lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2000876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JUGE STATUANT SEUL |
| Avocat requérant | SCHLOSSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 4 mai 2020, le 27 avril 2021 et le 13 janvier 2022, Mme D E, représentée par Me Schlosser, membre de AARPI HSDP Avocats, demande au tribunal :
1°) de lui accorder à titre provisoire l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 28 novembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Calvados refuse le remboursement de l'ensemble des trop perçus réclamés par la caisse d'allocations familiales du Calvados et le conseil départemental du Calvados, et a minima la demande de remise gracieuse ;
3°) d'enjoindre au conseil départemental du Calvados et à la caisse d'allocations familiales du Calvados de restituer l'intégralité des sommes déjà prélevées, tant au titre des prestations familiales qu'au titre de la pénalité administrative, d'annuler les prélèvements en cours et de reconstituer les droits à prestations familiales sur la période 2014-2016 dans un délai de 15 jours ;
4°) de condamner le conseil départemental du Calvados et la caisse d'allocations familiales du Calvados à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral ;
5°) à titre subsidiaire, de se prononcer sur la demande de remise gracieuse ;
6°) de condamner l'Etat à verser à Me Schlosser la somme de 3 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de son renoncement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- par un jugement du 12 juin 2019 du Tribunal de grande instance de Caen devenu définitif, elle a été relaxée des poursuites pour fraude engagées à son encontre ;
- la décision du 28 novembre 2019 est entachée d'un vice de procédure pour absence de consultation préalable de la commission de recours amiable ;
- la décision du 28 novembre 2019 n'est pas une décision confirmative de la décision du 19 juillet 2017 dès lors que le montant de l'indu est plus élevé et que la décision fait suite à une nouvelle circonstance de fait suite au jugement rendu par le tribunal correctionnel qui l'a relaxée ;
- la décision du 28 novembre 2019 ne comporte pas l'indication des voies et délais de recours ;
- elle a effectué une réclamation préalable le 12 février 2021 ;
- l'administration a commis une erreur d'appréciation concernant l'indu de revenu de solidarité active et les autres prestations familiales : elle n'a pas commis de fausse déclaration sur sa situation familiale, son conjoint a quitté le foyer en février 2015 pour habiter chez sa mère et non en février 2016 ;
- elle a toujours informé la caisse d'allocations familiales de sa situation, son conjoint a effectué de fausse déclaration sur son domicile ;
- sa situation est précaire : elle élève seule ses trois enfants et doit assumer les charges du foyer, alors qu'elle se trouve actuellement sans emploi depuis février 2019 après avoir alterné depuis 2012 des périodes d'activité salariée et de chômage ;
- elle bénéficie de l'aide au logement, du revenu de solidarité active et de l'allocation de soutien familial.
Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2021, le président du conseil départemental du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre la décision du 28 novembre 2019, qui est une décision confirmative de celle du 19 juillet 2017, sont irrecevables ;
- la requête dirigée contre la décision du 28 novembre 2019 est forclose ;
- la demande indemnitaire n'a pas été précédée d'une demande préalable ;
- l'absence de consultation préalable de la commission de recours amiable est prévue par une convention du 17 juin 2009 passée entre le département et la caisse d'allocations familiales ;
- les indus sont légalement fondés ;
- la fausse déclaration fait obstacle à toute remise de dette.
