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Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2615069

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2615069
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 août 2026 et le 21 septembre 2026, M. B... A... demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône :

- à titre principal, de lui remettre un récépissé de sa demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures ;

- à titre subsidiaire, de mettre à sa disposition, dans le même délai, un document provisoire de séjour ;

- à défaut, d’examiner et enregistrer son dossier et de lui indiquer les documents éventuellement manquants ;

2°) d’assortir l’injonction prescrite d’une astreinte de 100 euros par jour de retard.

La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la décision du 1er juillet 2024 du président du tribunal désignant M. C... pour exercer les fonctions de juge des référés prévues au livre V du code de justice administrative.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. »

2. Ressortissant tunisien né le 12 septembre 2001, M. A... s’est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour valable jusqu’au 15 août 2026, portant la mention « étudiant en recherche d’emploi ». Il en a sollicité le renouvellement le 20 juillet 2026 au moyen du téléservice « démarche numérique ». M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui remettre un nouveau document provisoire de séjour ou, à défaut, d’examiner le dossier qu’il a déposé et de lui réclamer les documents éventuellement manquants.

3. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention d’un document de séjour, la condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce document.

4. M. A... qui était titulaire d’une autorisation provisoire de séjour portant la mention « étudiant en recherche d’emploi » en sollicite le renouvellement. Il suit de là que la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.

5. Il ne résulte pas de l’instruction que le dossier déposé par M. A... soit incomplet, le préfet des Bouches-du-Rhône qui s’est abstenu de produire un mémoire en défense en dépit de la communication qui lui a été faite de la requête, ne l’alléguant au demeurant pas. Le requérant doit dès lors être regardé comme admis à souscrire une telle demande d’autorisation provisoire de séjour et comme ayant droit, par suite, à ce qu’un tel document lui soit remis.

6. Par ailleurs, la prescription de la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

7. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à M. A... une autorisation provisoire de séjour portant la mention « étudiant en recherche d’emploi », d’une durée de six mois, en renouvellement de celle qu’il lui a remise le 16 février 2026.

8. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer contre l’État, à défaut pour le préfet des Bouches-du-Rhône de justifier de l’exécution de la présente ordonnance dans un délai de dix jours à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu’à la date à laquelle cette ordonnance aura reçu exécution.



ORDONNE


Article 1er : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre à M. A..., dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour d’une durée de six mois portant la mention « étudiant en recherche d’emploi ».

Article 2 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l’encontre de l’État s’il n’est pas justifié de l’exécution de la présente ordonnance dans le délai mentionné à l’article 1er ci‑dessus. Le préfet des Bouches-du-Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter la présente ordonnance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet des Bouches-du-Rhône.


Fait à Marseille, le 1er octobre 2026.

Le juge des référés,


Signé


T. C...

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,