mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2202064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 2 mai 2022 et le 4 mai 2023, Mme B A, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination des Comores ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un titre de séjour portant la " mention vie privée et familiale ".
Elle soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de Mayotte qui n'a pas produit d'observation en défense.
Par une ordonnance du 6 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 5 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les observations de Mme A,
- le préfet n'étant ni présent et ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 mars 2022, le préfet de Mayotte a refusé de délivrer à Mme B A, ressortissante comorienne née le 31 décembre 2001, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination des Comores. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ".
3. Mme A soutient qu'elle réside à Mayotte en compagnie de ses sœurs et qu'elle justifie de son intégration sur le territoire français par son engagement associatif et sa scolarité continue en France. S'il ressort des pièces du dossier que la requérante a bénéficié d'une scolarité à Mayotte entre 2017 et 2020, qui s'est concrétisée par l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle agricole en 2021 mention " assez bien " et qu'elle est engagée dans plusieurs associations, Mme A, qui est célibataire et sans enfant, ne démontre pas entretenir des liens d'une particulière intensité avec ses sœurs, en situation régulière sur le territoire, et son demi-frère, par la seule production de leurs documents d'identité. Par ailleurs, la requérante n'établit ni même n'allègue être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions et en dépit de son engagement associatif, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A bénéficierait d'une vie privée et familiale suffisamment durable et intense sur le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions citées au point précédent.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander au tribunal l'annulation de l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Banvillet, premier conseiller.
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 9 avril 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
Le président,
T. SORIN
La greffière,
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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