vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2102679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL DAVY-RABAEY BOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 décembre 2021, le 4 janvier 2022 et le 6 mai 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 20 octobre 2021 et du 29 octobre 2021 par lesquelles le maire de la commune de Saint-Pierre-Eglise a suspendu l'attribution d'un emplacement sur le marché municipal pour deux durées de trois semaines ;
2°) de condamner la commune de Saint-Pierre-Eglise au paiement de 3 000 euros pour le préjudice de perte de son chiffre d'affaires.
Il soutient que
Les décisions :
- ne sont pas motivées ;
- sont entachées d'une inexactitude matérielle des faits ;
- méconnaît l'article 22 de l'arrêté municipal du 19 octobre 2015 portant règlement du marché municipal ;
- sont entachées d'un détournement de pouvoir ;
Il est bien fondé à solliciter la somme de 3 000 euros en réparation de ses préjudices liés à la perte de chiffre d'affaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, la commune de Saint-Pierre-Eglise, représentée par Me Rabaey, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, faute de présenter des moyens ou des conclusions et faute de produire une demande préalable indemnitaire ;
- que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est vendeur de fruits et légumes sur le marché de la commune de Saint-Pierre-Eglise. Par deux décisions des 20 octobre 2021 et 29 octobre 2021, dont il est demandé l'annulation, le maire a suspendu l'attribution d'un emplacement sur le marché hebdomadaire de la commune pour une durée de trois semaines chacune. M. A demande en outre la condamnation de la commune de Saint-Pierre-Eglise au versement de la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de ces suspensions.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. En premier lieu, la commune de Saint-Pierre-Eglise soutient que la requête de M. A ne présente pas de conclusions aux fins d'annulation ou d'indemnisation, ni de moyen au soutien de ses conclusions. Or, M. A, qui conteste deux suspensions de trois semaines d'attribution d'un emplacement sur le marché municipal, doit être regardé comme demandant l'annulation de ces décisions et la condamnation de la commune de Saint-Pierre-Eglise à verser une somme de 3 000 euros pour la perte de chiffre d'affaires subie. Il présente à l'appui de ses conclusions des moyens de défaut de motivation, d'erreur de fait, d'erreur de droit et de détournement de pouvoir. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée.
3. En second lieu, la commune de Saint-Pierre-Eglise soutient que M. A ne présente pas de demande préalable indemnitaire. Il résulte de l'instruction qu'aucune demande indemnitaire préalable n'a été déposée par M. A auprès de la commune de Saint-Pierre-Eglise. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée aux conclusions tendant à la condamnation de la commune de Saint-Pierre-Eglise à payer à M. A la somme de 3 000 euros doit être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () / () / 3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d'hommes, tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ; / () ". Le deuxième alinéa de l'article L. 2224-18 du même code dispose que : " Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale après consultation des organisations professionnelles intéressées ". Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 19 octobre 2015 portant règlement du marché municipal de la commune de Saint-Pierre-Eglise : " L'attribution d'un emplacement présente un caractère précaire et révocable. Il peut y être mis fin à tout moment pour un motif tiré de l'intérêt général. Le retrait de l'autorisation d'occupation d'un emplacement pourra être prononcé par le maire, notamment en cas de : () -comportement troublant la sécurité, la tranquillité ou la salubrité publique -non-respect des fonctionnaires municipaux dans l'exercice de leurs fonctions et missions de service public. ". Aux termes de l'article 22 du même arrêté : " Le maire, dans le cadre de ses pouvoirs de police, est chargé de faire respecter les dispositions du présent règlement et a la faculté d'exclure toute personne troublant l'ordre public. Toute infraction au présent règlement sera sanctionnée par les mesures suivantes dûment motivées : -premier constat d'infraction : avertissement -deuxième constat d'infraction : mise en demeure -troisième constat d'infraction exclusion du marché temporaire ou permanente. L'exclusion ne suspend pas le paiement de l'emplacement. ".
5. Les arrêtés par lesquels un maire prononce, sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, la suspension d'emplacement sur un marché puis l'exclusion définitive des marchés de la ville, en vue d'assurer le bon ordre sur ces marchés, ont le caractère de mesures de police et non de sanctions. Il en va ainsi y compris dans l'hypothèse où la mesure en cause se fonde exclusivement sur la méconnaissance, par le titulaire, des dispositions réglementaires applicables aux foires et marchés en raison de son comportement. Il appartient, dès lors, au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'une telle mesure, d'en contrôler la légalité à la date de son adoption.
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, le 13 octobre 2021, M. A a contesté l'emplacement désigné par le placier du marché municipal et a tenu des propos outrageants à son égard à plusieurs reprises. Il a réitéré le 27 octobre 2021 ses propos devant témoins. Le placier et le maire de la commune ont déposé plainte le 28 octobre suivant pour ces faits, que le requérant ne conteste pas sérieusement. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur de fait doit être écarté.
7. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ait déjà fait l'objet d'avertissement ou de mise en demeure. Dans ces conditions, compte tenu des faits retenus à l'encontre de M. A, le maire, en décidant d'une suspension d'attribution d'emplacement d'une durée de trois semaines sans avoir prononcé d'avertissement ni de mise en demeure préalable, contrairement à la graduation prévue par l'article 22 de l'arrêté du 19 octobre 2015 portant règlement du marché municipal précité, a pris une mesure disproportionnée et entachée d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que les décisions des 20 et 29 octobre 2021 du maire de la commune de Saint-Pierre-Eglise doivent être annulées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que la commune de Saint-Pierre-Eglise demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 20 et 29 octobre 2021 du maire de la commune de Saint-Pierre-Eglise sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La demande présentée par la commune de Saint-Pierre-Eglise sur le fondement de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Pierre-Eglise.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026