vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL CAEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 13 mai 2022, le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par la Selas Fidal, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 janvier 2021 refusant de cesser la pratique de report des heures non effectuées par les agents hospitaliers de l'année N-1 sur l'année N ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Caen de cesser le report des heures non effectuées de l'année N-1 sur l'année N, de retirer les reliquats négatifs des agents concernés et de les indemniser le cas échéant ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Caen la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le report d'heures non travaillées d'une année civile sur l'autre méconnaît l'article 1er, alinéa 2, du décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- les repos compensateurs doivent être pris dans le cadre du cycle de travail définis par services ou par fonctions et arrêtés par le chef d'établissement ;
- les heures non travaillées au cours d'une année civile sont dues alors qu'elles résultent d'une mauvaise organisation du temps de travail et non de la faute de l'agent.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 mars et 3 juin 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, le centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par la Selarl Minier Maugendre et associées, conclut au rejet de la requête. Il demande au tribunal de mettre à la charge du syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les autres moyens soulevés par le syndicat ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- les observations de Me Gey, représentant le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen et de Me Guardiola, représentant le centre hospitalier universitaire de Caen.
Une note en délibéré présentée pour le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen a été enregistrée le 10 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 novembre 2020, le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen a demandé au centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen de cesser la pratique du report des heures de travail non effectuées par les agents hospitaliers et de faire récupérer ou d'indemniser les heures supplémentaires effectuées au-delà du seuil règlementaire au 31 décembre 2020. Le CHU de Caen a implicitement rejeté la demande du syndicat.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " La durée du travail est fixée à 35 heures par semaine dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. () ". Aux termes de l'article 3 du même décret :
" La durée annuelle de travail effectif mentionnée au deuxième alinéa de l'article 1er du présent décret est réduite pour les agents soumis aux sujétions spécifiques dans les conditions ci-après : 1° Pour les agents en repos variable, la durée annuelle de travail effectif est réduite à 1 582 heures () 2° Pour les agents travaillant exclusivement de nuit, () la durée annuelle de travail effectif est réduite à 1 476 heures, hors jours de congés supplémentaires () ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " L'organisation du travail doit respecter les garanties ci-après définies./ La durée hebdomadaire de travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder 48 heures au cours d'une période de 7 jours./ Les agents bénéficient d'un repos quotidien de 12 heures consécutives minimum et d'un repos hebdomadaire de 36 heures consécutives minimum./ Le nombre de jours de repos est fixé à 4 jours pour 2 semaines, deux d'entre eux, au moins, devant être consécutifs, dont un dimanche. " Aux termes de l'article 8 du même décret : " L'aménagement et la répartition des horaires de travail sont fixés par le chef d'établissement, après avis du comité technique d'établissement ou du comité technique paritaire et compte tenu de la nécessité d'assurer la continuité des soins ou de la prise en charge des usagers, les dimanches, les jours fériés et la nuit " et aux termes de l'article 9 : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail définis par service ou par fonctions et arrêtés par le chef d'établissement après avis du comité technique d'établissement ou du comité technique paritaire./ Le cycle de travail est une période de référence dont la durée se répète à l'identique d'un cycle à l'autre et ne peut être inférieure à la semaine ni supérieure à douze semaines ; le nombre d'heures de travail effectué au cours des semaines composant le cycle peut être irrégulier./ Il ne peut être accompli par un agent plus de 44 heures par semaine./ Les heures supplémentaires et repos compensateurs sont décomptés sur la durée totale du cycle. Les repos compensateurs doivent être pris dans le cadre du cycle de travail ". L'article 10 de ce décret prévoit : " Les agents bénéficient d'heures ou de jours supplémentaires de repos au titre de la réduction du temps de travail qui doivent ramener leur durée de travail moyenne à 35 heures hebdomadaires. Ces jours et ces heures peuvent être pris, le cas échéant, en dehors du cycle de travail, dans la limite de 20 jours ouvrés par an ". L'article 11 dispose : " Le nombre de jours supplémentaires de repos prévus au titre de la réduction du temps de travail est calculé en proportion du travail effectif accompli dans le cycle de travail et avant prise en compte de ces jours. Il est, notamment, de : / 18 jours ouvrés par an pour 38 heures hebdomadaires ; / 12 jours ouvrés par an pour 37 heures hebdomadaires ; / 6 jours ouvrés par an pour 36 heures hebdomadaires ; 3 jours ouvrés par an pour 35h30 hebdomadaires ". Aux termes de l'article 13 de ce décret : " Dans chaque établissement, un tableau de service élaboré par le personnel d'encadrement et arrêté par le chef d'établissement précise les horaires de chaque agent pour chaque mois () ". Aux termes de l'article 14 du même décret : " Tout agent soumis à un décompte horaire qui ne peut effectuer l'intégralité de son temps de travail quotidien en raison d'une absence autorisée ou justifiée est considéré avoir accompli le cinquième de ses obligations hebdomadaires de service prévues en moyenne sur la durée du cycle de travail. / L'agent en formation au titre du plan de formation et qui, de ce fait, ne peut être présent à son poste de travail accomplit un temps de travail effectif décompté pour la durée réellement effectuée ". L'article 15 du même décret dispose enfin que : " Lorsque les besoins du service l'exigent, les agents peuvent être appelés à effectuer des heures supplémentaires en dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail dans la limite de 240 heures par an et par agent () Les heures supplémentaires font l'objet soit d'une compensation horaire donnant lieu à une récupération au moins d'égale durée, soit d'une indemnisation. "
3. Il résulte de ces dispositions que le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de 1 607 heures au maximum. Cette durée est réduite à 1 582 heures pour les agents en repos variable et à 1 476 heures pour les agents travaillant de nuit. Le principe d'annualisation du temps de travail exclut la possibilité de reporter les heures non effectuées au sein de cycles de travail au-delà de l'année suivante, de manière illimitée dans le temps.
4. Si le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen soutient que le CHU de Caen reporte les heures non travaillées de ses agents de l'année N-1 sur l'année N, le CHU ne procède pas à ce report au-delà de l'année suivante. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas soutenu, que cette pratique conduirait les agents qui n'auraient pas accompli leurs obligations annuelles de travail au cours de l'année N-1 à travailler plus de 44 heures par semaine au cours de l'année N ou à dépasser le maximum d'heures supplémentaires prévus par les dispositions précitées de l'article 15 du décret du 4 janvier 2002.
5. Si le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen soutient que cette pratique résulte d'une mauvaise organisation du service et priverait les agents du paiement d'heures supplémentaires, il ne l'établit pas en produisant le tableau de service d'un seul agent dont le reliquat d'heures non travaillées n'a d'ailleurs pas conduit à une obligation de travail supplémentaire ou à une retenue pour absence de service fait.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête du syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen doit être rejetée sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
7. Le CHU de Caen n'ayant pas la qualité de partie perdante, les conclusions du syndicat tendant à la mise à sa charge d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen le versement au CHU de Caen d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen est rejetée.
Article 2 : Le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen versera au centre hospitalier universitaire de Caen la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CGT du centre hospitalier universitaire de Caen et au centre hospitalier universitaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Saint-Macary, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le rapporteur,
SIGNÉ
A. A
Le président,
SIGNÉ
X. MONDESERT La greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026