jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2001628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JUGE STATUANT SEUL |
| Avocat requérant | JOURDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2020, complétée par des pièces produites le 4 septembre 2020, le préfet de la Manche défère au tribunal la commune de Blainville-sur-mer comme prévenue d'une contravention de grande voirie, et demande au tribunal :
1°) de constater que les faits établis par le procès-verbal dressé le 9 juillet 2020 constituent une contravention de grande voirie, prévue et réprimée par l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques, et condamne la commune de Blainville-sur-mer à l'amende prévue à l'article L. 2132-26 du même code ;
2°) d'enjoindre à ladite commune de procéder à la remise en état des lieux.
Le préfet de la Manche soutient que :
- la commune a procédé à un enrochement non autorisé sur le domaine public maritime qui contrevient aux dispositions de l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- ces faits, constitutifs d'une contravention de grande voirie, sont punis de l'amende prévue pour les contraventions de cinquième classe ;
- la commune doit procéder à la remise en état des lieux.
Par des mémoires enregistrés les 23 novembre 2020 et 22 juin 2022, la commune de Blainville-sur-mer, représentée par Me Jourdan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions, de rejeter la requête du préfet de la Manche et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
La commune fait valoir que :
- l'urgence des travaux justifiait l'exercice par le maire de son pouvoir de police ;
- le cas de force majeure dans lequel elle s'est trouvée et la faute de l'Etat l'exonèrent de toute poursuite ;
- la remise en l'état des lieux serait plus nuisible qu'utile.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 9 juillet 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 juin 2022, M. B a prononcé son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Berrivin, rapporteur public,
- les observations de M. A, représentant le préfet de la Manche, et celles de Me Jourdan pour la commune de Blainville-sur-mer.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Blainville-sur-mer a décidé en mars 2020 d'implanter un enrochement d'environ 40 m2 sur le domaine public maritime, au lieu-dit " le Grand Herbet ", au droit de la parcelle AX n° 58 dont elle est propriétaire. Le 20 mai 2020, un agent de la direction départementale des territoires et de la mer de la Manche a constaté la présence de cet ouvrage alors que la commune ne disposait d'aucune autorisation. Le 9 juillet 2020, cet agent a dressé un procès-verbal de grande voirie pour atteinte au domaine public maritime. Par la présente requête, le préfet de la Manche demande la condamnation de la commune de Blainville-sur-mer au paiement de l'amende de cinquième classe prévue par l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques et à la remise en état des lieux.
Sur la contravention de grande voirie :
En ce qui concerne le bien-fondé des poursuites :
2. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2132-3 du même code : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende. Nul ne peut en outre, sur ce domaine, procéder à des dépôts ou à des extractions, ni se livrer à des dégradations ".
3. D'une part, il résulte des dispositions précitées que la réalisation sans autorisation de travaux d'enrochement sur le domaine public maritime, ainsi que l'occupation du domaine public qui en résulte, présentent le caractère d'une contravention de grande voirie qui est prévue et réprimée par le code général de la propriété des personnes publiques.
4. D'autre part, en matière de contravention de grande voirie, l'infraction s'apprécie de façon objective et purement matérielle. L'auteur d'une contravention de grande voirie ne peut être relaxé des fins de la poursuite exercée contre lui que s'il établit, soit un cas de force majeure, soit une faute de l'administration assimilable par sa gravité à un cas de force majeure.
5. Il résulte de l'instruction que ni la circonstance que les travaux incriminés ont été réalisés en urgence par la commune de Blainville-sur-mer, dans le cadre de l'exercice des pouvoirs de police confiés à l'autorité chargée de la police municipale, en vue de prévenir un risque de submersion marine à cause de conditions météorologiques défavorables, ni la circonstance que le gestionnaire du domaine public maritime a refusé de faire droit aux demandes d'autorisation présentées par la commune pour la réalisation de ces travaux, ne constituent une cause exonératoire assimilable à un cas de force majeure.
6. Il suit de ce qui précède que la poursuite intentée devant le tribunal à l'encontre de la commune de Blainville-sur-mer est bien fondée.
En ce qui concerne l'action publique :
7. Aux termes de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal () ". Aux termes de l'article 131-13 du code pénal : " () le montant de l'amende est le suivant : () 5° 1 500 euros au plus pour les contraventions de la cinquième classe () ".
8. En vertu des dispositions combinées des articles 9 et 9-2 du code de procédure pénale, l'action publique des contraventions se prescrit par une année révolue à compter du jour où l'infraction a été commise, ou à compter de tout acte d'instruction ou de poursuite.
9. En l'espèce, plus d'un an s'est écoulé entre la communication de la saisine présentée par le préfet de la Manche, le 31 août 2020, et celle de l'inscription au rôle de l'audience le 28 juin 2022. Il s'ensuit que, par application des dispositions mentionnées au point précédent, l'action publique est prescrite et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne l'action domaniale :
10. Si l'action publique se trouve prescrite, cette prescription ne s'applique pas, en raison de l'imprescriptibilité du domaine public, à la réparation des dommages causés à ce domaine. Dès lors, il y a lieu de statuer sur la présente action tendant à cette réparation.
11. Lorsque le juge administratif est saisi d'un procès-verbal de contravention de grande voirie, il ne peut légalement décharger le contrevenant de l'obligation de réparer les atteintes portées au domaine public qu'au cas où le contrevenant produit des éléments de nature à établir que le dommage est imputable, de façon exclusive, à un cas de force majeure ou à un fait de l'administration assimilable à un cas de force majeure.
12. Dès lors, il y a lieu, au titre de l'action domaniale, de condamner la commune de Blainville-sur-mer à retirer les enrochements qu'elle a fait poser et à remettre en état la dépendance du domaine public maritime dont l'occupation a été constatée par le procès-verbal de contravention de grande voirie du 9 juillet 2020. Si des projets de travaux intercommunaux sont prévus afin de protéger le trait de côte menacé par l'érosion marine, sous l'égide de l'Etat, il appartiendra aux autorités compétentes de coordonner la remise en état des lieux avec la réalisation de ces projets.
13. Si le préfet de la Manche ne propose pas de délai d'exécution, à l'évidence une remise en état des lieux ne peut pas être prescrite en l'espèce sans qu'un délai soit prévu. Il ressort de l'instruction qu'il y a lieu d'assortir l'injonction d'un délai de six mois.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais d'instance par la commune de Blainville-sur-mer soient mises à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'action publique.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Blainville-sur-mer de remettre en état les lieux dont l'occupation irrégulière a été constatée par le procès-verbal de contravention de grande voirie du 9 juillet 2020, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La demande de la commune de Blainville-sur-mer formée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera adressé au préfet de la Manche pour notification à la commune de Blainville-sur-mer dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
X. B
La greffière,
Signé
A. GODEY
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026