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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502458

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502458

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502458
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CASSEL (SELAFA)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé, rejette la demande de suspension présentée par Mme A... concernant le refus du centre hospitalier de Mayotte de reconnaître l’imputabilité au service de son accident du 10 novembre 2021. La requérante invoquait une urgence liée à une diminution de sa rémunération, mais le juge estime que les relevés de comptes fournis ne démontrent pas un préjudice suffisamment grave et immédiat en lien direct avec la décision contestée, notifiée en avril 2024. La condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas remplie, la requête est rejetée, y compris les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par le cabinet Cassel, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du directeur du centre hospitalier de Mayotte du 26 avril 2024 rejetant sa demande de reconnaissance d’imputabilité au service de son accident du 10 novembre 2021 ;

2°) d’enjoindre au centre hospitalier de Mayotte de réexaminer sa situation sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du prononcé de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Mayotte le paiement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle subit une diminution sensible de sa rémunération et ne perçoit plus aucun traitement depuis le 29 septembre 2025 ;
- les moyens tirés de l’incompétence du signataire, du vice de procédure pour défaut de saisine du conseil médical et d’erreur manifeste d'appréciation sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Vu :
- la requête n° 2402486 tendant à l’annulation de la décision du 26 avril 2024.
- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3, le juge des référés peut rejeter la requête sans instruction ni audience « lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ».

2. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte de l’instruction que, par décision du 26 avril 2024, le directeur du centre hospitalier de Mayotte a refusé de reconnaître comme imputable au service l’accident déclaré par Mme A... le 9 novembre 2021. Pour caractériser l’urgence qu’il y aurait à suspendre cette décision, la requérante se borne toutefois à invoquer une situation de précarité financière en joignant des relevés de comptes de juillet à septembre 2025, qui n’attestent pas d’une situation critique et n’apparaissant pas en lien direct, en tout état de cause, avec la décision litigieuse, qui lui a été notifiée au mois d’avril 2024. Dans ces conditions, elle ne justifie pas de l’existence d’un préjudice suffisamment grave et immédiat qu’emporterait cette décision sur sa situation. Il suit de là que la condition d’urgence exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que, l’une des conditions cumulatives du référé-suspension n’étant pas remplie, la requête ne peut qu’être rejetée, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Mamoudzou, le 30 octobre 2025.


Le juge des référés,




T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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