vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2021, M. A B, représenté par Aarpi Themis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le directeur du centre de détention d'Argentan refusant de lui communiquer la décision ayant ordonné son placement en régime fermé de détention ainsi que le compte rendu d'incident l'ayant justifié, la décision ayant ordonné à l'occasion de ce placement la confiscation de sa montre et de son attèle de la main ainsi que la liste de ses biens figurant à son vestiaire ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre de détention d'Argentan de lui transmettre ces documents dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que les documents demandés sont communicables au sens des dispositions des articles L. 311-1 et L. 311-6 du code des relations entre le public et que, contrairement à qu'indique l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs en date du 9 octobre 2020, aucun document ne lui a été communiqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 20 septembre 2021.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est incarcéré au centre de détention du Havre. Par courrier du 27 mars 2020, il a demandé au directeur du centre de détention d'Argentan, son précédant lieu de détention, de lui communiquer une copie de la décision ayant ordonné son placement en régime fermé de détention ainsi que le compte rendu d'incident l'ayant justifié, la décision ayant ordonné à l'occasion de ce placement la confiscation de sa montre et de son attèle de la main ainsi que la liste de ses biens figurant à son vestiaire. En l'absence de réponse de l'administration, l'intéressé a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) qui a rendu, le 9 octobre 2020, un avis déclarant sans objet la demande. Après avoir renouvelé sa demande le 15 octobre 2020, M. B sollicite, par la présente requête, l'annulation de la décision implicite de refus de communication des décisions en litige, née du silence gardé par le directeur du centre de détention d'Argentan.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs. ". Aux termes de son article L. 300-2 : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions et décisions. ". Enfin, aux termes de son article L. 311-1 : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".
3. Il est constant que M. B a été incarcéré au centre de détention d'Argentan et qu'il y a fait l'objet d'un régime de détention différencié le 9 mars 2020. Il ressort des pièces du dossier que M. B a refusé, le 8 septembre 2020, de se voir notifier la décision du 9 mars 2020 de placement en régime différencié, ainsi que la synthèse des observations établie pour la période du 14 janvier 2020 au 4 mars 2020 et la synthèse issue de la commission pluridisciplinaire unique du 9 mars 2020. Il ressort également des pièces du dossier que la fiche de déclaration d'effets manquants suite à son transfert d'établissement et la liste de ses biens figurant à son vestiaire lui ont été communiquées respectivement les 7 et 8 septembre 2020 par le centre de détention du Havre. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B aurait fait l'objet d'une décision ayant ordonné à l'occasion de ce placement la confiscation de sa montre et de son attèle de la main. Ainsi, en l'absence de tout élément laissant à penser qu'une décision écrite ou qu'un document auraient été établis pour ordonner ces mesures de confiscation, la décision dont ce dernier demande la communication doit être regardée comme matériellement inexistante.
4. Il résulte de ce qui précède que la demande de communication de documents administratifs de M. B est sans objet. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ciaudo et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026