LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2101573

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2101573

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2101573
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantASS BOSQUET LABEY-BOSQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de Pirai, représenté par Me Bocquillon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 mai 2021 en tant que le préfet de la région Normandie lui refuse l'autorisation d'exploiter une surface de 17,54 hectares sur le territoire de la commune de Larré en lui attribuant quatre critères de départage contre cinq à M. B ;

2°) d'annuler la décision du 25 février 2021 en tant que le préfet de la région Normandie lui refuse l'autorisation d'exploiter la parcelle de 17,54 hectares sur le territoire de la commune de Larré en lui attribuant trois critères de départage contre quatre à M. B ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ; il a été privé du droit d'être entendu par la commission départementale d'orientation agricole ;

- les décisions sont entachées d'une erreur de droit dès lors que le préfet a fait application, pour départager les demandes concurrentes, des critères du schéma directeur régional des structures agricoles du 19 mars 2021 qui n'était pas opposable à sa demande d'autorisation d'exploiter et à celle de M. B ; les critères de l'article 5 du schéma directeur approuvé par l'arrêté du 23 décembre 2015 ne sont repris ni dans la décision du 25 février 2021 ni dans celle du 12 mai 2021.

Par un mémoire enregistré le 22 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Bosquet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du GAEC de Pirai la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les moyens de la requête du GAEC de Pirai ne sont pas fondés ;

- s'il devait être considéré que les décisions sont fondées sur les critères du schéma directeur régional des structures agricoles de 2021 en lieu et place de ceux du schéma de 2015, il pourra être procédé à une substitution de base légale, les critères étant identiques dans les deux arrêtés ;

- compte tenu de la légalité de la décision du 12 mai 2021, qui abroge en son article 1er l'arrêté du 25 février 2021, la demande d'annulation de cette dernière décision est sans objet.

Par un mémoire enregistré le 8 décembre 2021, le préfet de la région Normandie conclut au rejet de la requête au motif que les moyens de la requête du GAEC de Pirai ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Absolon,

- les conclusions de Mme C,

- et les observations de Me Bocquillon, représentant le GAEC de Pirai.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 25 février 2021, le préfet de la région Normandie a autorisé M. B à exploiter la surface de 17,54 hectares et a refusé au GAEC de Pirai l'autorisation d'exploiter cette même surface. Le GAEC a contesté cette décision par un recours gracieux le 12 mars 2021. Après nouvelle instruction des demandes d'autorisation d'exploiter présentées par M. B et le GAEC de Pirai, le préfet de la région Normandie, par une décision du 12 mai 2021, a abrogé la décision du 25 février 2021, autorisé M. B à exploiter la surface de 17,54 hectares et refusé au GAEC de Pirai l'autorisation d'exploiter cette même surface. Le GAEC de Pirai demande au tribunal d'annuler les décisions des 25 février 2021 et 12 mai 2021 en ce qu'elles lui refusent l'autorisation d'exploiter sollicitée.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 331-5 du code rural et de la pêche maritime : " I.- La commission départementale d'orientation de l'agriculture mentionnée à l'article R. 313-l peut être consultée sur les demandes d'autorisation d'exploiter auxquelles il est envisagé d'opposer un refus pour l'un des motifs prévus à l'article L. 331-3-1. Dans ce cas, et lorsque des candidatures concurrentes ont été enregistrées sur tout ou partie des biens qui font l'objet de la demande, l'ensemble des dossiers portant sur ces biens lui est soumis au cours de la même séance. / Les candidats, les propriétaires et les preneurs en place sont informés de la date d'examen des dossiers les concernant par la commission par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé () ".

