jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2102285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre JU |
| Avocat requérant | LETERTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2021, M. D C, représenté par Me Letertre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle le directeur départemental de la sécurité publique de la Manche lui a infligé un blâme et les décisions implicites par lesquelles ses recours gracieux et hiérarchique ont été rejeté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été notifiée par une autorité incompétente ;
- le directeur départemental de la sécurité publique de la Manche s'est fondé sur l'article R. 434-13 du code de la sécurité intérieure dont le champ d'application est étranger aux faits qui lui sont reprochés ;
- le directeur départemental de la sécurité publique de la Manche a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et subsidiairement sollicite la mise en œuvre d'une substitution de base légale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. G,
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 février 2020, un équipage de police auquel appartenait M. D C, gardien de la paix, interpelle un automobiliste ayant causé deux accidents de la circulation et dont le comportement est particulièrement agité. Il est immobilisé et conduit au commissariat de Cherbourg où, quelques minutes après son interpellation, il arrive inanimé. Les premiers secours lui sont prodigués et il est transporté par les pompiers au centre hospitalier où il décède dix jours plus tard. Une enquête administrative a été menée par l'Inspection générale de la police nationale. Aucun lien entre les conditions d'interpellation et le décès n'a été établi. Le 27 avril 2021, le directeur départemental de la sécurité publique de la Manche décide d'infliger un blâme à
M. C au motif qu'il a manqué de discernement durant le transport de la personne interpellée. La sanction disciplinaire lui est notifiée le jour même. M. C conteste cette décision et les décisions par lesquelles le directeur départemental de la sécurité publique et le ministre de l'intérieur ont rejeté ses recours gracieux et hiérarchique.
2. En premier lieu, M. C soutient que la décision lui a été notifiée par
Mme Louisa Yazid, commissaire de police, chef de la circonscription de sécurité publique de Cherbourg qui était incompétente pour y procéder. Cette circonstance reste sans effet sur la légalité de la décision attaquée laquelle a été prise par M. E F, directeur départemental de la sécurité publique à qui M. B A, préfet de la Manche, avait donné délégation par un arrêté du 27 avril 2021 pour " prononcer les sanctions disciplinaires du premier groupe soit l'avertissement et le blâme, à l'encontre des fonctionnaires affectés en sécurité publique appartenant aux corps de maîtrise et d'application gradés et gardiens de la paix ". Le moyen tiré de l'incompétence doit, dès lors, en tout état de cause, être écarté.
3. En deuxième lieu, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. En l'espèce, la décision attaquée, motivée par une faute qu'aurait commise M. C, trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article R. 434-10 du code de la sécurité intérieure aux termes desquelles : " Le policier ou le gendarme fait, dans l'exercice de ses fonctions, preuve de discernement () ". Les dispositions de l'article R. 434-10 du code de la sécurité intérieure, qui peuvent être substituées, comme le demande le préfet de la Manche, à celles de l'article R. 434-13 du même code dès lors, en premier lieu, que la situation de M. C relève du champ d'application de l'article R. 434-10 du code de la sécurité intérieure, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'apporter la preuve de l'exactitude matérielle des griefs sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de l'Inspection générale de la police nationale que le gardien de la paix C a utilisé une technique potentiellement dangereuse pour prendre en compte la personne interpellée. De plus, à l'issue de l'interpellation, il était chef de bord du fourgon dans lequel la personne appréhendée a été transportée vers le commissariat et il n'a pas vérifié la position de cette personne dans le véhicule. Si le rapport de l'Inspection générale de la police nationale a conclu à l'existence de dysfonctionnements du service et en particulier à l'absence de matériel adéquat et à l'implication insuffisante de la hiérarchie dans la diffusion des consignes sur les techniques d'intervention, le rapport mentionne aussi explicitement que le gardien de la paix a manqué de discernement. Ce manquement peut être qualifié de fautif.
6. Il résulte des faits rappelés au point précédent que M. C a manqué d'attention à une personne appréhendée par un équipage de police. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, ces faits constituent une faute de nature à justifier une sanction. Si M. C se prévaut de la qualité, indéniable, de ses états de service, la nature des manquements reprochés à l'intéressé justifie néanmoins en l'espèce la sanction prononcée à son encontre, laquelle ne revêt pas un caractère disproportionné.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Manche et au directeur départemental de la sécurité publique de la Manche.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
A. GLe greffier,
Signé
C. BENIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026