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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2204608

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2204608

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2204608
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2022, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Mayotte a refusé de renouveler son contrat en qualité d'assistant d'éducation.

Il soutient que :

- cette décision est entachée d'erreur de droit ;

- elle le prive de la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille ;

- certaines personnes sans emploi depuis une ou plusieurs années ont pu obtenir le renouvellement de leur contrat.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er décembre 2023, le recteur de l'académie de Mayotte conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le décret n° 2003-484 du 6 juin 2003 ;

- le décret n° 2022-1140 du 9 août 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Banvillet, premier conseiller ;

- les observations de Mme B représentant le recteur de l'académie de Mayotte, M. C n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté par le recteur de l'académie de Mayotte en qualité d'assistant d'éducation dans le cadre de contrats à durée déterminée conclus pour la période du 13 mai 2015 au 12 mai 2021. L'intéressé a sollicité auprès de plusieurs établissement scolaires le renouvellement et la transformation de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée. Par décision du 6 septembre 2022, dont M. C demande au tribunal l'annulation, le recteur de l'académie de Mayotte a refusé de faire droit à cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 916-1 du code de l'éducation : " Des assistants d'éducation sont recrutés par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV pour exercer des fonctions d'assistance à l'équipe éducative en lien avec le projet d'établissement, notamment pour l'encadrement et la surveillance des élèves. / () / Les assistants d'éducation sont recrutés par des contrats d'une durée maximale de trois ans, renouvelables dans la limite d'une période d'engagement totale de six ans. Un décret définit les conditions dans lesquelles l'Etat peut conclure un contrat à durée indéterminée avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d'assistant d'éducation, en vue de poursuivre ses missions. " Aux termes de l'article 1er bis du décret n° 2003-484 du 6 juin 2003 dans sa rédaction issue du décret n° 2022-1140 du 9 août 2022 : " Les assistants d'éducation sont recrutés par des contrats d'une durée maximale de trois ans, renouvelables dans la limite d'une période d'engagement totale de six ans. Cette période inclut le cas échéant les contrats conclus conformément à l'article 7 ter. " Aux termes de l'article 1 ter de ce même décret : " Lorsqu'un nouveau contrat est conclu avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d'assistant d'éducation, ce contrat est à durée indéterminée. / Les contrats à durée indéterminée sont conclus par le recteur d'académie. () " Enfin, aux termes de l'article 9 du décret n° 2022-1140 du 9 août 2022 : " I. - Le présent décret entre en vigueur le 1er septembre 2022. / II. - Peuvent bénéficier à compter de cette date d'un contrat à durée indéterminée dans les conditions fixées par les dispositions de l'article 1er ter du décret du 6 juin 2003 susvisé dans sa rédaction issue du présent décret les assistants d'éducation ayant exercé pendant six ans ces fonctions, quelle que soit la date à laquelle celles-ci ont été exercées. () ".

3. Pour refuser de faire droit à la demande de renouvellement du contrat de M. C, le recteur de l'académie de Mayotte a considéré que les dispositions précitées de l'article 1 ter du décret du 6 juin 2003 dans leur rédaction issue du décret n° 2022-1140 du 9 août 2022 n'étaient pas applicables à l'intéressé au motif que son contrat avait expiré en mai 2021. Il ressort toutefois expressément des dispositions de l'article 9 du décret du 9 août 2022 citées au point précédent que les assistants d'éducation ayant exercé pendant six ans ces fonctions peuvent bénéficier d'un contrat à durée indéterminée à compter de son entrée le 1er septembre 2022. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le recteur ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur ce motif pour prendre la décision attaquée.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que l'autre motif retenu par le recteur de l'académie de Mayotte tiré de ce qu'" une partie des moyens [est] réservée aux nouveaux recrutements " puisse, dès lors qu'il apparaît étranger à l'intérêt du service, légalement justifier la décision attaquée.

5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 6 septembre 2022.

DECIDE :

Article 1er : La décision du recteur de l'académie de Mayotte du 6 septembre 2022 est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Mayotte.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sorin, président,

- M. Banvillet, premier conseiller,

- M. Le Merlus, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024

Le rapporteur,Le président,

M. D

La greffière,

F. DAROUSSI DJANFAR

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204608

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