vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2002484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AGOSTINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 décembre 2020 et le 13 avril 2021, Mme D B et M. A B, représentés par Me Enguehard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2020 par laquelle le maire de la commune d'Ouville a implicitement rejeté la demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les atteintes à la salubrité et à la tranquillité publique, inhérentes à l'utilisation du terrain de moto-cross situé à proximité de leur propriété et géré par l'association du moto-cross d'Ouville ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Ouville de prendre toutes les mesures pour faire cesser les troubles ;
3°) d'ordonner à titre subsidiaire et avant-dire droit une expertise afin d'établir et de constater les nuisances et leur intensité ;
4°) de procéder à titre subsidiaire à une visite sur les lieux ;
5°) de mettre à la charge de la commune d'Ouville une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée :
- est illégale en violation de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;
- est illégale en l'absence de permis d'aménager en application de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
- est illégale en l'absence d'autorisation préfectorale en application de l'article L. 362-3 du code de l'environnement ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 mars et le 27 avril 2021, le maire de la commune d'Ouville, représenté par Me Agostini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme et M. B une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Hourmant substituant Me Agostini, représentant la commune d'Ouville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B et M. A B, résidents de la commune d'Ouville à proximité d'un terrain de moto-cross, ont sollicité, par un courrier en date du 11 août 2020 notifié par accusé de réception le 14 août 2020, le maire de la commune afin qu'il exerce ses pouvoirs de police pour prendre toute mesure utile en vue de faire cesser les troubles sonores et les retombées d'un nuage de poussières inhérents à l'activité sportive sur le terrain de moto-cross. Par le silence gardé par le maire de la commune, une décision implicite de rejet est née le 14 octobre 2020. Celle-ci fait l'objet du présent litige.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique () les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique () ". Aux termes de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : [] g) L'aménagement d'un terrain pour la pratique des sports ou loisirs motorisés ".
3. Mme et M. B invoquent les dispositions de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme pour soutenir que le maire de la commune d'Ouville devait intervenir au titre de ses pouvoirs de police. Cependant, ces dispositions ne trouvent pas à s'appliquer dès lors que la décision implicite du maire qui est contestée n'avait pas pour objet de se prononcer sur un projet d'urbanisme. La circonstance que le terrain de moto-cross n'ait pas été autorisé en application de ces dispositions ne constituait pas le fondement de la demande d'intervention dont les requérants ont saisi le maire de la commune d'Ouville le 11 août 2020. Ainsi, ces dispositions ne pouvaient constituer le fondement d'une action dudit maire au titre de ses pouvoirs de police. Le moyen doit dès lors être regardé comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 362-3 du code de l'environnement : " L'ouverture de terrains pour la pratique de sports motorisés est soumise à l'autorisation prévue à l'article L. 421-2 du code de l'urbanisme. Les épreuves et compétitions de sports motorisés sont autorisées, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le préfet [] ". Aux termes de l'article R. 331-37 du code du sport, alors en vigueur : " L'homologation est accordée pour une durée de quatre ans : 1° Par le ministre de l'intérieur, après visite sur place et avis de la Commission nationale d'examen des circuits de vitesse, lorsque la vitesse des véhicules peut dépasser 200 km/ h en un point quelconque du circuit ; 2° Par le préfet du département, après visite et avis de la commission départementale de sécurité routière, dans les autres cas. Le ministre et le préfet annexent à leur arrêté d'homologation le plan-masse du circuit, qui comprend notamment les plans détaillés des zones réservées aux spectateurs prévues à l'article R. 331-21. Toute zone non réservée est strictement interdite aux spectateurs ".
5. Mme et M. B soutiennent que le terrain de motocross litigieux est dépourvu d'autorisation ou d'homologation préfectorale. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet a renouvelé l'homologation du circuit aménagé pour l'usage de moto-cross au lieu-dit " La Blanche Roque " sur la commune d'Ouville le 21 décembre 2018, pour une durée de quatre ans. Le moyen tiré de l'absence d'homologation ou d'autorisation préfectorale manque en fait et doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, l'existence de pouvoirs de police spéciale attribués au préfet ne fait pas obstacle à ce que le maire exerce les pouvoirs de police générale qu'il tient du 2° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, en vertu desquels il lui incombe de prendre les mesures appropriées pour empêcher, sur le territoire de sa commune, notamment les bruits excessifs de nature à troubler le repos et la tranquillité des habitants.
7. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'emplacement par rapport aux habitations et la configuration du terrain de moto-cross ont été pris en compte par le préfet lors de l'homologation du terrain. Les requérants n'apportent aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations selon lesquelles les prescriptions de l'arrêté d'homologation ne seraient pas respectées et le bruit et les poussières engendrées par cette utilisation serait de nature à mettre en péril la tranquillité des riverains. Par suite, il n'est pas établi que le maire de la commune d'Ouville aurait dû de faire usage des pouvoirs de police qu'il tient des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'expertise ni une visite des lieux, que la requête de Mme et M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ouville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme et M. B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Mme et M. B la somme demandée par commune d'Ouville au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à M. A B et au maire de la commune d'Ouville.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
P. C
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026