Par un mémoire enregistré le 15 juin 2021, la caisse d'allocations familiales du Calvados conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- la vie maritale a débuté le 23 août 2013 et s'est terminée le 27 février 2016 ;
- l'indu d'allocation de soutien familial et la pénalité administrative relève de la compétence du tribunal judiciaire ;
- le jugement du tribunal correctionnel ne remet pas en cause l'existence de la vie maritale sur la période en litige ;
- elle n'a jamais transmis de réclamation préalable pour la demande indemnitaire ;
- les indus sont légalement fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-1870 du 30 décembre 2015 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active ;
- le code de justice administrative.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 juin 2020.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Hourmant, substituant Me Schlosser, représentant Mme E, et de M. C, représentant le département du Calvados.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E bénéficiait du revenu de solidarité active depuis le 1er avril 2014. Suite à des contrôles de la situation de l'intéressée, la caisse d'allocations familiales du Calvados a considéré que Mme E vivait maritalement avec M. A du 23 août 2013 au 27 février 2016. Par courrier du 24 février 2017, la caisse d'allocations familiales du Calvados lui a notifié des indus d'aide au logement d'un montant de 992.80 euros, de revenu de solidarité active d'un montant de 2 622,72 euros et d'allocation de soutien familial d'un montant de 3 053,46 euros, pour la période du 1er février 2015 au 31 janvier 2016. Elle lui a adressé un courrier le 6 avril 2017 lui indiquant que la fraude était retenue et, par décision du 23 mai 2017, lui a notifié une pénalité administrative d'un montant de 350 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Par courrier du 2 mai 2017, le président du conseil départemental du Calvados confirmait les indus générés, l'informait d'un dépôt de plainte et lui indiquait que des indus étaient générés sur une période supplémentaire allant du 1er janvier 2014 au 30 janvier 2015. Mme E a exercé un recours administratif le 2 juin 2017 à l'encontre des décisions du 24 février et 2 mai 2017 auprès du président du conseil départemental du Calvados, qui l'a rejeté par une décision du 19 juillet 2017. Elle a exercé un autre recours administratif le même jour à l'encontre des décisions du 24 février, 10 mars, 17 mai, 6 avril et 23 mai 2017 auprès de la caisse d'allocations familiales du Calvados qui a été rejeté le 3 juillet 2017. Par courrier du 4 novembre 2019, Mme E a demandé au président du conseil départemental de réétudier sa situation à l'aune d'un jugement du Tribunal correctionnel du 12 mai 2019 qui l'a relaxée des fins de poursuite pour fraude. Le président du conseil départemental du Calvados l'a informé le 28 novembre 2019 qu'elle restait redevable de l'indu de revenu de solidarité active. Par cette requête, Mme E demande au tribunal d'annuler la décision du 28 novembre 2019, d'enjoindre au conseil départemental du Calvados et à la caisse d'allocations familiales du Calvados de restituer l'intégralité des sommes déjà prélevées, tant au titre des prestations familiales qu'au titre de la pénalité administrative, d'annuler les prélèvements en cours et de reconstituer les droits à prestations familiales sur la période 2014-2016 et de condamner le conseil départemental du Calvados et la caisse d'allocations familiales du Calvados à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgences, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Par décision du 11 juin, 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme E à l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle est devenue sans objet.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la caisse d'allocations familiales du Calvados tiré de l'incompétence du tribunal pour statuer en matière d'allocation de soutien familial et de pénalité administrative :
En ce qui concerne l'allocation de soutien familial :
3. L'article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015, tel que modifié par le décret du 29 octobre 2018, prévoit que : " () lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours () ".
4. En vertu de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et règlementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales comprennent : 6°) l'allocation de soutien familial () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs au bénéfice des prestations familiales énumérées à l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale, relèvent de la compétence des tribunaux judiciaires. Dès lors, le litige soulevé par la requête de Mme E, en tant qu'il concerne l'indu d'allocation de soutien familial, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative mais de celle de la juridiction judiciaire. Dans ces conditions, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête de Mme E en tant qu'elle est dirigée contre des indus d'allocation de soutien familial au Tribunal judiciaire de Caen compétent pour statuer sur ces conclusions en application des articles L. 211-16 et D. 211-10-3 du code de l'organisation judiciaire.
En ce qui concerne la pénalité administrative :
6. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : / 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; () / La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. () ".
7. Les pénalités administratives prononcées en application de ces dispositions relèvent de la compétence du Tribunal judiciaire. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la pénalité administrative d'un montant de 1 220 euros, prise en application des dispositions de l'article L. 114-17 du code de sécurité sociale, qui lui a été infligée le 14 décembre 2018, et la décision du 2 janvier 2019 portant rejet de son recours gracieux, ne relèvent pas de la compétence du Tribunal administratif et doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur le bien-fondé des indus :
En ce qui concerne le revenu de solidarité active :
8. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
9. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ". La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 17 juin 2009 entre le département du Calvados et la caisse d'allocations familiales du Calvados prévoit, en son article 4.3, que le conseil général examine les recours administratifs des allocataires sans soumettre au préalable les dossiers pour avis à la caisse d'allocations familiales. Par suite, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission de recours amiable doit être écarté.
10. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu garanti est calculé, pour chaque foyer, en faisant la somme : 1° D'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer ; 2° D'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 262-9 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; () Est considérée comme isolée une personne () séparée (), qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un () concubin () ses ressources et ses charges () ". Selon le premier alinéa de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent () l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Selon l'article R. 262-7 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'allocation sont égales à la moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande () ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
12. Mme E était attributaire des prestations sociales en tant que personne isolée. L'indu de revenu de solidarité active litigieux a pour origine la circonstance qu'elle vivait maritalement avec M. A sur la période du 23 août 2013 au 27 février 2016. Mme E se prévaut de l'autorité de la chose jugée dès lors que, par un jugement du Tribunal correctionnel en date du 3 juin 2019, devenu définitif, elle a été relaxée des fins de poursuite pour fraude et qu'ainsi, le tribunal aurait reconnu qu'elle n'avait commis aucune fausse déclaration et qu'elle ne vivait pas maritalement avec M. A sur la période en litige. Toutefois, il résulte de l'instruction que le tribunal a prononcé la relaxe de la requérante sans se prononcer explicitement sur l'exactitude matérielle des faits qui lui étaient reprochés. La décision rendue ainsi rédigée : " Attendu qu'il ressort des éléments du dossier et des débats qu'il convient de relaxer des fins de la poursuite E Harmonie ", en admettant même qu'elle lui retire son caractère d'infraction pénale, ne dénie pas l'exactitude matérielle de la vie commune dont l'absence de déclaration est reprochée à Mme E. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête réalisé par un agent de contrôle de la caisse d'allocations familiales, que Mme E a déclaré elle-même, le 15 septembre 2016, avoir vécu maritalement avec M. A sur la période du 23 août 2013 au 27 février 2016 et être séparée depuis février 2016, alors qu'elle avait attesté vivre seule lors d'un précédent contrôle en février 2015. La période de vie maritale retenue est corroborée par une première grossesse qui a débuté en mai 2013, qui s'est terminée par une naissance sans vie d'un enfant, reconnu par M. A, le 30 septembre 2013 et une seconde grossesse, déclarée le 27 mars 2014, qui a donné lieu à la naissance d'un enfant le 4 septembre 2014 et par un emménagement de Mme E dans une nouvelle habitation le 23 août 2013. Il est également relevé que M. A ne verse pas de pension alimentaire. Un procès-verbal d'huissier en date du 16 mars 2015 a établi que M. A était domicilié à l'adresse de Mme E à cette date. Mme E a également déclaré une reprise de vie maritale à compter du 6 septembre 2014, deux jours après la naissance de son enfant. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des éléments de l'instruction, l'existence d'une vie maritale est avérée sur la période en litige. Par suite, c'est à bon droit que le conseil départemental du Calvados et la caisse d'allocations familiales du Calvados ont notifié les indus résultant de la prise en compte de la vie maritale. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fins de non-recevoir opposées par le département du Calvados et la caisse d'allocations familiales du Calvados, les conclusions de Mme E relatives au bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active doivent être rejetées.
En ce qui concerne la prime exceptionnelle de fin d'année 2015 :
14. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active est légalement fondé, ainsi qu'il a été vu au point précédent. Dans ces conditions, Mme E ne pouvait percevoir une prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2015 dès lors qu'elle ne pouvait prétendre au revenu de solidarité active au cours des mois de novembre et décembre de la même année.
Sur la demande de remise dette :
15. Ainsi qu'il a été vu au point 13, Mme E doit être regardée comme ayant commis de fausses déclarations concernant sa situation familiale. Dans ces conditions, Mme E qui fait état de sa bonne foi et de la précarité de sa situation financière, au demeurant non établie, ne peut, en tout état de cause, prétendre à une remise de dette.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions tendant à la condamnation du département à lui verser une indemnité au titre des préjudices subis :
17. Mme E n'établissant pas l'illégalité des décisions d'indus, les conclusions indemnitaires de la requête tendant au versement d'une somme au titre des préjudices subis ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que le conseil de Mme E demande au titre desdites dispositions soit mise à la charge du département du Calvados qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme E relatives à l'allocation de soutien familial et la pénalité administrative sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à la caisse d'allocations familiales du Calvados et au département du Calvados.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
SIGNÉ
B. B
La greffière,
SIGNÉ
A. GODEY
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
A. Godey
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026