lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HAMRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 février 2021 et le 31 mai 2022, M. B A, représenté par Me Lahalle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Caen ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux formulée par la SAS Phoenix France Infrastructures pour l'installation d'équipements de radiotéléphonie mobile de la société Bouygues Télécom ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Caen et de la société Phoenix France Infrastructures une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les écritures de la ville de Caen sont irrecevables ;
- le signataire de la décision n'était pas compétent ;
- la déclaration préalable de travaux a été signée par la société Spie Citynetworks qui n'avait pas qualité pour solliciter une autorisation d'urbanisme au nom et pour le compte de la société Phoenix France Infrastructures ;
- à défaut pour la société pétitionnaire d'avoir déposé une demande de permis de construire visant à régulariser l'intégralité de la construction sur laquelle les antennes seront implantées, la décision de non-opposition est illégale ;
- le service instructeur et l'architecte des bâtiments de France n'ont pu appréhender l'impact du projet du fait de l'insuffisance du document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet et de l'absence de notice détaillant les matériaux utilisés ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UA 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles UA 11.1 et UA 11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 5 août 2021, la société Phoenix France Infrastructures, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par une intervention enregistrée le 5 août 2021, la société Bouygues Télécom, représentée par Me Hamri, demande que le tribunal rejette la requête de M. A pour les mêmes motifs que ceux exposés par la SAS Phoenix France Infrastructures.
Par des mémoires enregistrés le 22 novembre 2021 et le 7 juin 2022, la commune de Caen conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 398,12 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 8 décembre 1994 portant autorisation d'établissement d'un réseau radioélectrique ouvert au public en vue de l'exploitation d'un service de communication personnelle DCS F 3 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme G,
- et les observations de Me Colas, représentant M. A, de Mme F, représentant la commune de Caen, et de Me Katam, représentant la SAS Phoenix France Infrastructures et la société Bouygues Télécom.
Considérant ce qui suit :
1. La société Phoenix France infrastructures a déposé le 21 juillet 2020 une déclaration préalable pour l'installation de trois antennes sur mâts au 131 rue Basse à Caen. Par l'arrêté attaqué du 11 septembre 2020, le maire de Caen ne s'est pas opposé à l'exécution des travaux déclarés.
Sur l'intervention de la société Bouygues Telecom :
2. La société Bouygues Telecom a intérêt au maintien de la décision attaquée qui autorise l'installation de ses équipements de radiotéléphonie mobile. Ainsi, son intervention est recevable.
Sur la recevabilité des mémoires en défense de la commune de Caen :
3. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal, et de transiger avec les tiers dans la limite de 1 000 € pour les communes de moins de 50 000 habitants et de 5 000 € pour les communes de 50 000 habitants et plus () ". Selon les dispositions de l'article L. 2122-18 de ce même code : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 23 mai 2020, le conseil municipal de Caen a délégué à son maire, pour la durée de son mandat et pour tout contentieux, sa compétence pour défendre la commune dans les actions intentées contre elle. Par une décision du 19 avril 2021, le maire a décidé de défendre la commune dans la présente instance. Il ressort également des pièces du dossier que, par un arrêté du 25 mai 2020, Mme E, 9ème adjointe, a reçu délégation de fonctions et de signature du maire notamment dans le domaine des affaires juridiques et contentieuses. Dans ces conditions, les mémoires en défense produits par la ville de Caen sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Le maire peut déléguer sa compétence pour délivrer une autorisation à un adjoint dans les conditions prévues par l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales aux termes duquel : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté n° A-2020-083 du 25 mai 2020, régulièrement publié dans le registre des arrêtés du maire et transmis à la préfecture le même jour, le maire de Caen a donné délégation de fonctions et de signature à M. C, 4ème adjoint en charge de l'urbanisme, de l'habitat et du renouvellement urbain, et signataire de l'arrêté attaqué, pour la délivrance des autorisations en matière de droit des sols. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Il résulte de ces dispositions que les demandes de déclaration préalable doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande.
