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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400375

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400375

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400375
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAVIGNY DELPHINE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Mayotte a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de Mayotte le 8 décembre 2023. La requête a été jugée manifestement irrecevable car tardive, le délai de recours de deux mois étant expiré avant le dépôt de la demande d'aide juridictionnelle. La notification de la décision attaquée a été considérée comme régulière, le pli recommandé ayant été présenté à l'adresse de l'intéressée le 13 décembre 2023 et retourné comme non réclamé. L'ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1 (4°) et R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 8 décembre 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de l’admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d’un mois.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2025, le préfet de Mayotte conclut au rejet de la requête. Il soutient que la requête est tardive et que les moyens soulevés par Mme A... ne sont pas fondés.

Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2024 du bureau d’aide juridictionnelle.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal par intérim a désigné M. Duvanel, premier conseiller, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…). » Aux termes de l’article R. 421‑1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ».

D’autre part, en cas de retour à l’administration, au terme du délai de mise en instance du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l’adresse de l’intéressé, dès lors qu’il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l’enveloppe, soit, à défaut, d’une attestation du service postal ou d’autres éléments de preuve que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d’instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’expéditeur auquel est rattaché le volet de preuve de distribution sur lequel ont été portés la date de vaine présentation du courrier et le motif pour lequel il n’a pu être remis, cette indication pouvant sinon être mentionnée directement sur l’enveloppe.

Il ressort des pièces du dossier, notamment du volet de preuve postal de distribution produit par l’administration, que le pli contenant la décision attaquée du 8 décembre 2023, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été présenté le 13 décembre suivant à l’adresse à laquelle la requérante avait déclaré – et déclare toujours – résider, puis a été retourné aux services préfectoraux comme « pli avisé et non réclamé ». Dans ces conditions, la décision litigieuse doit être regardée comme régulièrement notifiée à Mme A.... Par suite, à la date à laquelle elle a déposé une demande d’aide juridictionnelle, soit le 1er mars 2024, le délai de recours contentieux était ainsi expiré. Par suite, la requête de Mme A..., manifestement tardive, doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre chargé de l’outre-mer par application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.

Copie en sera adressée au président du bureau d'aide juridictionnelle.



Fait à Mamoudzou le 22 janvier 2026.







Le magistrat désigné,





F. DUVANEL



La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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