jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LADAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 janvier 2022, 19 avril 2022, 16 septembre 2022 et 9 mai 2023, M. C B, représenté par Me Hellot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le maire de Ouistreham a délivré à la SARL Sites et Habitat un permis de construire un immeuble collectif de douze logements et vingt-et-une places de parking, après la démolition d'une habitation, sur une parcelle cadastrée section AE 0113 à Ouistreham, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ouistreham la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir en sa qualité de voisin immédiat de la parcelle d'assiette, l'immeuble projeté entrainant, notamment, une perte de vue et d'ensoleillement compte tenu de sa hauteur de 12,55 m ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et insuffisant au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ; il ne comporte aucun document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et son impact sur son environnement ;
- le permis de construire méconnaît l'article UHa 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UHa 11 du règlement du plan local d'urbanisme, en particulier le point 1.1 de l'annexe architecturale du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 mars 2022, 10 juin 2022 et 5 mai 2023, la commune de Ouistreham, représentée par Me Gorand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. B ne justifie pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 30 mars 2022, 28 juillet 2022 et 28 avril 2023, la société Sites et Habitat, représentée par Mme A, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les dispositions de l'articles R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Créantor,
- les conclusions de Mme Emmanuelle Conesa-Terrade,
- et les observations de Me Kergoulou, substituant Me Hellot, représentant M. B, de Me Vincent, représentant la commune de Ouistreham, et de Me Thénot, représentant la société Sites et Habitat.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, aux termes l'article L. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En l'espèce, la notice architecturale précise l'état des abords du terrain d'assiette du projet, notamment des maisons individuelles dont la hauteur est comprise entre R+1 et R+2 et des bâtiments collectifs situés aux trois angles du boulevard de France et de l'avenue Pasteur. En outre, si les pièces du dossier de demande ne font pas état des villas situées sur l'avenue Pasteur qui présentent un caractère particulier, le plan de masse PC 02B et le plan de situation PC 01 ainsi que les documents photographiques, notamment les pièces PC 06A, PC 06B, PC 07, PC 08 et PC A2 relatives à l'insertion proche et lointaine du projet, ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes existantes et à son impact dans l'environnement. Par ailleurs, la circonstance que les points et les angles des prises de vue n'aient pas été reportés sur le plan de situation et le plan de masse est, en l'espèce, sans incidence sur la légalité du permis attaqué dès lors que l'examen du dossier dans son ensemble permettait d'identifier les endroits à partir desquels les photographies ont été prises. Dès lors, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de permis de construire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UHa 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Lorsque les constructions existantes dans la voie ou l'îlot considéré sont implantées de fait, en ordre continu, à l'alignement ou avec un retrait par rapport à l'alignement, l'implantation des constructions nouvelles par rapport aux voies et aux emprises publiques ou privées ouvertes au public doit être réalisée dans les mêmes conditions, c'est-à-dire strictement à l'alignement ou avec le même retrait par rapport à l'alignement que celui constaté dans la voie. / Dans le cas contraire, les constructions doivent être implantées strictement à l'alignement ou avec un retrait maximal de 5 mètres par rapport à l'alignement. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et photographies, qu'aucun alignement de fait, ni aucune implantation dominante des constructions existantes du même côté de la voie, au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Ouistreham, n'existe, avenue Pasteur, à proximité du terrain d'assiette du projet en cause. En outre, il est constant que le projet autorisé prévoit que le bâtiment sera implanté strictement à l'alignement. Ainsi, le projet ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article UHa 6 qui imposent, en l'absence d'alignement de fait des constructions existantes sur une voie, que les constructions nouvelles soient implantées strictement à l'alignement ou à 5 mètres au maximum de l'alignement. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
6. En dernier lieu, l'article UHa 11 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à l'aspect extérieur des constructions et clôtures et protection des éléments et aux secteurs d'intérêt paysager ou écologique, précise que : " Harmonie Générale : / Les constructions de toute nature ne doivent pas porter atteinte, par leur aspect extérieur, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. / Tout pastiche d'architecture étrangère à la région de la plaine de Caen ou de la Côte de Nacre est interdit. / Les constructions doivent présenter une simplicité de volume, une unité d'aspect et de matériaux. / Les constructions sauf équipements publics ou d'intérêt collectif et les clôtures doivent s'inspirer des principes édictés dans l'annexe architecturale. ". En outre, le point 1.1 de l'annexe architecturale du plan local d'urbanisme prévoit, s'agissant des matériaux et des teintes, que : " Les murs qui ne seraient pas réalisés en matériaux destinés à rester apparents (pierre de taille de Caen ou moellon appareillé avec enduit " pierre vue ") doivent recevoir un enduit de finition gratté fin, de teinte grège (gris-beige clair) proche de celle de la pierre de Caen (). Les menuiseries doivent être réalisées en bois lazuré ou peint, en aluminium laqué ou en PVC (sauf portes pleines) de couleur mate blanche ou teinté dans la masse selon nuancier consultable en mairie. (). ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment projeté sera implanté sur la parcelle cadastrée section AE 0113, à l'angle du boulevard de France et de l'avenue Pasteur. Si cette avenue est composée majoritairement de villas en R+1 ou R+2 érigées au début du 20ème siècle, l'environnement du projet comprend également des maisons individuelles d'architecture hétérogène, de style traditionnel ou contemporain ainsi que des immeubles collectifs en R+2 très récents et d'aspect volumineux, dont trois situés à l'angle du boulevard de France et de l'avenue Pasteur, face au terrain d'assiette du projet. Si les dimensions du bâtiment projeté le rendent imposant par rapport à la villa du requérant, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment autorisé, de style contemporain en R+2, sera composé de façades recouvertes d'un enduit de couleur beige et ocre, marquées par un soubassement en béton de pierre en teinte grège et dont la linéarité et la hauteur sont atténuées par l'existence de balcons en saillie et de fenêtres avec des garde-corps. En outre, les menuiseries en PVC présentent des teintes gris clair, qui ne sont pas interdites par l'annexe architecturale du plan local d'urbanisme qui n'impose pas une teinte blanche. Enfin, le rythme de la façade donnant sur l'avenue Pasteur permet de conserver l'harmonie avec l'architecture des habitations environnantes, notamment avec les bâtiments qui l'entourent à l'angle du boulevard de France et de l'avenue Pasteur. Dans ces conditions, la construction projetée, dont l'architecture ne traduit aucune rupture particulière avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble, ne méconnaît pas les dispositions de l'article UAa 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UHa 11 du règlement du plan local d'urbanisme et du point 1.1 de l'annexe architecturale du plan local d'urbanisme doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le maire de Ouistreham a délivré à la société Sites et Habitat un permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ouistreham, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros à verser tant à la commune de Ouistreham qu'à la société Sites et Habitat au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera tant à la commune de Ouistreham qu'à la société Sites et Habitat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Ouistreham et à la société Sites et Habitat.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Absolon, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
V. CREANTOR
La présidente,
Signé
A. MACAUD
La greffière,
Signé
A. GODEY
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026