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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2500206

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2500206

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2500206
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A... dirigée contre un arrêté préfectoral du 9 juin 2023 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. La requête, enregistrée le 7 février 2025, a été jugée tardive car introduite au-delà du délai raisonnable d'un an à compter de la date à laquelle l'intéressée a eu connaissance de la décision, en juin 2023. Le tribunal s'est fondé sur le principe de sécurité juridique et les articles R. 222-1 (4°) et R. 421-1 du code de justice administrative pour statuer par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 février 2025, Mme B... A..., née le 20 décembre 1999, doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler l’arrêté du 9 juin 2023 par lequel le préfet de Mayotte a rejeté sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre l’obligation de quitter le territoire français.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Blin, vice-présidente, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : (…) les présidents de formation de jugement des tribunal (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il a eu connaissance de la décision qui lui est opposée, qu’elle soit explicite, implicite ou révélée par ses effets à l’égard de l’intéressée.

Si Mme A... soutient ne pas avoir reçu notification de l’arrêté du 9 juin 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dont elle demande l’annulation, elle ajoute cependant en avoir été informée par message téléphonique à une date non précisée. L’intéressée doit ainsi être réputée avoir eu connaissance de cet arrêté en juin 2023, date à partir de laquelle le délai raisonnable d’un an a commencé à courir. Par suite, la requête sommaire de Mme A..., qui a été enregistrée le 7 février 2025, est tardive et doit être rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée au préfet de Mayotte.


Fait à Mamoudzou, le 25 février 2025.


La présidente de la 2ème chambre,




A. BLIN



La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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