de technicien supérieur option " production - électrotechnique " au lycée Polyvalent de Dembeni pour l'année scolaire 2021-2022. En outre, l'intéressé se prévaut de la présence de son frère aîné, de nationalité française, sur le territoire. Toutefois, il n'établit ni même n'allègue entretenir avec lui des liens d'une particulière intensité et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils vivraient ensemble. S'il fait également valoir que d'autres membres de sa famille résident sur le territoire et sont en situation régulière, il ne l'établit pas non plus. Ainsi, l'ensemble des éléments versés au débat par le requérant ne suffit pas à caractériser l'existence de liens personnels et familiaux intenses et stables sur le territoire national. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " est entaché d'une erreur d'appréciation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Il y a lieu de rejeter également, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Mayotte.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Cornevaux, président,

- M. Banvillet, premier conseiller,

- M. Le Merlus, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le rapporteur,Le président,

T. LE MERLUSG. CORNEVAUX

La greffière,

A. THORAL

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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