8. Si la demande de déclaration préalable, déposée par la société Phoenix France Infrastructures, représentée par son président, a été signée par le chef de service de la société SPIE CityNetworks, il ressort des pièces du dossier, et en tout état de cause, que le dossier de déclaration préalable comporte, d'une part, un document par lequel la société Bouygues Télécom donne mandat à la société SPIE CityNetworks à l'effet de signer et déposer, au nom et pour son compte, tous les documents nécessaires, dont les déclarations préalables, en vue de la réalisation de travaux d'implantation, d'exploitation et/ou d'évolution de station radioélectrique et, d'autre part, un document établi par le représentant de la société Phoenix France Infrastructures, accordant à la société Bouygues Télécom un mandat pour constituer, déposer et signer, au nom et pour le compte de la société Phoenix France Infrastructures, les dossiers de demandes d'autorisations administratives requises tout en précisant que la société Bouygues Télécom est autorisée à sous-traiter tout ou partie des missions qui lui sont confiées aux prestataires de son choix et à leur donner mandat en ce sens. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R* 421-14 à R* 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement ; () ". Il résulte de ce qui précède que lorsqu'une construction a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de déposer une déclaration ou de présenter une demande de permis portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation.
10. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'immeuble d'habitations, sur la toiture duquel les antennes relais doivent être installées, a fait l'objet d'un premier permis de construire accordé le 28 novembre 1986, puis d'un second permis de construire accordé le 25 novembre 1987, ainsi que d'un certificat de conformité délivré le 24 septembre 1990. D'autre part, si le requérant soutient que cette construction a fait l'objet, depuis son édification, de modifications de son aspect extérieur et de sa façade, en particulier un changement de portes et fenêtres, la commune de Caen atteste qu'une déclaration préalable a été enregistrée pour les modifications en cause en 2012 sous le numéro DP 014 118 12 U 0016, et qu'un arrêté municipal du 21 mars 2012 n'y a pas fait opposition, la commune précisant ne pas pouvoir produire ces documents du fait de leur destruction. Au surplus, l'implantation d'antennes relais sur le bâtiment est totalement étrangère aux éventuelles modifications des portes et fenêtres de l'immeuble qui auraient été réalisées sans autorisation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le maire de Caen aurait dû s'opposer aux travaux déclarés au motif qu'ils ne portent pas sur les irrégularités affectant la construction existante doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () ". L'article R. 431-10 du même code prévoit : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
12. La circonstance que le dossier de demande de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet porté par la société Phoenix France Infrastructures prévoit l'édification sur la toiture d'un immeuble d'habitations existant, situé au 131 rue Basse à Caen, dans les abords des monuments historiques, de trois antennes de type panneau sur mâts recouvertes d'un film miroir, d'un faisceau hertzien, d'une zone technique située en cœur de terrasse et d'un cheminement de câbles reliant les antennes vers la zone technique. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le pétitionnaire a joint à son dossier de demande une description du projet, un plan représentant la vue en élévation projet et la vue en élévation existant, un plan de la zone technique projetée, une note de présentation avec la localisation du projet, des planches de photomontage d'insertion dans le site avec l'état existant et l'état projeté, des photographies de situation de terrain ainsi qu'un plan représentant la vue en plan projet. En outre, si le dossier de déclaration préalable ne comporte pas la notice des matériaux utilisés, il ressort des pièces du dossier que la note de présentation indique que les équipements antennaires seront recouverts d'un film réfléchissant, l'architecte des bâtiments de France ayant, par ailleurs, donné son accord à la réalisation de ce projet le 24 juillet 2020. Au vu de l'ensemble de ces éléments, et compte tenu de l'objet du projet autorisé, le service instructeur a été mis à même d'apprécier sa situation, ses caractéristiques et son insertion du projet dans son environnement. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande doit, dès lors, être écarté.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article UA 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme portant sur la hauteur maximale des constructions : " 10.1.1 Dans la bande de constructibilité principale, la règle applicable est celle de la hauteur relative des constructions. / 10.1.2 Au-delà de la bande de constructibilité principale, dans le respect, notamment, des dispositions de l'article 7, les constructions peuvent atteindre au maximum la même altimétrie que celles édifiées, sur le même terrain d'assiette, dans la bande de constructibilité principale. En l'absence de construction ou en présence de constructions hors d'échelle dans la bande de constructibilité principale, la hauteur maximale des constructions est similaire à celle qui serait autorisée dans la bande de constructibilité principale. () ". Par dérogation à cet article UA 10.1, l'article UA 10.4 de ce même règlement prévoit : " Pour les constructions nécessaires à un service public ou d'intérêt collectif, les hauteurs maximales des constructions fixées ci-dessus sont applicables, sauf dans les cas suivants : dès lors que leurs caractéristiques techniques imposent une hauteur plus importante () ".
