lundi 13 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2021, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 mai 2021 par lequel le maire de Granville lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction de deux maisons d'habitation sur un terrain situé au lieu-dit La Forge.
Il soutient que :
- le projet ne constitue pas une extension de l'urbanisation méconnaissant la loi littoral ;
- le terrain d'assiette des constructions projetées est situé dans une zone ouverte à l'urbanisation par le plan local d'urbanisme en conformité avec la loi littoral ;
- les services de l'Etat en charge de l'application de la loi littoral ne se sont pas opposés à la constructibilité de ces parcelles lors de l'élaboration du plan local d'urbanisme ;
- le projet de construction sur la parcelle AO53 rétablirait une continuité d'urbanisation entre les parcelles AO117 et AO59 qui accueillent des constructions dans la zone Ud l du plan local d'urbanisme ;
- les services saisis pour avis se sont tous prononcés dans un sens favorable au projet ;
- la construction autorisée sur la parcelle AO 109 confirme la légalité du projet de construction et un refus opposé à celui-ci serait inéquitable.
Par un mémoire enregistré le 9 août 2022, la commune de Granville, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour M. A d'avoir notifié son recours à la commune en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 28 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2022 à 12 h.
M. A a produit un mémoire le 11 novembre 2022, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Lebey, subsituant Me Prieur, représentant la commune de Granville.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 mars 2021, M. B A a déposé auprès des services de la commune de Granville une demande de certificat d'urbanisme opérationnel en vue de la construction de deux maisons d'habitation sur une parcelle cadastrée AO 53 au lieu-dit La Forge. Le maire de Granville lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif par un arrêté du 11 mai 2021, dont M. A demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, d'une part, dans les communes littorales, les constructions peuvent être autorisées en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
4. D'autre part, l'exigence de continuité étant directement applicable aux autorisations d'occupation ou d'utilisation du sol, l'autorité administrative qui se prononce sur une demande d'autorisation d'urbanisme dans une commune littorale doit vérifier si, à la date à laquelle elle statue, l'opération envisagée est réalisée en continuité avec les agglomérations et villages existants, et ce alors même que le plan local d'urbanisme, en compatibilité avec les orientations des schémas de cohérence territoriale et des schémas de secteur ou, en l'absence de ces schémas, avec les dispositions particulières au littoral du code de l'urbanisme, aurait ouvert à l'urbanisation la zone dans laquelle se situe le terrain d'assiette.
5. En premier lieu, conformément aux règles énoncées au point 4, le maire de Granville était tenu de vérifier la conformité du projet aux dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, alors même que le terrain d'assiette est situé dans une zone constructible du plan local d'urbanisme et que les services de l'Etat auraient donné leur accord à l'ouverture à l'urbanisation de la zone concernée. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir du classement de la parcelle AO 53 en zone constructible.
6. En deuxième lieu, la circonstance que les divers services saisis pour avis se sont prononcés dans un sens favorable au projet est sans incidence sur l'appréciation de la conformité de celui-ci aux dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, sur laquelle ne portaient pas les avis concernés.
7. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du fait qu'une autorisation a été accordée en vue de l'édification d'une construction sur la parcelle AO 109, qui ne présente pas au demeurant les mêmes caractéristiques que la parcelle AO 53, et de l'inéquité qui résulterait dans ces conditions de l'arrêté en litige, dès lors que le permis de construire a pour seul objet d'assurer le respect de la législation et de la réglementation de l'urbanisme.
8. En quatrième lieu, le terrain d'assiette du projet, qui prévoit l'édification de deux habitations individuelles, est situé au lieu-dit La Forge à environ un kilomètre au sud de l'agglomération de Granville, dont il est séparé par des étendues de terrains demeurées pour l'essentiel à l'état naturel, à l'exception de quelques constructions implantées de manière dispersée sur de larges parcelles. Il s'ouvre également à l'est, au sud et à l'ouest sur de vastes espaces à l'état naturel ou exploités à des fins agricoles. Il donne enfin, au sud-ouest, sur un secteur comprenant des constructions dont il est séparé par des parcelles de dimension significative, en grande partie vierges de toute construction. Dans ces conditions, le terrain d'assiette du projet ne peut être regardé comme situé en continuité avec un village ou une agglomération, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Ce terrain se trouve dans une zone d'urbanisation diffuse au sein de laquelle aucune nouvelle construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres. Par conséquent, c'est par une exacte application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme que le maire de Granville a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la réalisation du projet en litige. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2021 doit être rejetée, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais du litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement à la commune de Granville d'une somme de 1 500 euros au titre des frais du litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 euros à la commune de Granville au titre des frais visés à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Granville.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
X. MONDESERT
La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026