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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2501741

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2501741

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2501741
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBEN SLAMIA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte a rejeté la requête de M. A... contre la décision du préfet de Mayotte du 25 juin 2025 classant sans suite sa demande de naturalisation pour dossier incomplet. Le juge a estimé que cette décision de classement, prise en application de l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, ne constitue pas une décision faisant grief et n’est donc pas susceptible d’un recours pour excès de pouvoir. La requête a été jugée manifestement irrecevable sur le fondement de l’article R. 222-1 (4°) du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 août 2025, M. B... A..., représenté par Me Ben Slamia, demande au tribunal d’annuler la décision du 25 juin 2025 par laquelle le préfet de Mayotte a classé sans suite sa demande de naturalisation en raison de son incomplétude.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l’application du décret n°93-1362, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l’administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d’acquisition ou de la perte de la nationalité ;
l’arrêté du 12 mars 2020 fixant les conditions de délivrance de l'attestation de comparabilité prévue aux a du 10° de l'article 14-1 et a du 9° de l'article 37-1 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

Aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Il ressort des termes de la décision portant classement sans suite attaquée que la demande d’acquisition de la nationalité française formulée par M A... était incomplète, en dépit d’une demande de pièces formulée par la préfecture de Mayotte le 30 juillet 2024 pour compléter l’instruction, sollicitant notamment une attestation de comparabilité d’un diplôme de licence mentionnant que les études ont été suivies en français ou un diplôme équivalent au niveau B1. Faire valoir que l’université des Comores suit un système francophone, ne permet pas de justifier que M A... aurait effectivement produit les documents demandés et aurait déposé un dossier complet au soutien de sa demande de naturalisation. Dans ces conditions, la décision portant classement sans suite de sa demande d’acquisition de la nationalité française n’a pas le caractère d’une décision faisant grief et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.

Il résulte de ce qui précède que la présente requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Il y a toutefois lieu de préciser que la présente décision ne fait pas obstacle à ce que M. A... formule, s’il s’y croit fondé, une nouvelle demande d’accès à la nationalité française.



O R D O N N E:



Article 1er : La requête de M A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M B... A....




Copie en sera adressée pour information au préfet de Mayotte.


Fait à Mamoudzou, le 15 octobre 2025.


Le président de la 3ème chambre,



Ch. BAUZERAND

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





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