Le Tribunal Administratif de Mayotte a été saisi par Mme A... B... de demandes d’injonction et d’indemnisation contre la commune de Sada, relatives à une expropriation. Le juge a joint les deux requêtes. Il a constaté que le litige portait sur une expropriation et relevait, en application du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique, de la compétence exclusive du juge judiciaire de l’expropriation. En conséquence, le tribunal a rejeté les requêtes comme portées devant une juridiction administrative incompétente, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n°2501513 le 31 juillet 2025, Mme C... A... B... demande au tribunal :
1°) d’enjoindre à la commune de Sada de lui restituer la parcelle cadastrée AC 52 ou une autre parcelle, en statuant sur la désignation cadastrale des parcelles AC 52 et AC 50 ;
2°) de condamner la commune à l’indemniser du préjudice subi du fait de cette expropriation abusive.
II. Par une requête enregistrée sous le n°2501862 le 27 août 2025, Mme C... A... B... demande au tribunal :
1°) d’enjoindre à la commune de Sada de lui restituer la parcelle cadastrée AC 52 ou une autre parcelle, en statuant sur la désignation cadastrale des parcelles AC 52 et AC 502 ;
2°) de condamner la commune à l’indemniser du préjudice subi du fait de cette expropriation abusive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’expropriation pour cause d’utilité publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
Les requêtes n° 2501513 et n° 2501862, présentées par Mme A... B..., ont le même objet. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…). »
Aux termes de l’article L. 211-1 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique : « Dans chaque département, il est désigné au moins un juge de l’expropriation parmi les magistrats du siège d’un tribunal judiciaire de ce département. / (…) ». Selon l’article R. 211-1 dudit code, « La juridiction de l'expropriation mentionnée à l'article L. 211-1 a son siège auprès du tribunal judiciaire du chef-lieu du département, ou, à défaut, du tribunal judiciaire désigné, dans ce département, par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice. ». Aux termes de l’article R. 311-9 du même code : « A défaut d’accord dans le délai d’un mois à compter soit de la notification des offres de l’expropriant effectuée conformément aux articles R. 311-4 et R. 311-5, soit de la notification du mémoire prévue à l’article R. 311-6, soit de la mise en demeure prévue à l’article R. 311-7, le juge peut être saisi par la partie la plus diligente. / (…) ».
Par les requêtes n° 2501513 et n° 2501862, Mme A... B... demande au tribunal d’enjoindre à la commune de Sada de lui restituer la parcelle en litige et de condamner la commune à lui verser une indemnité à la suite de son expropriation. Toutefois, un tel litige ne relève pas, en application des dispositions citées au point précédent, de la compétence du juge administratif.
Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions des requêtes de Mme A... B... comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes présentées par Mme A... B... sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... B....
Fait à Mamoudzou le 26 novembre 2025.
Le président de la 3e chambre,
Ch. BAUZERAND
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.