3. En l'espèce, il n'est pas contesté que ni le GAEC de Pirai, ni M. B n'ont été informés de la date d'examen des dossiers les concernant par la commission départementale d'orientation de l'agriculture. Toutefois, il ressort des pièces du dossier d'une part que le GAEC de Pirai a adressé trois observations et cinq pièces complémentaires à la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Normandie dans son recours gracieux du 12 mars 2021. La réponse apportée par le préfet de la région de Normandie le 12 mai 2021, ainsi que le relevé de consultation électronique de la commission départementale d'orientation de l'agriculture du 16 avril 2021, établissent que les trois observations formulées ont été transmises à ladite commission, laquelle a d'ailleurs retenu l'argument tenant à la structure parcellaire de l'exploitation du requérant, notamment via la location d'un bâtiment de stockage, et a justifié de l'attribution d'un critère supplémentaire à son profit. Il ressort également de la réponse du préfet de la région de Normandie que les deux autres observations formulées par le requérant dans son recours du 12 mars 2021, arguments tenant à l'engagement du propriétaire à lui louer ses terres ainsi que la diminution de surface, ont également été intégrés au dossier initial de demande et bien pris en compte par la commission. La circonstance que le requérant et son concurrent n'ont pas été informés de la date d'examen de leurs dossiers par la commission par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé, ce que ne conteste pas l'administration, n'est pas de nature à entacher la procédure suivie d'irrégularité dès lors que la commission a pu se prononcer sur la totalité du dossier. D'autre part, si les dispositions précitées de l'article R. 331-5 du code rural et de la pêche maritime exigent que les candidats, les propriétaires et les preneurs en place soient informés en temps utile de la date d'examen du dossier les concernant par la commission départementale d'orientation de l'agriculture, afin de leur permettre de présenter des observations écrites, elles ne confèrent pas aux intéressés le droit de présenter des observations orales devant la commission, un tel droit ne résultant d'aucune autre disposition ni d'aucun principe. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 312-1 III du code rural et de la pêche maritime : " () III.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles établit, pour répondre à l'ensemble des objectifs et orientations mentionnés au I du présent article, l'ordre des priorités entre les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2, en prenant en compte l'intérêt économique et environnemental de l'opération. / Les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation sont l'installation d'agriculteurs, l'agrandissement ou la réunion d'exploitations agricoles et le maintien ou la consolidation d'exploitations agricoles existantes. / Les critères d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental d'une opération, en fonction desquels est établi l'ordre des priorités, sont les suivants : / 1° La dimension économique et la viabilité des exploitations agricoles concernées ; / 2° La contribution de l'opération envisagée à la diversité des productions agricoles régionales, à la diversité des systèmes de production agricole et au développement des circuits de proximité ; / 3° La mise en œuvre par les exploitations concernées de systèmes de production agricole permettant de combiner performance économique et performance environnementale, dont ceux relevant du mode de production biologique au sens de l'article L. 641-13 ; / 4° Le degré de participation du demandeur ou, lorsque le demandeur est une personne morale, de ses associés à l'exploitation directe des biens objets de la demande au sens du premier alinéa de l'article L. 411-59 ; / 5° Le nombre d'emplois non-salariés et salariés, permanents ou saisonniers, sur les exploitations agricoles concernées ; / 6° L'impact environnemental de l'opération envisagée ; / 7° La structure parcellaire des exploitations concernées ; / 8° La situation personnelle des personnes mentionnées au premier alinéa du V. / Le schéma directeur régional des exploitations agricoles peut déterminer l'ordre des priorités en affectant une pondération aux différents éléments pris en compte ". Aux termes de l'article L. 331-3-1 de ce même code dans sa version applicable au litige : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; () ".

5. Il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que celles-ci se fondent sur l'arrêté préfectoral du 23 décembre 2015 établissant le schéma directeur des exploitations agricoles, alors en vigueur au moment de leur adoption. Si elles font application des huit critères mentionnés à l'article L. 312-1 du code rural et de la pêche maritime, c'est uniquement pour se conformer au cadre légal rappelé par le jugement du tribunal administratif de Caen, n° 1900364, du 5 décembre 2019, la circonstance que ces critères figurent également dans le schéma régional adopté en mars 2021 étant sans incidence. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que le GAEC de Pirai n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 12 mai 2021 et du 25 février 2021.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le GAEC de Pirai demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge du GAEC de Pirai la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du GAEC de Pirai est rejetée.

Article 2 : Le GAEC de Pirai versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au groupement agricole d'exploitation en commun du Pirai, à M. A B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la région Normandie.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Guillou, président,

- Mme Absolon, première conseillère,

- Mme Créantor, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

La rapporteure,

signé

C. ABSOLON

Le président,

signé

H. GUILLOU

La greffière,

signé

A. GODEY

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions