mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100779 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 avril et 10 novembre 2021 et 31 mai 2022, Mme A C, épouse B, représentée par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle le préfet du Calvados a refusé sa demande de regroupement familial " sur place " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son avocat renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa demande ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Par des mémoires enregistrés les 25 mai et 22 novembre 2021, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C, épouse B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Cavelier, représentant Mme C, épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, épouse B, ressortissante géorgienne née le 6 avril 1995 à Tbilissi, est entrée sur le territoire français le 2 septembre 2002. Elle séjourne régulièrement en France depuis le 29 avril 2014. Elle a épousé, le 23 janvier 2016, M. B, dont la demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 avril 2017 que par la Cour nationale du droit d'asile le 28 juin 2018 et qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis. Le 3 avril 2019, M. B a fait l'objet d'un refus de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Caen et la cour administrative de Nantes et qu'il n'a pas exécutée. Il a fait l'objet d'une seconde obligation de quitter le territoire français le 1er avril 2021 dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Caen et qu'il n'a pas exécutée. Mme C, épouse B, a adressé une demande de regroupement familial " sur place " au profit de son conjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a été rejetée par le préfet du Calvados le 8 mars 2021. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 9 mars 2020 publié au recueil des actes administratifs le même jour, le préfet du Calvados a donné délégation à M. Jean-Philippe Vennin, secrétaire général de la préfecture du Calvados, à l'effet de signer, notamment, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département du Calvados, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figure pas la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 8 mars 2021 doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la demande de la requérante ainsi que le motif du refus, à savoir la présence irrégulière en France de sa famille. Elle est, dès lors, suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée ne mentionne pas la situation administrative de Mme C, épouse B, n'est pas de nature à révéler un défaut d'examen de sa situation dès lors qu'elle est sans incidence sur le sens de la décision attaquée.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Peut être exclu du regroupement familial : () / 3° Un membre de la famille résidant en France ". Aux termes de l'article R. 411-6 du même code : " Le bénéfice du regroupement familial ne peut être refusé à un ou plusieurs membres de la famille résidant sur le territoire français dans le cas où l'étranger qui réside régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 411-1 et R. 411-2 contracte mariage avec une personne de nationalité étrangère régulièrement autorisée à séjourner sur le territoire national sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'un an. Le bénéfice du droit au regroupement familial est alors accordé sans recours à la procédure d'introduction. Peuvent en bénéficier le conjoint et, le cas échéant, les enfants de moins de dix-huit ans de celui-ci résidant en France, sauf si l'un des motifs de refus ou d'exclusion mentionnés aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-5 leur est opposé. "
6. D'une part, M. B ne rentre pas dans le champ des dispositions précitées de l'article R. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour bénéficier d'un regroupement familial " sur place " dès lors qu'il réside irrégulièrement en France. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Calvados s'est cru en situation de compétence liée pour refuser à M. B le bénéfice du regroupement familial. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. Mme C, épouse B, ne fait valoir aucune circonstance particulière qui empêcherait son époux de retourner en Géorgie aux fins d'y former une demande de regroupement familial. Si elle soutient que cette demande serait inévitablement rejetée à défaut de pouvoir justifier de ressources suffisantes, le préfet dispose en tout état de cause d'un pouvoir discrétionnaire en la matière. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en prenant la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C, épouse B, n'est pas fondée à demander l'annulation du préfet du Calvados du 8 mars 2021. Les conclusions présentées par son avocat sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent, par voie de conséquence être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C, épouse B, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, épouse B, au préfet du Calvados et à Me Cavelier.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Guillou, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Saint-Macary, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
SIGNÉ
M. SAINT-MACARY
Le président,
SIGNÉ
H. GUILLOULa greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026