15. Par un arrêté ministériel du 8 décembre 1994, la société Bouygues Télécom a été autorisée à établir sur le territoire national un réseau radioélectrique ouvert au public en vue de l'exploitation d'un service de communication personnelle et l'a soumise à des obligations de service public relatives, notamment, à l'obligation de couverture du territoire national, à la continuité et à la neutralité du service, à l'égalité de traitements des usagers, à l'acheminement des appels d'urgence et au respect de certaines prescriptions en matière de sécurité et de défense. Par ailleurs, il ressort de la déclaration préalable que la société Phoenix France Infrastructures déploie des sites pour le compte de la société Bouygues Télécom et que le projet de construction porte sur le déplacement d'une antenne relais existante, dont l'autorisation d'installation a échu, afin d'assurer la continuité du service de télécommunication dans la zone église, rue Leroy à Caen. Enfin, il ressort des justifications techniques que, pour assurer la qualité du service de télécommunication, il est nécessaire d'avoir un dégagement et une hauteur antennaire suffisants. Il suit de là que les travaux déclarés constituent des constructions nécessaires à un service public au sens de l'article UA 10.4 du règlement du plan local d'urbanisme et que leurs caractéristiques techniques imposent une hauteur plus importante que celle prévue à l'article UA 10.1. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
16. En sixième lieu, l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme dispose : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions, leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les trois antennes de type panneau qui seront mises en place en partie sommitale des trois mâts seront recouvertes d'un film de camouflage réfléchissant non-métallique, destiné à permettre une bonne insertion du projet dans le paysage environnant et d'en limiter l'impact dans son environnement. En outre, si le secteur d'implantation des antennes se situe dans le périmètre délimité des abords de monuments historiques, il n'était pas concerné par le classement en site patrimonial remarquable intervenu en janvier 2021, l'architecte des bâtiments de France ayant, en outre, donné son accord au projet le 24 juillet 2020. Enfin, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le maire de Caen aurait, en ne s'opposant pas aux travaux, commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article UA 11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'implantation des dispositifs techniques nécessaires au fonctionnement de la construction doit être réalisée de façon à limiter leur impact visuel, en assurant une bonne intégration aux caractéristiques architecturales de la construction ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'implantation des dispositifs techniques nécessaires au fonctionnement des antennes dont l'installation est autorisée ne sera pas réalisée conformément à ces dispositions. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11.2.2 doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du maire de Caen du 11 septembre 2020.
Sur les frais de l'instance :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Caen et de la société Phoenix France Infrastructures une somme au titre des frais exposés par M. A pour la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 350 euros à verser à la commune de Caen et la somme de 1 500 euros à verser à la société Phoenix France Infrastructures au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société Bouygues Telecom est admise.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : M. A versera la somme de 350 euros à la commune de Caen et la somme de 1 500 euros à la société Phoenix France Infrastructures en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Caen et aux sociétés Phoenix France Infrastructures et Bouygues Télécom.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Absolon, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
C. D
La présidente,
Signé
A. MACAUD
La greffière,
Signé
A. GODEY
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026