jeudi 14 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2501443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SADASSIVAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juillet 2025 sous le n° 2501443, M. B A, représenté par Me Sadassivam, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 9 avril 2025 par laquelle le directeur exécutif de La Poste de Mayotte lui a infligé la sanction de l'exclusion temporaire pour une durée de 18 mois dont 6 mois avec sursis ;
2°) d'ordonner sa réintégration provisoire ;
3°) de mettre à la charge de La Poste une somme de 4 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est urgent de suspendre la sanction litigieuse, qui a pour effet de le priver de ses revenus sur une longue période et de l'empêcher de faire face à ses lourdes charges familiales ;
- l'information sur les faits reprochés ne lui a pas été donnée en temps utile et de façon suffisante ;
- il a été irrégulièrement convoqué devant le conseil de discipline, n'ayant pas disposé d'un délai suffisant ;
- le conseil de discipline n'était pas régulièrement composé et le quorum n'a pas été respecté ;
- les droits de la défense ont été méconnus ;
- la sanction repose sur des faits matériellement inexacts et dépourvus de caractère fautif ;
- les faits reprochés concernent son activité syndicale ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2025, La Poste représentée par
Me Bellanger, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de
M. A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée le 25 juin 2025 sous le n° 2501202 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision susmentionnée.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui a eu lieu le 8 août 2025 à 15 heures, le juge des référés siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 du code de justice administrative, M. C étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;
- les observations de Me Sadassivam, pour le requérant, et de M. A lui-même ; ils insistent sur l'urgence de la situation et confirment les conclusions et moyens du référé ;
- les observations de Me Guérin substituant Me Bellanger, pour La Poste, qui confirme les écritures en défense.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Par la décision litigieuse en date du 9 avril 2025, prise à l'issue de la procédure disciplinaire engagée à l'encontre de M. A, postier relevant du statut de fonctionnaire et disposant de plusieurs mandats de représentant du personnel, le directeur exécutif de La Poste de Mayotte a prononcé à l'encontre de l'intéressé la sanction de l'exclusion temporaire pour une durée de 18 mois dont 6 mois avec sursis. Il résulte des motifs de cette décision qu'il est fait grief à M. A d'avoir brandi, lors d'un mouvement social en septembre 2022, une banderole comportant des propos outrageants à l'égard du directeur, d'avoir réitéré par écrit des propos diffamants en juillet 2023, d'avoir abondamment fait usage de son téléphone professionnel à des fins personnelles en début d'année 2023, d'avoir accusé à tort son supérieur hiérarchique de faits de violence dans le cadre d'une déclaration d'accident de service effectuée en mai 2023, de s'être immiscé anormalement dans les opérations de contrôle menées par des agents des douanes en juin 2023 et d'avoir fait preuve d'un absentéisme injustifié à de multiples reprises.
3. En l'état de l'instruction, il n'apparaît pas que les moyens tirés de l'inexactitude matérielle ou du caractère non fautif de chacun des faits reprochés soient de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la sanction litigieuse. De même, les autres moyens invoqués, tirés de l'insuffisance ou de la tardiveté de l'information donnée sur les faits reprochés, de l'irrégularité de la convocation devant le conseil de discipline, de la composition irrégulière de cette instance, du non-respect du quorum, de la violation des droits de la défense, du lien susceptible d'être constaté entre les griefs et l'activité syndicale et du caractère disproportionné de la sanction d'exclusion temporaire pour une durée de 18 mois dont 6 mois avec sursis, ne sont pas propres à générer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué.
4. Par suite, alors même que M. A, confronté à la privation de son salaire de postier pour une longue période alors que ses charges familiales sont particulièrement importantes, justifie indiscutablement d'une situation d'urgence, la requête en référé-suspension ne peut qu'être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir la demande présentée par La Poste au titre des frais que cette société a exposés pour sa défense.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par La Poste au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la société La Poste.
Fait à Mamoudzou, le 14 août 2025.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026