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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502622

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502622

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502622
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante comorienne, qui demandait d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour "étudiant". La requérante invoquait l'urgence liée à son inscription universitaire, mais n'a pas produit de preuves suffisantes de ses multiples tentatives infructueuses sur la plateforme de rendez-vous en ligne. Le juge a estimé que la condition d'utilité de la mesure sollicitée n'était pas remplie, en application des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires non communiqués, enregistrés les 13, 14, 20 novembre et 16 décembre 2025, Mme C... A..., doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures, d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui communiquer une date de rendez-vous aux fins de dépôt d’une demande de titre de séjour « étudiant ».

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle ne peut finaliser son inscription à l’université de La Réunion pour l’année scolaire 2025-2026, qui a d’ores et déjà débuté depuis le mois de juillet et se trouve dans l’impossibilité d’assister aux cours de la formation choisie ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle a tenté vainement à plusieurs reprises d’obtenir un rendez-vous à la préfecture de Mayotte par le biais du téléservice ;
- la mesure sollicitée, par son caractère provisoire, ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

4. En l’espèce, Mme B... A..., ressortissante comorienne, née le 17 février 2006, fait valoir que la précarité de sa situation administrative fait obstacle à la finalisation de son inscription à l’université de La Réunion pour l’année scolaire en cours et soutient se trouver dans l’impossibilité d’assister aux cours de la formation au sein de laquelle elle a été admise. Toutefois, si l’intéressée se prévaut de ses vaines démarches en vue d’obtenir un rendez-vous au sein des locaux de la préfecture par le biais du téléservice prévu à cet effet, ainsi que par courriel électronique, elle ne produit aucune pièce justifiant des multiples tentatives alléguées sur des jours et des semaines différents par le biais de la plateforme dématérialisée prévue à cet effet. Par suite, la condition d’utilité exigée par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, ne peut être regardée, en l’espèce, comme remplie. Il y a lieu de rejeter la requête de Mme B... A... en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du même code.




ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....

Copie en sera transmise au préfet de Mayotte.


Fait à Mamoudzou, le 22 décembre 2025.


La juge des référés,




A. KHATER


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.











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